Quarante cinq milles nous
séparent de Licata et la navigation se fait au moteur jusqu'à midi puis le vent
nous honorant de sa présence, nous hissons les voiles pour remettre le moteur
deux heures plus tard puis les voiles... Jeu incessant en Méditerranée.
En revanche, le vent est bien
présent avec ses 20 nœuds pour notre arrivée à la marina de Licata, ce qui nous
complique un peu la tâche. Le petit coup de pouce de l'ormeggiatore en zodiac
est le bienvenu. La marina est grande, moderne, très bien entretenue et quasi
déserte, ce qui s'explique par les prix prohibitifs pratiqués ici ! A notre
arrivée, nous sommes réceptionnés par deux siciliens.
Cinq minutes plus tard,
nous sommes déjà conviés sur le bateau d'en face pour un apéro spritz. Record
battu ! Nous faisons ainsi connaissance avec Giuseppe, sa femme, Simona et leur
fils, Andrea et avec Ignazia et Tony. Nous sommes une petite dizaine et
l'ambiance est tout de suite très détendue et gaie. Les phrases sont un mélange
d'espagnol, d'italien et d'anglais et l'on arrive à se comprendre.
Instant magique et inexplicable
des rencontres, nous nous entendons tout de suite très bien et tout ce petit
monde débarque plus tard sur Yvanan pour le digestif (entre-temps, nous avons
dîné tout de même histoire de colmater). La soirée se passe sans qu'on s'en
aperçoive et la discussion tourne, pour l'essentiel, autour de la gastronomie
sicilienne. Tant et si bien que Simona finit par nous demander quels sont nos
plats favoris et nous invite après-demain pour venir déguster tout cela.
Proposition qui ne se refuse pas ! Nous qui pensions rester deux jours grand
maximum allons encore jouer les prolongations.
Le lendemain, visite de la
petite ville de Licata qui, si elle n'a pas de charme à proprement parler,
séduit par son authenticité.
Nous découvrons la chapelle du
Cristo Nero et son étonnante histoire. L'église fût détruite par un incendie
dont on ne sortit des décombres que le Christ sur sa croix carbonisé mais
toujours là. La chapelle est en restauration et l'un des ouvriers n'hésite pas
à poser truelle et pinceau pour nous faire une visite guidée des lieux et nous
conter l'histoire de cette église. A travers ses paroles, nous sentons sa
fierté et son amour pour cet endroit et nous sommes ravis de l'écouter, ébahis
par ses connaissances et sa disponibilité. Ils nous épatent ces siciliens, ils
nous épatent...
Mardi, c'est ascension de la
colline pour visiter le château d'où la vue doit être splendide. Trois
kilomètres plus tard, sous une sympathique chaleur (!), nous bénéficions d'une
vue à 360° sur la région. Nous sommes seuls dans le château et cela valait bien
un petit effort. Pour notre retour, nous croisons un sicilien qui nous propose
spontanément de nous avancer un peu en voiture. Gentil, vous avez dit gentil ?
L'après-midi, Ignazia et Tony
nous emmènent dans une crique voisine histoire de se baigner un peu. Et nous
voilà, voguant sur "Lolita" avec, à nos côtés, le voilier de David
avec sa petite famille et Giuseppe à la barre. Débarquement de tout ce petit
monde sur une plage déserte, l'eau est transparente, un peu fraîche et c'est un
délice. C'est notre première baignade, nous sommes le 2 juillet, il était temps
!
Toutes ces activités de la
journée nous ont bien mis en appétit et nous sommes impatients de découvrir le
festin préparé par Simona qui, elle, a passé sa journée à nous concocter de
bons petits plats. Ce soir, c'est fête sur le bateau, on fait péter le
champagne et une multitude de plats hauts en couleurs défilent sous nos yeux
tandis qu'une odeur alléchante nous fait saliver : bruschetta et sa petite
compotée de tomates séchées, artichauts confits, olives du pays, melanzane alle
parmigiana, sardines farcies ... Simona est une excellente cuisinière et tout
est réellement savoureux. Tout le monde n'arrête pas de remplir nos assiettes mais
il est vrai que nous n'arrêtons pas de manger non plus... Le dîner est joyeux,
on mange, on rit, on boit... Comme si nous étions une bande de copains qui se
connaît depuis longtemps. Ah, Simona, si tu lis ces quelques lignes, sache que
l'évocation de ce dîner me fait encore saliver.
Le lendemain, tout le monde a
pris une journée de congé (sauf Tony mais qui ne résistera pas et finira par
prendre son après-midi), et c'est reparti, déjeuner à bord de Lolita (on éclate
de rire quand nous nous apercevons que chaque équipet du carré renferme des
pâtes!). Nous ne faisons que discuter nourriture et resto, ça y est, on a
trouvé aussi fou que nous en matière culinaire !
L'après-midi, c'est à bord de
" Gaia " que nous partons faire un tour en mer pour une petite
baignade. Pour ma part, les méduses qui tournent en grand nombre autour du
bateau me dissuadent de piquer une tête tandis que Martin, lui, s'y risque. Ce
n'est pas grave, la farniente avec les copines, ce n'est pas mal non plus.
Demain, tout le monde doit
retourner travailler et c'est donc notre dernière soirée ensemble. Nous la
partageons dans une pizzeria de quartier où les pizzas sont à se damner. A ce
rythme-là, j'ai pris trois kilos en trois jours !!!
Ignazia et Tony nous font faire
un petit tour en voiture de Licata by night. Puis bien vite, arrive le moment
des aux revoirs sur le ponton. Nous sommes très émus et ne savons comment leur
témoigner notre reconnaissance pour tous ces moments précieux que nous avons partagés.
Grosses embrassades et échanges d'email pour garder le contact, promettant de
faire notre possible pour revenir un jour.
Le lendemain, ménage, lessive,
courses et quelques réglages sur Yvanan. Tony travaille juste à côté et vient
dîner à bord. On ose lui faire des pâtes !
Vendredi matin, c'est l'heure
du départ. Nous passons une bonne heure dans le cockpit hésitant à prolonger
notre séjour jusqu'au week-end mais le côté raisonnable l'emporte, le coût de
la marina nous a bien mis à sec et, de toute façon, ce sera aussi dur dimanche
soir alors... Et puis la Grèce nous attend et nous ne sommes pas encore rendus.
Yvanan s'éloigne
tranquillement, j'ai le cœur gros mais la tête pleine de nouveaux
souvenirs avec nos amis siciliens.
Le mot de la fin revient à Giuseppe qui
nous écrira dans la journée : " il mare unisce… il mare divise »
Prochaine étape : Marzamemi


















































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