CATANIA, SICILE >> ROCCELLA IONICA,
ITALIE
Nous avons un peu plus de 80 milles nautiques
à parcourir pour la traversée de Catania en Sicile jusqu’à Roccella Ionica en
Calabre au sud de l’Italie. Nous décidons de partir vers midi et passer une
nuit en mer pour arriver le lendemain matin. Nous quittons la grande baie du
port, croisant au passage un immense cargo ainsi que des tout petits dériveurs
menés par des gamins qui ne doivent pas avoir plus de cinq ans.
Nous avançons un moment au près à 60° du vent.
Celui-ci ne tarde pas à faiblir et tourner Sud et nous voici maintenant au
travers.
Nous avançons tranquillement et en fin de
journée, nous commençons à apercevoir la côte italienne. Nous restons bien
attentifs car il y a pas mal de cargos et nous faisons bien attention à croiser
leur sillage.
À un moment il nous semble apercevoir une île…
« si, si, regarde, il y a même un phare ! ». Nous descendons,
tour à tour, vérifier sur la carte, mais pas d’île !?! « C’est pas grave, on va attendre de s’approcher… » Nous nous apercevons enfin qu’il s’agit en
fait d’un immense cargo... no comment !
Nous sommes bien soulagés lorsque nous
finissons de traverser leur couloir en soignant le timing pour passer entre
deux de ces géants des mers qui filent à au moins 20 nœuds.
L’un des bonheurs des navigations de nuit
arrive, la contemplation du coucher du soleil.
La ronde des quarts commence et la nuit se
passe tranquillement sous les sillages de deux étoiles filantes.
Sous un beau soleil, nous approchons de la
marina de Roccella Ionica. Conformément aux indications du guide Imray et
d’autres navigateurs, nous avançons prudemment en serrant bien à bâbord pour
éviter l’ensablement sur tribord et au milieu de l’entrée. Il faut, en fait,
amorcer une belle courbe avant de passer entre les deux balises. Nous passons
sans souci et… mince, des catways !! Cela fait maintenant bien longtemps
que nous n’en avons pas vus. J’arrête le bateau et fais un tour pendant que
Muriel baisse les pare-battes et rajoute une aussière à l’avant. Les catways
semblent être comme le vélo, ça ne s’oublie pas, nous faisons impeccablement
notre manœuvre. Il y a beaucoup de bateaux de voyageurs, anglais, italiens et
pas mal de français.
Yvanan bien amarrée, nous sortons les vélos
pour rejoindre la ville en quête d’une bouteille de Camping-gaz car nous sommes
tombés en rade à peine partis de Catania.
Nous demandons dans un tabac-marchand de
journaux où nous pourrions trouver une bouteille et le commerçant nous propose
de le suivre jusqu’à la boutique de son oncle qui devrait en avoir. Nous voilà
partis à travers la ville, à toute allure sur nos petits vélos, le suivant,
lui, sur son scooter. La petite boutique est moitié quincaillerie, moitié shipchandler,
mais a en stock la bonne bouteille. Adorables ces calabrais !
Nous repartons avec la bouteille dans mon sac
à dos et en arrivant à la marina, nous apercevons un voilier, battant pavillon
Sud Africain que nous avions croisé en Sicile, tanké à l’entrée du port. Il est
bien bloqué dans le sable et le personnel du port va à son secours. Ils tirent
avec leur annexe sur une drisse en haut du mat du voilier, pour le faire gîter
afin de dégager la quille du sable pendant que celui-ci bat en arrière. Enfin
dégagé, le bateau rentre dans le port. L’équipage, quelque peu chamboulé, a du
mal à la manœuvre d’accostage, et notre aide ainsi que celles d’autres
équipages sont les bienvenues.
Nous rentrons les vélos, rangeons le bateau,
préparons la navigation du lendemain et ensuite, nous attendons avec presque
impatience l’attraction de la marina dont tous les autres navigateurs nous ont
parlé : la pizza au mètre de la pizzeria du port.
La terrasse est immense et se remplit au cours
de la soirée avec un service efficace.
Timorés, nous n’avons commandé pour nous deux
qu’un demi mètre, mais celui-ci fait au moins 70 cm de long ! La
réputation de l’établissement est bien méritée car les pizzas sont vraiment
savoureuses.
Nous rentrons sur Yvanan pour une nuit calme
confortablement amarrés à notre catway.
ROCCELLA IONICA, CALABRIA >> SANTA MARIA
DE LEUCA, PUGLIA
Nous largons les amarres pour une nouvelle
traversée de plus de 130 milles nautiques à travers le golfe de Taranto pour
rejoindre le port de Santa Maria di Leuca dans la région de Puglia (les
Pouilles, en français), le talon de la botte italienne.
Partis à 7h50, nous sommes rapidement suivis
par d’autres bateaux qui pour la plupart feront un arrêt à Crotone pour éviter
une navigation de nuit.
Le vent se fait désirer et nous déroutons de
20° sur notre route pour aller le chercher.
Le vent retombe complètement pour se relever
de l’Est pour nous porter alors que nous passons le cap Rizzutto. La bouteille
de gaz remplacée, nous en profitons pour déguster un gratin dauphinois en admirant
un autre somptueux coucher de soleil en mer. Nous profitons de la soirée dans
la bonne humeur.
Le vent de Nord Ouest n’est pas très fort et,
une petite houle de Sud Est croisée avec une autre plus forte de Nord Ouest
tendent à nous faire lofer. J’essaie de réduire la grand-voile pour permettre
au génois de bien se gonfler et mieux nous tracter. La tactique porte ses
fruits (au petit matin, nous verrons un autre voilier de voyageurs paraissant
bien aguerris avec les mêmes réglages). Je dors dans le cockpit pendant que
Muriel veille. Alors que je me réveille, le vent s’est levé et nous en
profitons pour accélérer en tirant un grand bord au près. Muriel dort à son
tour dans le cockpit pour se réveiller au lever du jour.
Nous avons à présent un bon 4 Beaufort et
malgré la houle croisée créée dans le golfe de Taranto, Yvanan file vers le
talon de la botte italienne.
Nous approchons de la marina de Santa Maria di Leuca, un dimanche en début d’après midi et tous les bateaux locaux – voiliers,
canots, barques, pneumatiques, bateaux de promenade – tournent et virent à
l’entrée du port. Nous nous frayons un chemin à travers ce bazar et, en
l’absence d’ormeggiatore, sourd à nos appels à la VHF, nous choisissons une
place au hasard et prenons notre pendille tout seuls. Une grosse chaine
retenant le ponton et dissimulée dans les eaux troubles du port manque
d’accrocher notre safran. Nous déplaçons Yvanan « à la main » avec
les amarres et prenons une autre pendille mieux placée. Nous constaterons par
la suite que le personnel du port fera son apparition qu’en milieu, voire fin
d’après-midi, sieste oblige. L’accueil est des plus froid et désagréable
lorsque nous allons les voir pour payer notre place, hors de prix d’ailleurs,
surtout pour le service ou plutôt pour l’absence de service.
La ville est balnéaire et l’accueil envers les
touristes étrangers est assez désagréable. Douce Sicile, tu nous manques
déjà !
Nous déambulons le long du bord de mer et au hasard des rues.
Nous nous baladons et découvrons un autre
quartier de la ville du côté du vieux port, beaucoup plus authentique avec des
habitants très sympathiques. L’escalier monumental de Mussolini est tout
proche.
Nous attendons deux jours la météo favorable
et nous préparons la traversée vers la Grèce.
Prochaine destination : Erikoussa






































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