vendredi 19 juillet 2013

CATANIA - SICILE (du 11 au 18 juillet 2013)



8H00 du matin, nous nous apprêtons à partir pour rejoindre Catania située à 33 milles environ. Martin va remonter l'ancre et, patatrac, la chaîne fait un bourrage, saute du guindeau et se dévide en totalité tandis que je suis à la barre me demandant quelle est la cause de ce vacarme. Rien de grave, Martin reprend patiemment la manœuvre et remonte l'ancre sans souci.Nous quittons tranquillement la baie de Siracusa croisant de magnifiques ketchs de la marine italienne.


Nous longeons la côte mais cette dernière est assez laide, parsemée d'industries. Le vent n'est pas vraiment au rendez-vous mais nous ne sommes pas pressés.



Le port de Catania est énorme : ferries, paquebots de croisière, cargos, bateaux de plaisance et pêcheurs se croisent dans tous les sens (plus les clubs d'aviron et de voile à l'entrée).


Après avoir essayé de contacter, sans succès, le Club Nautico, nous avançons au hasard pour tenter de trouver une place quand nous apercevons un ormeggiatore qui nous fait signe. Notre emplacement se trouve tout au fond d'une allée et Martin fait culer Yvanan pour se glisser dans la place qui nous est attribuée. Bravo capitaine !


L'accueil est sympa, la marina, pas trop coûteuse et nous avons l'eau et l'électricité (ce qui va devenir de plus en plus rare) et, en toile de fond, l'Etna (90 % du temps recouvert par les nuages).




Le seul hic (tout ne peut pas être parfait, ce ne serait pas drôle), c'est que nous sommes face au quai utilisé pour charger et décharger les cargos et nous avons un défilé incessant de trucks avec leurs remorques et, ce, nuit et jour. Le port est assez maussade, gris et mieux vaut être attentif quand il s'agit de rejoindre le centre-ville car tous circulent à grande vitesse.


Notre première impression sur Catania nous laisse dubitatifs. La ville est bruyante, sale, toujours embouteillée et je ne vous parle pas des odeurs de pollution et autre... de prime abord, rien de bien agréable. Au bout de quelques jours, nous apprendrons à mieux la connaître et même à l'apprécier progressivement. Catania nous fait penser à Marseille version sicilienne. Il faut soit y être né soit y passer beaucoup de temps pour apprendre à l'aimer. La Piazza del Duomo et sa fontaine de l'éléphant semble être le point névralgique de la ville.




L'autre point d'intérêt à ne pas rater ici, c'est le marché aux poissons dont on dit qu'il est le plus typique de Sicile. Et nous voilà de bon matin, déambulant dans la pescheria, touristes et autochtones se croisent, les poissonniers crient à tue-tête pour vendre leur marchandise, les étals regorgent de poissons et de crustacés : sardines, espadons, thons, tellines...il y en a pour tous les goûts. C'est un incroyable capharnaüm, une authentique tranche de vie sicilienne qu'il ne faut rater sous aucun prétexte. L'odeur est entêtante, le bruit assourdissant, véritable tourbillon qui ne peut laisser indifférent.






Nous ne sommes pas seulement là pour s'en mettre plein les yeux...et nous entrons en grande discussion avec le poissonnier qui finit par nous remplir un sac plein de crevettes, gambas et rougets. Aujourd'hui, c'est fête sur Yvanan et nous rentrons bien vite sur le bateau pour préparer tout cela. Un vrai régal.


Catania, c'est aussi et surtout l'Etna que l'on aperçoit, parfois, sortir des nuages, majestueux et menaçant. C'est la principale raison de notre arrêt dans ce port. L'Etna est le plus grand volcan d'Europe, l'un des plus actifs de la planète et l'un des plus dangereux. Son point culminant s'élève à 3342 mètres. Il ne se fait jamais oublier trop longtemps puisque plusieurs éruptions significatives ont eu lieu en 2001, 2002, 2004...  et février 2013 pour la plus récente. Un bus nous emmène jusqu'au refuge de Sapienza après une courte pause dans le charmant village de Nicolosi. C'est un bonheur que de respirer de l'air frais après l'atmosphère étouffante de Catania  (l'une des villes les plus chaudes d'Europe, nous flirtons chaque jour avec les 45°C).


Le paysage est agréable. Les flancs du volcan, très fertiles, abritent des plantations d'orangers et de citronniers qui laissent place, peu à peu, à des zones boisées et aux genêts. À partir de 1500 mètres, le paysage se transforme totalement et le véritable visage de l'Etna apparaît : de grandes étendues de lave noircies.
Au refuge de Sapienza, nous empruntons un funiculaire qui nous emmène à 2644 mètres. À partir de 2900 mètres, toute excursion sans guide est interdite.



Nous nous contentons de la petite option et partons nous promener en solo. Le sol est constitué de lave qui forme comme des granules ultra-légers.


En soulevant plusieurs pierres, nous découvrons avec surprise, que la plupart d´entre elles abritent de véritables colonies de coccinelles.


Quelques rares traces de neige subsistent encore.


La vision d'ensemble est hallucinante. On se croirait sur la lune.




Nous partons à l'assaut d'un des cratères mais mon vertige me joue un méchant tour et je redescends aussitôt laissant Martin poursuivre seul l'ascension. Nous n'arrivons pas à réaliser que nous sommes sur l'Etna !





Tandis que nous déambulons à travers ce paysage étrange, les nuages nous envahissent en quelques secondes. C'est impressionnant. Au bout de quelques minutes à peine, nous ne discernons plus rien.



Heureusement, les nuages passent bien vite et nous redescendons tranquillement vers le funiculaire non sans s'être arrêtés à la station qui présente une intéressante exposition de photos des dernières éruptions. Avant de reprendre le bus, nous avons encore le temps de jeter un coup d'œil aux deux petits cratères formés en 1992 qui se trouvent à proximité du parking.




Nous ne regrettons pas notre arrêt à Catania car la visite de l'Etna compense largement le port peu attrayant. Ceci est notre dernière étape en Sicile et nous préparons notre traversée jusqu'en Calabre. Nous profitons d'un grand supermarché accessible en bus pour faire un gros avitaillement. Ce qui nous donne l'occasion d'assister à une belle engueulade sicilienne entre une dame et le chauffeur du bus qui a eu le malheur de se pointer en retard (ah bon, parce qu'il y a des horaires !!!). Ça hurle là-dedans et je me demande où ils trouvent l'énergie de crier si fort avec cette chaleur. Nous attendons patiemment que tout le monde se calme avant de repartir. Les courses faites, nous poireautons un bon moment à l'arrêt de bus. Il est 20H00 et, renseignements pris, il y a encore des bus mais les horaires... Donc, on attend. Puis, une voiture s'arrête à notre hauteur pour nous demander où nous allons. Grande joie, ce sont des catanais qui habitent Grenoble depuis trois ans et qui, nous ayant aperçu, ont décidé de faire demi-tour pour nous ramener. Nous nous engouffrons bien volontiers dans leur voiture et ils ont l'immense gentillesse de nous déposer à l'entrée du club nautico. Des amours ! 
Nous ne savons pas ce qui nous attend dans nos prochaines destinations mais pas sûr de trouver plus hospitaliers que les siciliens !
Demain, c'est le départ. Nous ne sommes pas mécontents de quitter ce port.


Prochaine destination : Rocella Ionica (Calabre)

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