dimanche 10 novembre 2013

GOLFES DE CORINTHE & PATRAS (du 3 au 9 novembre 2013)


Après quinze jours d’arrêt à Poros, nous sommes bien contents de lever l’ancre et de poursuivre notre route vers Messolonghi où nous allons, probablement, laisser le bateau quelques jours pour aller faire un petit coucou à nos amis qui vivent en Crète et, à notre retour, nous aviserons pour l’hiver. Nous prévoyons quatre étapes car il nous faut parcourir 150 milles à peu près pour arriver à bon port.

Dimanche 3 novembre … EPIDAURE

Le temps est toujours magnifique et nous appareillons de Poros vers midi sous un beau ciel bleu. Nous voulons nous arrêter à Methana qui n’est qu’à six milles d’ici, autrement dit plus une balade qu’une navigation. Nous jetons un dernier regard dans la baie de Poros qui s’éloigne peu à peu mais je reste attentive à la barre car le ferry va nous passer à côté.




Notre allure est au portant et nous mettons les voiles en ciseaux mais, hélas, le vent retombe bien vite et nous n’avançons plus. Nous décidons de changer de destination en cours de route et de poursuivre un peu plus loin. Il fait beau et chaud et nous sommes si bien sur l’eau.


Nous poussons jusqu’à Epidaure où seuls deux ou trois voiliers sont encore présents. Le coastguard ne tarde pas à arriver pour nous demander de régler la place de port. Il est bien sympa mais n’a pas du tout l’air de savoir combien il doit nous faire payer. Nous le regardons feuilleter son livret de factures d’un air dubitatif pour finalement nous réclamer huit euros. À ce prix-là, nous ne nous attardons pas trop sur le mode de calcul très particulier des grecs et payons notre dû sans demander notre reste. Nous passons une petite soirée tranquille à bord et demain, à nous le canal.



Lundi 4 novembre… CANAL DE CORINTHE ET KIATO…


Il est 7H30 quand nous quittons Epidaure baignée dans la lumière du soleil levant.




Aujourd’hui, nous repassons le canal de Corinthe dans le sens inverse. La mer est belle, nous sommes seuls sur l’eau, cela ne nous était pas arrivé depuis longtemps. À quatre milles environ de l’entrée Est du canal, nous commençons à apercevoir les cargos au mouillage, la côte n’est pas très belle par ici, très industrielle et donc, sans intérêt.



À l’entrée de l’isthme, il n’y a pas foule, le ponton est occupé par un voilier qui va dans le sens inverse du nôtre, de la navette promenant les touristes et du pilote. Alors que nous nous apprêtons à accoster, le pilote met les gaz provoquant des remous qui nous font rater notre manœuvre. Martin s’y reprend une seconde fois et ça passe. Nous allons nous acquitter des droits de passage. Le délai d’attente est d’une petite demi-heure et, apparemment, nous allons être les seuls à passer. Le top, le canal pour nous tout seuls !
Le passage est toujours aussi impressionnant. Martin est à la barre tandis que je joue au reporter photographe, ne perdant pas une miette du spectacle. Nous mettons une quarantaine de minutes pour parvenir à l’autre bout. Je m’amuse toujours beaucoup de voir la route asphaltée disparaître sous l’eau pour nous permettre de passer.













Nous voilà, maintenant, dans le golfe de Corinthe.


Nous allons faire une pause à Kiato ce soir car nous n’aurons pas le temps de rejoindre Itea directement si nous voulons éviter une arrivée de nuit. Il est 17H00 quand nous prenons une place au port qui est vide si ce n’est la présence de nombreux pêcheurs. On croise les doigts pour qu’aucun coastguard ne vienne nous taxer. Petit tour en ville pour se dégourdir les jambes, dîner à bord et dodo.



Du mardi 5 novembre au jeudi 7 novembre… ITEA…

Ce matin, c’est sous la pluie que nous entamons notre navigation de 32 milles. Nous n’avons plus l’habitude de ce ciel bas et nuageux mais les températures sont encore bien douces. Est-ce la fin de la belle saison ?





Alors qu’à l’aller, nous avions fait un arrêt à Galaxidi (charmante petite ville), nous préférons changer pour découvrir Itea située juste en face. La marina n’a jamais été achevée, il n’y a ni eau ni électricité mais le quai et les pontons sont en bon état. Nous nous mettons le long du quai. Il n’y a pas grand monde, seuls un ou deux voiliers hivernent à flot et le reste des places est occupé par des petits bateaux moteur locaux.


La ville n’a rien d’extraordinaire mais nous nous y sentons tout de suite à l’aise. Les habitants y sont accueillants, c’est une ville vivante même en dehors de la saison touristique et le port se trouve en plein centre avec tous les commerces de proximité.





Demain, un coup de vent est annoncé. Cela nous fait une bonne excuse pour rester une nuit de plus ici et nous permettre de découvrir un bar bien agréable où nous sirotons notre ouzo accompagné de savoureux mézès.




Vendredi 8 novembre … TRIZONIA…

Après un petit détour gourmand à la boulangerie (il faut bien tenir le coup pendant les navigations !), nous quittons Itea qui s’est révélée une étape attachante.


Le soleil a fait sa réapparition depuis hier. C’est pétole et nous avançons au moteur. À l’approche de Trizonia, nous apercevons un nombre impressionnant de mâts. Nous qui pensions être seuls ! En fait, le bassin intérieur est rempli de bateaux qui hivernent à flot, l’endroit étant connu pour offrir une bonne protection et ce, gratuitement, puisqu’encore une fois, la marina n’a jamais été achevée. Mais il y a bien assez de place pour les bateaux de passage et nous accostons le long du môle extérieur.


Nous partons nous promener sur la petite île. L’ambiance est bien différente de cet été. Seul un restaurant est encore ouvert à cette époque.



Mais l’endroit est toujours aussi enchanteur et nous sommes bien heureux (et chanceux) de pouvoir contempler un si beau décor.




Samedi 9 novembre… MESSOLONGHI…


Nous partons de bonne heure alors que le lever du soleil nous offre un spectacle féérique.




Nous passons du golfe de Corinthe à celui de Patras symbolisé par le passage du pont suspendu de Rion (c’est idiot mais j’ai toujours envie de baisser la tête au moment de passer juste en dessous). Conformément aux instructions nautiques, nous demandons l’autorisation de passer. Contrairement à l’aller, nous avons le courant dans le bon sens ce coup-ci et la navigation est bien plus confortable que la première fois.







Arrivés à la marina de Messolonghi, nous contactons, par VHF, un marinero qui vient nous accueillir. Nous sommes arrivés à destination et ne savons pas encore ce que nous allons faire cet hiver. Pour le moment, nous préparons notre escapade en Crète et, à défaut, d’arriver en voilier, c’est en ferry que nous débarquerons.

Prochaine destination : La Crète



lundi 4 novembre 2013

POROS (du 19 octobre au 3 novembre 2013)


Samedi 19 octobre… 
Bye, bye les Cyclades

Nous avons une soixantaine de milles à parcourir pour gagner Poros et décidons de partir de bonne heure pour arriver avant le coucher du soleil. La météo prévoit un vent du nord-est, force 4/5, ce qui nous convient tout à fait et devrait nous permettre de bien avancer. Nous allons juste galérer un peu pendant les 10 premiers milles car il nous faut remonter plein nord le long de Kythnos avant de bifurquer sur l’ouest.



C’est effectivement bien la galère : le vent est encore faible à 7h00 du matin et nous nous prenons le courant de pleine face. En plus, une petite houle bien puissante nous chahute pas mal. Malgré le moteur (que nous ne voulons pas trop pousser), et sans la possibilité de soutien des voiles, nous avançons au rythme d’une tortue. Que ces dix milles nous semblent longs !


Au bout de trois bonnes heures, nous dépassons, enfin, la pointe de l’île et prenons notre cap vers l’ouest. Le vent s’est levé, la mer devient un peu plus agitée et nous hissons les voiles. Je regarde l’anémomètre d’un œil, celui-ci n’arrête pas de grimper, grimper… le vent souffle maintenant à 28/30 nœuds et nous sommes au près. Les rafales atteignent 35 nœuds. Nous nous relayons à la barre (enfin, moi, à 28 nœuds, au près, j’appelle Martin), ce n’est pas vraiment la navigation pépère que nous espérions. D’un autre côté, cela nous permet de faire quelques belles pointes de vitesse. Je le sentais que ces satanées Cyclades ne nous laisseraient pas partir sans un dernier petit souvenir de leur part.



Sitôt passée l’île d’Àyios Yeoryios, la mer s’apaise, le vent tombe et nous arrivons en vue de la baie de Poros vers 18H00. Nous voulions aller au mouillage mais l’endroit que nous avions repéré est envahi par une flottille, du coup, nous allons nous poser le long du ponton, alléchés par l’idée d’aller manger un bon gyros et une savoureuse glace (parfum orange/chocolat noir, un délice).




Dimanche 20 octobre… 
Pique-nique à la plage…

Nous retrouvons avec plaisir Poros, ses petites maisons accrochées à la colline, sa belle baie et ses criques aux eaux turquoise… Aujourd’hui, le temps est idéal et nous sortons les vélos pour aller pique-niquer dans la baie. Cette période est idéale car les touristes sont partis et le temps est encore suffisamment clément pour pouvoir se prélasser au soleil et même se baigner (pour les plus courageux dont je ne fais pas partie). Que c’est bon d’être là, à contempler un si beau paysage, pieds nus sur le sable.






Dans l’après-midi, nous croisons Peter, le responsable du port, avec qui nous avions sympathisé lors de notre précédent passage. Ce dernier nous offre gracieusement la place de port et nous le remercions chaleureusement.


Lundi 21 octobre… 
Mouillage au « Bois Joli » 
et rencontre avec « Le petit monde de Troll »…

Peter vient nous voir ce matin et nous annonce que trente catamarans vont débarquer et qu’il nous faut bouger, nous proposant un endroit plus éloigné sur le quai. Nous préférons partir au mouillage plutôt que de rester ici car le port va être bien animé avec tout ce monde, ce qui sera sûrement synonyme de nuit blanche, on a déjà donné ! Nous préférons préserver notre tranquillité et puis, cela fait longtemps que nous n’avons pas été au mouillage et ça nous manque. Au moment du départ, le moteur refuse de démarrer et Martin repart la tête la première, réglages, purges… (moi, je suis le soutien moral prête à faire des incantations pour entendre ce moteur ronronner). Mission réussie et nous pouvons partir. Il faut se rendre à l’évidence, nous allons devoir faire réparer. Peter nous communique les cordonnées d’un mécanicien qui se situe juste en face à Galatas.

Nous partons jeter l’ancre au « Bois Joli » parmi deux ou trois autres voiliers dont l’un bât pavillon français et dont le nom « Troll » me dit quelque chose. Mais, oui, bien sûr, il s’agit de l’équipage dont je lis le blog depuis plusieurs jours avec délectation et qui me fait tant marrer en plus d’être aussi une précieuse source d’informations « Le petit monde de Troll ». Nous irons les saluer plus tard. Nous mettons Minyvanan à l’eau pour aller faire un saut dans la ville de Galatas. Bien que située juste en face de Poros, Galatas est bien différente de sa touristique et fortunée voisine. Il s’agit d’une petite ville populaire que la crise, au vu des nombreux magasins fermés et des maisons à louer ou à vendre, n’a pas dû épargner. Ce n’est ni la première ni la dernière ville où nous faisons cette constatation. Il suffit de s’éloigner des endroits touristiques pour constater que la crise frappe de plein fouet le pays. Faute de pouvoir communiquer avec les locaux, nous n’avons pas encore réussi à nous faire une idée de l’état d’esprit des grecs et il nous est difficile de savoir où en est le pays.





Sur le chemin du retour, nous hélons l’équipage de Troll et les invitons à venir boire un verre à bord. Nous faisons connaissance avec Françoise, Thierry et leur chien, Thalio. Encore une soirée bien sympa et le temps passe tellement vite à papoter que nous poursuivons à bord de Troll autour d’un dîner.


Nous avons décidé de poursuivre notre chemin dès demain. Nous voulons profiter de la météo pour enchaîner les navigations avec dans l’idée de passer une partie de l’hiver en Sicile. Il ne nous faut donc pas trop traîner.


Mardi 22 octobre … 
On ne part plus…

Nous nous préparons pour le départ, hissons l’annexe à bord, rangeons tout le bateau… et, paf, le moteur remet ça, il refuse catégoriquement de démarrer. Cette fois, Martin demeure impuissant. C’est « la » panne, la vraie. Nous nous regardons Martin et moi en grimaçant : il faut appeler le mécanicien. Ce dernier nous donne rendez-vous à son atelier où nous débarquons peu de temps après. « L’atelier » est des plus… comment dire… « authentiquement grec » : pas d’enseigne, un local avec un fouillis indescriptible, un amas de vélos, motos, tronçonneuses… désossés et rouillés et plein d’autres objets dont la plupart sont non identifiables. Après avoir poireauté une bonne heure (Le grec n’est jamais pressé), nous embarquons le mécanicien à bord et son verdict tombe rapidement : il faut changer la pompe à injection fuel. J’ai déjà le tiroir caisse qui s’affole mais nous n’avons pas le choix. Un aller-retour à terre et deux heures plus tard, la réparation est terminée et le moteur semble comme neuf. Voilà une affaire rondement menée. Troll, à qui nous avions fait nos au revoir hier, s’étonne de nous trouver encore là. Eux, ce sont leurs batteries qui ont lâché et ils en attendent de nouvelles aujourd’hui. Ça nous fait penser aux nôtres qui donnent des signes de faiblesse inquiétants depuis plusieurs jours.


Mercredi 23 octobre… 
La loi des séries…

Ce matin, normalement, départ. En allant préparer mon petit-déjeuner, je jette nonchalamment un œil sur le témoin de charge des batteries et là, je pressens que nos ennuis ne sont pas terminés. L’affichage indique 11,40 V alors qu’il ne faut pas descendre en dessous des 12,40 V. Je réveille Martin en trombe. On a la poisse, ce n’est pas possible. Il faut avouer qu’on s’y attendait mais on aurait préféré que ça nous tombe dessus le mois prochain et non le lendemain de notre réparation moteur. Bon, le ciel nous tombe un peu sur la tête parce que ça n’arrange pas nos finances tout cela. Nous essayons de rassembler nos peu de connaissances dans ce domaine. Cela ne dure pas longtemps, on n’y connait rien. Nous cherchons à savoir si les batteries sont anciennes mais j’ai beau retourner les papiers dans tous les sens, je ne trouve aucune indication et nous n’avons pas pensé à poser la question au moment de l’achat. Les questions sans réponse se succèdent : s’agit-il vraiment des batteries ou bien ne serait-ce qu’une défaillance du témoin de charge ou un la faute d’un branchement ? Nous partons à terre faire des recherches sur internet. Ouh là, là, là, c’est pas mon truc les batteries. Heureusement, ça a l’ait moins incompréhensible pour Martin. En revanche, j’ose à peine regarder les prix et s’il y a une chose que j’ai captée, c’est qu’il va falloir changer les trois batteries ! Nous revenons à bord, un peu démoralisés. Thierry nous aperçoit et s’étonne de nous trouver encore là : « ben, vous n’êtes pas partis ? Ben non, ce coup-ci, ce sont nos batteries !?! ». Lui qui a changé les siennes hier est bien placé pour nous indiquer où en trouver. Il nous donne les coordonnées de Michalis que nous allons voir dans son magasin le jour même (hop, 45 minutes de marche aller, c’est bon pour les fesses). Nous faisons connaissance avec lui et sa femme, Daniela. Ils sont adorables et nous leur expliquons notre problème (pas facile la communication, Michalis parle deux ou trois mots d’anglais, impossible pour nous d’essayer en grec, on finit pas faire des dessins). Nous repartons avec notre devis sous le bras et préférons nous donner le temps de la réflexion pour pouvoir comparer avec un autre fournisseur.


Le moral n’est pas au beau fixe, l’ambiance est tendue à bord. Heureusement, Troll nous invite à l’apéritif, ce qui nous donne l’occasion de faire connaissance avec Claudine et Lionel (sans oublier leur chien Choupy) puis nous partons tous ensemble manger un gyros dans Galatas.



Jeudi 24 octobre… 
Ça ne s’arrange pas…

Sitôt levée, je me précipite pour regarder le témoin de charge et tombe à la renverse. Il indique 8,40 V. C’est sûr, les batteries sont mortes. Je m’attendais à un miracle ou quoi ? Lionel tient tout de même à venir vérifier s’il ne peut pas trouver l’origine du problème et passe deux heures à bord mais sans succès. C’était sympa de tenter le coup. Nous commençons à digérer la nouvelle.


Vendredi 25 octobre… 
Retour au quai de Poros

Qui dit pas de batterie, dit pas d’électricité à bord donc pas de lumière (cuisiner avec une frontale, ça va quelques soirs mais on se lasse vite), pas de pompe à eau non plus et nous économisons l’énergie pour notre feu de mouillage qui reste prioritaire. Je supplie donc Martin de retourner au quai pour se brancher à l’électricité et nous quittons notre mouillage. Pour la troisième fois, nous disons au revoir à Troll et, en même temps faisons la connaissance d’Angela et Antonio, des espagnols. Nous sommes tout contents de parler castillan et leur proposons de venir nous voir quand ils passeront à Poros.


 
Peter est tout étonné de nous retrouver là. Nous lui racontons nos malheurs mais avec le sourire, après tout, ce n’est pas si grave. Et là, gentillesse absolue, il nous offre non seulement la place de port mais également l’eau et l’électricité. C’est un amour et je lui saute dans les bras pour le remercier. Encore un geste qui nous touche comme tous ceux dont nous avons été les témoins depuis le début de notre aventure.
Nous allons voir d’autres fournisseurs et, finalement, retournons chez Michalis. Ce dernier doit aller chercher les batteries à Athènes. Demain, c’est le week-end, tout va être fermé et, lundi, c’est férié, donc pas avant mardi. Tant pis pour le planning du retour, on avisera une fois le problème réglé.


Samedi 26 & dimanche 27 octobre… 
Connaissance avec Alioth…

Le week-end, Poros est envahi par les riches athéniens qui sortent leur beau bateau  pour passer deux jours ici. Tant mieux, cela met de l’ambiance et nous pouvons nous amuser à faire radio ponton et à commenter le départ de chacun qui se débrouille comme il peut pour démêler son ancre de celle du voisin.


Le temps est splendide et, ce midi, nous avons invité Angela et Antonio à venir déjeuner à bord. 

Le must de l'été... Roger et Petra reconnaîtront.

Nous sommes hyper contents de papoter en castillan et eux aussi. Le courant passe tout de suite bien et nous discutons comme si nous nous connaissions depuis longtemps. Nous évoquons, bien sûr, l’Espagne et nous nous rendons compte à quel point l’Andalousie nous manque. Gourmands comme nous sommes, nous ne résistons pas à l’envie d’aller tester un nouveau parfum chez notre glacier préféré (ce coup-ci, c’est goût forêt noire, à se damner). Voilà encore une belle journée et, surtout, une belle rencontre.



Lundi 28 octobre… 
La journée du « Non »

Le 28 octobre 1940, Mussolini adresse un ultimatum imposant à la Grèce de permettre à l’armée italienne de pénétrer sur son territoire. Le refus de la Grèce marqua l’entrée du pays dans la seconde guerre mondiale. Depuis, le jour du « Non » est férié et cet événement est commémoré chaque année par des défilés militaires et estudiantins. Nous partons assister aux défilés accompagnés d’Angela, Antonio, Claudine et Lionel.




Avec Claudine, Lionel et Choupy






Mardi 29 octobre… 
En attendant, on s’active…

Dans l’attente de nos batteries qui doivent arriver demain en fin de journée, nous décidons de nettoyer nos winches qui en ont bien besoin. Une première pour nous et, méthodiquement, nous démontons un par un les winches afin de les nettoyer, puis de les graisser. Nous sommes minutieux car nous ne devons pas nous tromper dans le remontage. Le seul hic, c’est que le nettoyage se fait avec du gasoil et que la tête penchée dans les vapeurs du gasoil pendant toute la journée me crée un bon mal de tête mais nos winches sont tout propres et font un beau bruit. Youpi !!!




Mercredi 30 octobre… 
Arrivée des batteries et …

Michalis arrive comme promis vers 18H00 pour nous livrer nos belles batteries. Certes, elles sont très belles mais surtout, trop grandes ! Il s’est trompé de taille et nous ne pouvons pas les mettre. Ok, tout le monde garde son calme, Michalis s’arrache les cheveux et s’en veut énormément. Devant son désarroi (on a cru qu’il allait nous faire une crise cardiaque) nous n’avons même pas le cœur de lui en vouloir et tentons de le rassurer, nous ne sommes pas à un jour près (au point où nous en sommes…). Il retourne demain à Athènes et revient avec de nouvelles batteries.


Jeudi 31 octobre… 
Les batteries suite et fin…

Ça y est, cette fois, c’est la bonne. Nos batteries flambant neuves sont en place et tout fonctionne. Je n’y croyais plus. Avant de crier victoire, nous allons les tester cette nuit avant de partir pour être sûr de ne pas avoir de mauvaise surprise au prochain mouillage. Pourvu que demain, au réveil, la surprise soit bonne.


Vendredi 1er novembre… 
Fin des ennuis…

Tout fonctionne impeccablement et nous pouvons, enfin, songer à poursuivre notre route. Pour le moment, la météo se maintient et nous allons en profiter pour retourner rapidement dans le golfe de Corinthe.
Le soir, nous dînons avec Daniela et Michalis pour fêter les nouvelles batteries. Nous finissons par réussir à avoir un dialogue à peu près cohérent malgré la barrière des langues. La vie de Michalis n’est pas commune. Après avoir été dans la police maritime (il nous racontera des histoires effroyables sur ce qu’il a vécu alors notamment au sujet des bateaux d’immigrés repêchés en mer) et suite à deux accidents (l’un après s’être fait tiré dessus et l’autre en hélicoptère), il arrête sa carrière et ouvre le magasin Kalipso avec sa femme pour s’occuper désormais des bateaux. Il nous parle aussi de son pays qui va si mal et nous tient un discours que nous n’aurons que rarement l’occasion d’entendre. Pour lui, les grecs pourraient trouver du travail mais certains ne le souhaitent pas, trop paresseux. Son regard critique ferait grincer bien des dents. Nous, nous contentons d’écouter et de nous faire notre opinion en fonction de ce que nous voyons et de ce que nous entendons. Et il faut reconnaître que nous partageons, pour partie, son avis.



Samedi 2 novembre… 
Veille de départ et dîner avec nos amis espagnols…

Rangement du bateau, remplissage des tanks d’eau et avitaillement, bref, la préparation habituelle avant le départ ponctue cette dernière journée à Poros. Nous contactons Angela et Antonio pour notre dernière soirée. Rendez-vous est pris à Galatas où nous passons une super soirée tous les quatre nous promettant de rester en contact. Eux repartent en Espagne dans une semaine en laissant le bateau sur place. Et nous, nous reprenons la mer demain. Hasta pronto amigos.


Prochaine destination : Golfe de Patras