Après quinze jours d’arrêt à
Poros, nous sommes bien contents de lever l’ancre et de poursuivre notre route
vers Messolonghi où nous allons, probablement, laisser le bateau quelques jours
pour aller faire un petit coucou à nos amis qui vivent en Crète et, à notre
retour, nous aviserons pour l’hiver. Nous prévoyons quatre étapes car il nous
faut parcourir 150 milles à peu près pour arriver à bon port.
Dimanche 3 novembre … EPIDAURE
Le temps est toujours magnifique et nous appareillons de Poros vers midi
sous un beau ciel bleu. Nous voulons nous arrêter à Methana qui n’est qu’à six
milles d’ici, autrement dit plus une balade qu’une navigation. Nous jetons un
dernier regard dans la baie de Poros qui s’éloigne peu à peu mais je reste
attentive à la barre car le ferry va nous passer à côté.
Notre allure est au portant et nous mettons les voiles en ciseaux mais,
hélas, le vent retombe bien vite et nous n’avançons plus. Nous décidons de
changer de destination en cours de route et de poursuivre un peu plus loin. Il
fait beau et chaud et nous sommes si bien sur l’eau.
Nous poussons jusqu’à Epidaure où seuls deux ou trois voiliers sont
encore présents. Le coastguard ne tarde pas à arriver pour nous demander de
régler la place de port. Il est bien sympa mais n’a pas du tout l’air de savoir
combien il doit nous faire payer. Nous le regardons feuilleter son livret de
factures d’un air dubitatif pour finalement nous réclamer huit euros. À ce
prix-là, nous ne nous attardons pas trop sur le mode de calcul très particulier
des grecs et payons notre dû sans demander notre reste. Nous passons une petite
soirée tranquille à bord et demain, à nous le canal.
Lundi 4 novembre… CANAL DE
CORINTHE ET KIATO…
Il est 7H30 quand nous quittons Epidaure baignée dans la lumière du
soleil levant.
Aujourd’hui, nous repassons le canal de Corinthe dans le sens inverse.
La mer est belle, nous sommes seuls sur l’eau, cela ne nous était pas arrivé
depuis longtemps. À quatre milles environ de l’entrée Est du canal, nous
commençons à apercevoir les cargos au mouillage, la côte n’est pas très belle
par ici, très industrielle et donc, sans intérêt.
À l’entrée de l’isthme, il n’y a pas foule, le ponton est occupé par un
voilier qui va dans le sens inverse du nôtre, de la navette promenant les
touristes et du pilote. Alors que nous nous apprêtons à accoster, le pilote met
les gaz provoquant des remous qui nous font rater notre manœuvre. Martin s’y
reprend une seconde fois et ça passe. Nous allons nous acquitter des droits de
passage. Le délai d’attente est d’une petite demi-heure et, apparemment, nous
allons être les seuls à passer. Le top, le canal pour nous tout seuls !
Le passage est toujours aussi impressionnant. Martin est à la barre
tandis que je joue au reporter photographe, ne perdant pas une miette du
spectacle. Nous mettons une quarantaine de minutes pour parvenir à l’autre
bout. Je m’amuse toujours beaucoup de voir la route asphaltée disparaître sous
l’eau pour nous permettre de passer.
Nous voilà, maintenant, dans le golfe de Corinthe.
Nous allons faire une pause à Kiato ce soir car nous n’aurons pas le
temps de rejoindre Itea directement si nous voulons éviter une arrivée de nuit.
Il est 17H00 quand nous prenons une place au port qui est vide si ce n’est la
présence de nombreux pêcheurs. On croise les doigts pour qu’aucun coastguard ne
vienne nous taxer. Petit tour en ville pour se dégourdir les jambes, dîner à
bord et dodo.
Du mardi 5 novembre au jeudi 7 novembre…
ITEA…
Ce matin, c’est sous la pluie que nous entamons notre navigation de 32
milles. Nous n’avons plus l’habitude de ce ciel bas et nuageux mais les
températures sont encore bien douces. Est-ce la fin de la belle saison ?
Alors qu’à l’aller, nous avions fait un arrêt à Galaxidi (charmante
petite ville), nous préférons changer pour découvrir Itea située juste en face.
La marina n’a jamais été achevée, il n’y a ni eau ni électricité mais le quai
et les pontons sont en bon état. Nous nous mettons le long du quai. Il n’y a
pas grand monde, seuls un ou deux voiliers hivernent à flot et le reste des
places est occupé par des petits bateaux moteur locaux.
La ville n’a rien d’extraordinaire mais nous nous y sentons tout de
suite à l’aise. Les habitants y sont accueillants, c’est une ville vivante même
en dehors de la saison touristique et le port se trouve en plein centre avec
tous les commerces de proximité.
Demain, un coup de vent est
annoncé. Cela nous fait une bonne excuse pour rester une nuit de plus ici et
nous permettre de découvrir un bar bien agréable où nous sirotons notre ouzo
accompagné de savoureux mézès.
Vendredi 8 novembre … TRIZONIA…
Après un petit détour gourmand à la boulangerie (il faut bien tenir le
coup pendant les navigations !), nous quittons Itea qui s’est révélée une
étape attachante.
Le soleil a fait sa réapparition depuis hier. C’est pétole et nous
avançons au moteur. À l’approche de Trizonia, nous apercevons un nombre
impressionnant de mâts. Nous qui pensions être seuls ! En fait, le bassin
intérieur est rempli de bateaux qui hivernent à flot, l’endroit étant connu
pour offrir une bonne protection et ce, gratuitement, puisqu’encore une fois,
la marina n’a jamais été achevée. Mais il y a bien assez de place pour les
bateaux de passage et nous accostons le long du môle extérieur.
Nous partons nous promener sur la petite île. L’ambiance est bien
différente de cet été. Seul un restaurant est encore ouvert à cette époque.
Mais l’endroit est toujours aussi enchanteur et nous sommes bien heureux
(et chanceux) de pouvoir contempler un si beau décor.
Samedi 9 novembre… MESSOLONGHI…
Nous partons de bonne heure alors que le lever du soleil nous offre un
spectacle féérique.
Nous passons du golfe de Corinthe à celui de Patras symbolisé par le
passage du pont suspendu de Rion (c’est idiot mais j’ai toujours envie de
baisser la tête au moment de passer juste en dessous). Conformément aux
instructions nautiques, nous demandons l’autorisation de passer. Contrairement
à l’aller, nous avons le courant dans le bon sens ce coup-ci et la navigation est
bien plus confortable que la première fois.
Arrivés à la marina de Messolonghi, nous contactons, par VHF, un marinero
qui vient nous accueillir. Nous sommes arrivés à destination et ne savons pas
encore ce que nous allons faire cet hiver. Pour le moment, nous préparons notre
escapade en Crète et, à défaut, d’arriver en voilier, c’est en ferry que nous
débarquerons.
Prochaine destination : La Crète






















































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