Jeudi
14 & vendredi 15 novembre… Le voyage…
Après quelques jours à Messolonghi et après avoir essuyé deux belles
petites tempêtes avec des rafales à plus de 50 nœuds, nous avons pu constater que le bateau était en sécurité ici (la zone offre une bonne
protection et nous avons pris deux pendilles pour assurer le bateau). C’est
donc rassurés que nous préparons notre voyage en Crète pour aller voir nos amis
installés là-bas depuis deux ans.
C’est quand même en bateau que nous débarquerons sur l’île. Non pas que nous ne
supportons plus de voyager autrement que par ce mode de transport mais le
voyage en ferry nous coûte deux fois moins cher que l’avion. Certes beaucoup
moins rapide mais nous avons tout notre temps. Et heureusement, parce que le
voyage va durer, en tout, vingt-quatre heures ! Eh oui, il nous faut
prendre le bus à la gare routière de Messolonghi qui, après plus de trois
heures de trajet (qui nous permet de voir le canal de Corinthe d’en haut cette
fois) nous amène à Athènes. Un second bus nous dépose au Pirée où le départ du
ferry est prévu dans la soirée. La traversée dure neuf heures pour arriver
jusqu’à Heraklion. Il y a pas mal de monde à bord et, parmi tous les passagers,
de nombreux albanais qui espèrent trouver un petit boulot en Crète
(principalement pour la saison du ramassage des olives). Tout à coup, nous
voyons débarquer plusieurs policiers suivis d’une vingtaine de personnes menottées
qui se faufilent dans la pièce à côté. Bonjour l’ambiance (nous apprendrons
plus tard que la Crète possédant plusieurs centres pénitentiers, il n’est pas
rare de voir le transfert de détenus dans l’île). À tour de rôle, nous allons
nous balader découvrant bars, restaurants, boutiques et même une discothèque et
une chapelle ! La nuit est courte, la position pour dormir pas franchement
confortable mais on s’y fait. Bref, en tout, nous parvenons à dormir à peu près
trois heures, ce n’est pas si mal et nous débarquons à Heraklion à peu près
frais.
C’est sous la pluie que nous allons chercher notre voiture de location.
D’Heraklion, nous partons sur Rethymnon pour rejoindre nos amis dans leur
magasin.
C’est maintenant un véritable déluge et nous ne voyons pas grand-chose
du paysage. Arrivés à destination, c’est avec joie que nous retrouvons Odile
puis Patrick à la taverna de Kostas où nous découvrons que la réputation de la
cuisine crétoise n’est pas surfaite. Nous nous régalons de mézès plus savoureux
les uns que les autres : Croquettes de courgettes, champignons sautés,
dolmathes… Que c’est bon ! Ça nous permet de reprendre des forces parce
qu’on commence un peu à sentir les effets du voyage. Puis Odile nous emmène à
Skouloufia où ils habitent et nous découvrons avec émerveillement la maison
qu’ils ont mise à notre disposition, voisine de la leur. Mais je ne vais jamais
vouloir repartir d’ici moi !!! La vue est splendide dominant la baie de
Réthymnon. La maison est agréable, le jardin agrémenté d’une piscine (bon, on
ne s’en servira pas mais ce n’est pas grave, moi, ce qui me fait envie, ce
n’est pas la piscine pour tout vous dire mais la baignoire).
Ce soir, nos amis se rendent au concert d’une amie à La Canée et nous
proposent de les accompagner. C’est parti pour La Canée by night et un concert
d’une heure trente à écouter la belle voix de Mariella Vitorou qui, ce soir,
chante Barbara, Piaf et Brel. Un moment émouvant à écouter ces textes chantés
par elle. Nous rentrons nous coucher à deux heures du matin, trop fatigués pour
nous rendre compte que nous dormons dans un vrai lit !
Samedi 16 novembre… Rethymnon
sous la pluie…
Ce matin, le ciel reste menaçant avec ses gros nuages mais la pluie a
cessé. Nous prenons notre temps, passons boire un café avec Patrick, papotons… quand je regarde ma montre, il est déjà plus de treize heures et nous filons
visiter Rethymnon. Un quart d’heure à peine après être descendus de voiture, la
pluie commence à tomber (parapluie oublié dans la voiture évidemment que Martin
repart chercher en courant) et se transforme en déluge. À tel point que nous
renonçons à aller visiter la forteresse. Au bout d’un moment, même les petites
rues deviennent impraticables. Nous courons nous réfugier au restaurant. Le
temps ne s’améliorant pas, nous rebroussons chemin. Nous avons eu un premier
aperçu de la ville débordante de charme : petites ruelles bordées par de
beaux immeubles aux façades de style vénitien, maisons turques aux avancées de
bois…
Dimanche 17 novembre… Balade
dans le sud…
Aujourd’hui, Odile et Patrick ne travaillant pas, c’est tous les quatre
que nous partons en direction du sud. Nous découvrons, avec ravissement, les
petites routes intérieures bordées de champs d’oliviers et d’orangeraies. L’île
est verdoyante et montagneuse, offrant, quasiment, à chaque virage, une vue
panoramique époustouflante sur la mer ou la montagne. Le ciel est plus dégagé
aujourd’hui, le vent souffle fort mais, pour une fois, on s’en fiche, nous
sommes redevenus terriens. Nous traversons d’adorables petits villages et
finissons par atterrir à Plakias située au bord d’une large baie avec une
grande plage Nos estomacs criant famine, nous fonçons vers le seul restaurant
ouvert où nous nous régalons de poisson grillé.
Lundi 18 novembre… La Canée, Kiriakoseli
et Kournas…
Le soleil refuse toujours
de se montrer (Odile et Patrick nous soupçonnent d’avoir apporté la pluie mais
on jure que ce n’est pas vrai !). Nous optons pour une balade à La Canée
en prenant les chemins de traverse. Les routes sont plus petites, plus
sinueuses, ça monte, parfois jusqu’à un petit village sorti de nulle part puis ça
redescend dans une vallée boisée et l’on croise sur église qui semble posée là
depuis des siècles telle que l’église d’Agios Nikolaos située à Kiriakoselia et
qui est décrite comme l’une des plus belles églises byzantines de Crète. Hélas,
elle est fermée et nous n’aurons pas l’occasion d’admirer ses fresques
exceptionnelles. En revanche, nous ne manquons pas de remarquer le panneau
indiquant le village et criblé de balles. Il faut savoir que bon nombre de
Crétois (pour ne pas dire tous) possèdent une arme, tradition séculaire pour
cette population qui eut à se défendre contre d’incessantes invasions. De nos
jours, il est de coutume de tirer en l’air les jours de fêtes, lors de mariages
ou de baptêmes et les cibles préférées semblent être les panneaux de village.
Pas de commentaire.
Nous poursuivons jusqu’à La Canée dont le quartier Topanas, mélange
d’architectures ottomane et vénitienne, nous séduit avec ses beaux porches, ses
portes en bois et les façades colorées de ses immeubles.
Le port vénitien est, quant à lui, déserté à cette saison, tavernas et
bars sont, pour la plupart, fermés et n’a donc pas l’ambiance souvent décrite
dans les guides. Mais cela ne nous empêche pas d’apprécier les fortifications
bâties par les Vénitiens, le phare et la mosquée des Janissaires.
Au retour, nous faisons un détour par le lac de Kournas, le seul lac
d’eau douce de Crète. Sa couleur et sa limpidité sont étonnantes. L’été, il est
possible de s’y baigner, de faire du kayak… Bien sûr, à cette époque, nous
sommes seuls, enfin presque…
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| Alors elle, on l'aurait bien prise avec nous ! |
Mardi 19 novembre… Moni Arkadi,
Matala & Spili…
À notre réveil, un superbe soleil nous permet d’admirer le décor qui
s’offre à nous.
Patrick et Odile nous conseillent d’aller visiter le monastère d’Arkadi
situé non loin d’ici. En cours de route, nous nous arrêtons pour admirer les
aigles et nous attendrir sur un petit chevreau.
La très jolie route qui serpente à travers les oliviers monte jusqu’au
plateau où se dresse le monastère. Le site naturel est magnifique mais au-delà
de la beauté des lieux, Moni Arkadi symbolise pour les Crétois la résistance à
l’oppression ottomane et la lutte pour la liberté. En novembre 1866, lors d’une
violente insurrection par l’occupant turc, des centaines de Crétois se
réfugièrent dans ce lieu et choisirent de mettre le feu aux barils de poudre
plutôt que de se rendre. L’explosion tua tout le monde sauf une petite fille. Arkadi
est, aujourd’hui, habité par des moines qui entretiennent les lieux conférant à
l’ensemble une ambiance intemporelle. L’un des endroits que j’ai préféré en
Crète.
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| Cyprès encore tout brûlé par l’explosion incrusté d’une balle |
Changement total de décor et d’ambiance ; nous nous retrouvons,
l’après-midi, sur la côte sud de l’île et poussons jusqu’à Matala pour voir ses
falaises de grès trouées de grottes qui servirent de tombes au temps des
romains et qui, à la fin des années 1960, devinrent le lieu d’hébergement des
hippies. Autre époque, autre ambiance…
Un dernier arrêt à Spili pour admirer sa fontaine vénitienne d’où une
eau de source jaillit des dix-neuf têtes de lions clôture cette belle journée.
Mercredi 20 novembre… Les
gorges de San Antonio…
Le ciel est bleu, les températures douces, c’est la journée idéale pour
aller faire une balade dans les gorges. Nous zappons bien vite celles de Samaria
dont tout le monde parle pour nous rendre aux gorges de San Antonio, peu
touristiques car non évoquées dans les guides.
Nous trouvons notre chemin en suivant les panneaux de la taverna
« Drymos » qui se trouve à l’entrée des gorges (heureusement que la
taverna a mis des dizaines de panneaux partout parce que les gorges, elles, ne
sont indiquées nulle part). Avant notre promenade, nous savourons un petit thé
des montagnes au miel histoire de nous donner des forces et faisons
connaissance avec les animaux de la taverna.
La balade est agréable
et vivifiante. Nous découvrons l’étonnante chapelle creusée dans la roche et dédiée
à Saint Antoine, la beauté sauvage d’une nature intacte, accompagnés par notre
guide personnel qui ne nous lâchera pas d’une semelle.
![]() |
| Notre guide privé... |
Au retour, nous poursuivons notre étude de la cuisine crétoise chez Drymos :
Fava (purée de pois cassés), dakos (pain arrosé d’huile d’olive, garni de
belles tomates juteuses et de fromage de brebis), mizithitropites (feuilletés
au fromage)… sans oublier le traditionnel raki offert par la maison.
En fin de journée, nous nous arrêtons au petit port vénitien de Rethymnon
et longeons la promenade maritime jusqu’à la forteresse. Hélas, il est trop
tard pour la visiter, nous reviendrons une autre fois.
Jeudi 21 novembre… Agios Nikolaos
et le golfe de Mirabello…
Nous ne voulons pas repartir sans avoir un petit aperçu de la côte Est
de la Crète et partons, de bonne heure, pour parcourir les 150 kilomètres qui
nous séparent d’Agios Nikolaos. Cette dernière nous change des petits villages
de montagne que nous parcourons depuis quelques jours. Son principal attrait est
le lac Voulismeni mais elle reste avant tout une station balnéaire et nous ne
nous y attardons que le temps d’aller prendre un café (et de voir la marina qui
est d’ailleurs remplie).
À une dizaine de kilomètres de là, nous découvrons la Panagia Kera, une
petite église datant du XIIIème siècle et qui renferme les plus belles fresques
byzantines de Grèce.
Puis nous rejoignons la route côtière qui part vers le nord d’Agios Nikolaos
en direction d’Elounda. La côte compte de nombreux complexes hôteliers et, en
haute saison, Elounda est envahi par le tourisme mais en novembre, c’est désert
et paisible.
En revanche, de nombreux endroits sont fermés à cette époque. Et l’île
de Spinalonga et sa forteresse ne font pas exception. Nous sommes déçus car
nous aurions aimé visiter ce site chargé d’histoire et qui doit sa notoriété au
roman de Victoria Hislop « L’île des oubliés ». Cette forteresse
construite par les vénitiens en 1579 fut l’une des dernières à tomber aux mains
des Turcs en 1715 soit plus de cinquante ans après Heraklion. Du début du XXème
siècle jusqu’aux années 1950, elle fut utilisée comme lieu de quarantaine pour
les Grecs atteints de la lèpre.
Nous quittons le bord de mer pour nous enfoncer, une nouvelle fois, dans
le labyrinthe des petites routes de montagne et finir par atterrir à la taverna
« Platanos » dans le village de Fourni. Ce qu’il y a de bien dans ce
pays, c’est que vous pouvez avoir l’impression d’emprunter un chemin qui ne
vous conduit nulle part mais vous finissez toujours par arriver dans un petit
village avec une taverna ouverte.
Vendredi 22 novembre… Argyrouloli et la forteresse de Rethymnon…
Après un petit détour dans l’arrière pays crétois pour nous rendre à
Argyroupoli connue pour ses sources et ses cascades…
![]() |
| Un arrêt de bus 4 étoiles |
… nous allons, enfin, visiter la forteresse de Rethymnon. Son imposante
silhouette domine la vieille ville du haut de son promontoire rocheux.
Construite par les Vénitiens entre 1573 et 1580 pour protéger la ville des
pirates et des invasions ottomanes, elle tomba aux mains des turcs en 1646.
Outre les remparts, plusieurs bâtiments ont été restaurés dans l’enceinte de la
citadelle mais seule la mosquée peut se visiter de l’intérieur. De là, on
bénéficie de vues remarquables sur la ville et la mer.
Ce soir, c’est déjà la dernière soirée ensemble et c’est chez Kostas que
nous la passons histoire de se régaler une dernière fois avec ses bons petits
plats.
Samedi 23 novembre… retour à Heraklion…
Ce soir, nous dormons à Heraklion. Notre ferry ne part que demain soir
mais nous voulons profiter d’être à Heraklion pour visiter son musée
archéologique. Après un dernier déjeuner avec Odile et Patrick, c’est l’heure
des embrassades. Nous les remercions mille fois pour leur accueil, leur
gentillesse et les bonnes soirées passées ensemble.
Après avoir rendu la voiture, nous déambulons dans les rues d’Héraklion
qui se remplissent peu à peu. Les terrasses sont bondées de jeunes étudiants
qui profitent, probablement, du samedi soir. Cela faisait longtemps que nous
n’avions pas vu autant de monde dans les bars et les restaurants. Cela confirme
le sentiment que nous avons eu durant ces quelques jours à savoir que l’île
semble moins souffrir de la crise que la Grèce continentale, peut-être grâce au
tourisme toujours aussi florissant et aux traditions agricoles encore
présentes.
Dimanche 24 novembre… Heraklion,
le retour…
Comme notre ferry ne part qu’à 21H00, nous avons largement le temps d’en
profiter et d’aller admirer les pièces du musée archéologique de la ville
considéré comme l’un des plus riches de Grèce. Le bâtiment principal a été
fermé pour restauration depuis 2006 et, actuellement, il s’agit d’une
exposition temporaire qui regroupe, déjà, plus de 400 pièces parmi les plus
importantes de la civilisation minoenne. Les objets sont astucieusement mis en
valeur dans chaque vitrine et la visite se révèle passionnante même si l’on
regrette que le musée n’est pas encore réouvert ses portes pour nous montrer
tous ses trésors. Ce devrait être chose faite en janvier 2014.
Vient le moment de remonter dans le ferry qui nous ramène à Athènes.
Durant notre séjour, nous avons pu commencer à découvrir cette île
superbe qu’est la Crète. Ce n’est qu’un début car elle est tellement riche que
nous savons qu’il nous faudra revenir pour encore mieux la connaître. Paysages
verdoyants, gorges à la beauté sauvage, villages de montagne, sites
archéologiques, hospitalité des crétois et cuisine savoureuse, voilà ce que ces
quelques jours ici nous ont permis d’apprécier.


























































































































Bonjour Marie,
RépondreSupprimerdésolée, nous avons un peu hiverné, mais tout va bien. Nous sommes toujours en Grèce et de nouveaux articles arrivent...
Bises à vous deux !