lundi 10 juin 2013

PORTO TEULADA - SARDAIGNE (du 4 au 7 juin 2013)



Et on repart, le beau temps est là, direction Porto Teulada situé à une trentaine de milles de Calasetta. Un dernier petit tour dans notre boulangerie préférée histoire d'acheter pizza et focaccia pour le déjeuner et nous larguons les amarres.


La balise façon sarde... pas vraiment identifiée !

Nous longeons la côte de l'île de Sant'Antiocco qui est très belle puis l'île del Toro apparaît sur notre tribord.


Nous croisons quelques pêcheurs...


... et un seul voilier qui traîne dans une zone militaire interdite. En quelques secondes, apparaît un hélicoptère qui lui demande de bouger immédiatement. Nous suivons l'épisode sur la VHF.  Le voilier est dérouté vers l'Est. Ils ne rigolent pas les militaires ! D'un autre côté, on a parfois l'impression que certains navigateurs se baladent sur l'eau sans une carte à bord et sans avoir ne serait-ce que jeter un coup d'œil à leur parcours parce que la zone interdite est bel et bien indiquée sur toutes les cartes ! Bizarre...
Enfin, cela nous a offert une petite distraction.


Nous arrivons à Porto Teulada accompagnés de la petite brise thermique habituelle qui va nous compliquer un peu la manœuvre de port. Il y a peu de bateaux à notre arrivée. Un marinero apparaît et nous donne un petit coup de pouce avec son zodiac pour aider Yvanan à culer car avec le vent arrière, c'est laborieux. Cela fait plusieurs jours que nous constatons un souci quand nous sommes en marche arrière où nous n'avons que très peu de puissance. Nous commençons à nous poser quelques questions. Aurions-nous un problème avec notre hélice ? À surveiller... La petite marina est paumée en pleine nature, d'un côté, la mer et de l'autre, la garrigue. L'air est délicieusement parfumé embaumant le thym, le romarin, la camomille et autres senteurs inconnues. C'est beau et reposant.





En contrepartie, il n'y a rien si ce n'est la fameuse zone militaire de l'autre côté de la colline et un petit camping à proximité avec une mini supérette.


Pas d'Internet (ils sont en train de l'installer) et le village de Teulada se trouve, plus ou moins, à 8 km.  Nous ne devions passer qu'une seule nuit ici avant de rejoindre Villasimius mais le coin nous plaît bien, la marina n'est pas chère et nous décidons de rester 2 ou 3 jours finalement.
Le lendemain, c'est grand nettoyage. Yvanan en a bien besoin. Elle est toute blanche de sel. Les quelques heures suivantes se passent à frotter, laver et essuyer dans la bonne humeur et sous un beau soleil. Nous profitons de la présence du plongeur de la marina pour lui demander de jeter un coup d'œil à notre hélice, ce qu'il accepte gentiment. Rien à signaler apparemment, l'hélice est propre.


 Petite balade l'après-midi dans le coin et rencontre avec le troupeau de chèvres local.



Demain, un coup de vent est annoncé et le marinero nous déconseille de bouger. Nous aimerions bien faire un point météo mais cela signifie qu'il nous faut crapahuter jusqu'au village (8 km je le rappelle) ce qui ne m'enthousiasme pas beaucoup... voire  pas du tout. À pied, même pas la peine, en vélo, bon ben pas le choix, allons-y. Mon vélo a toujours son problème de vitesse et freine de facon intempestive, ce qui n'arrange pas mon aversion pour ce moyen de transport (mais je reconnais que c'est ultra pratique).


J'avoue que la balade est très sympa, les paysages verdoyants, la mer, la route bordée de lauriers roses odorants...




Ce qui ne m'empêche pas d'espérer à chaque virage apercevoir l'entrée du village. Les indications des panneaux sont assez folkloriques : tantôt 8 km puis 5 puis, à nouveau, 6 km. Devaient pas être ben nets le jour où ils ont mesuré les distances. On finit par y arriver bien sûr, ce qui nous permet de consulter nos mails et d'enregistrer la météo.


Le village n'a aucun intérêt, seuls 2 ou 3 bistrots sont ouverts. Tout semble à l'arrêt et plutôt sinistré.  Retour sous un soleil de plomb. Nos vélos avec leurs petites roues amusent beaucoup les automobilistes qui n'hésitent pas à nous lancer de grands ciao pour nous encourager. Merci les gars mais il n'y en aurait pas un qui voudrait nous faire monter à bord plutôt ?


Finalement, cette petite excursion est le prétexte idéal pour se préparer une bonne grosse plâtrée de pasta pour ce soir sans culpabiliser (Ben oui, j'ai fait beaucoup de sport aujourd'hui !).
Petite étape qui nous a permis de découvrir la Sardaigne sauvage, reculée avant de rejoindre la Sardaigne touristique.


Prochaine étape : Villasimius

mercredi 5 juin 2013

CALASETTA - SARDAIGNE (du 27 mai au 4 juin 2013)



Calasetta se situe sur l'île de Sant'Antioco qui est la plus grande île sarde et la quatrième d'Italie, au sud ouest de la Sardaigne.


Yvanan est encore le plus petit voilier !
Notre nouvelle passerelle, merci les cops !


Un peu éprouvés par cette traversée mouvementée, nous décidons de rester quelques jours sur place, ce qui va nous donner l'occasion de découvrir le coin d'autant plus que le village semble tout à fait charmant et tranquille. Ville relativement récente, nous n'avons pas l'impression d'être vraiment en Italie même si le centre avec ses petites ruelles et ses maisons de pêcheurs n'est pas sans charme.



La piazza à 14H00

La piazza à 18H00

Nous sommes tout excités de découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture et, bien sûr, de goûter aux bons petits plats italiens. Côté langue, il va falloir s'accrocher car nous ne comprenons pas grand-chose pour le moment et même si l'italien est réputé pour parler avec ses mains, nous avons un peu de mal à communiquer.  Nous avions oublié à quel point maîtriser la langue d'un pays peut s'avérer commode et permet un contact bien plus facile. De nos mois passés en Espagne, les mots nous viennent naturellement en castillan et je me mords les lèvres pour tenter de trouver l'équivalent en italien. Bon, cela va venir petit à petit et puis on va potasser. Ceci dit, on se débrouille toujours et cela ne nous empêche pas de baragouiner avec les petits commerçants qui nous accueillent tous avec le sourire. Le lendemain de notre arrivée, c'est le marché et nous craquons pour la charcuterie et les fromages mais aussi, les tomates bien rouges gorgées de soleil, les melons odorants et autres cerises et pêches.



Profitant d'un temps encore clément (ce qui ne va pas durer selon les prévisions météorologiques), nous partons visiter Carloforte qui se trouve juste en face sur  l'île de San Pietro à 3 milles environ. C'est sous un beau soleil que nous embarquons sur le ferry pour faire la traversée. Eh oui, encore et toujours sur un bateau, on ne s'en passe plus...




 La ville est en effervescence car ce soir débute la fête du thon qui va durer 3 jours. La pêche au thon est une des principales activités de l'île et chaque restaurant propose sa spécialité. De nombreux stands sont installés un peu partout dans les rues tandis que les derniers préparatifs sont en cours. Pour notre part, la "mattanza" (nom donné à cette pêche traditionnelle) est bien trop sanglante pour nous permettre d'apprécier cette tradition séculaire (grosso modo, des filets astucieusement disposés vont piéger les thons puis vont être remontés lentement tandis que les pêcheurs armés de harpons s'acharnent sur les poissons et que la mer se colore de rouge). Nous n'y assisterons donc pas.


Carloforte est une jolie ville et l'ambiance italienne pointe le bout de son nez : les petites ruelles tortueuses, les petites maisons colorées et le linge qui sèche aux fenêtres, les mamas qui discutent sur le pas de la porte les bras remplis de victuailles transformés en plats savoureux dont les odeurs viennent fréquemment nous faire frémir les narines tandis que Vespa et Lambretta se faufilent à toute vitesse parmi ce petit monde...







Ça y est, l'Italie nous imprègne, et ce n'est que le début... Hélas, le beau soleil du matin s'est caché sous de gros nuages noirs menaçants qui arrivent vite sur la ville. À peine avons-nous le temps de nous abriter qu'un déluge s'abat sur nos têtes. Nous patientons à l'abri de la devanture d'un magasin espérant que cela ne dure pas. Que nenni, cela ne fait qu'empirer. C'est mal parti pour la fête du thon !


Profitant d'une légère accalmie, nous filons vers les salines pour admirer les flamands roses, spectacle dont nous ne nous lassons pas.



Vaincus par la pluie, nous rebroussons chemin non sans avoir jeté un coup d'œil aux deux marinas installées dans le port. Un peu déboussolés par le temps (à la marina, on nous explique que l'année dernière, à la même époque, on se baignait...on sait, on a déjà entendu cela à Ibiza, à Minorque...), nous nous réconfortons devant une bonne et géante pizza !


Les trois jours suivants, c'est pluie, vent et températures basses.


Dès qu'une accalmie se profile, nous filons au café Whim où nous avons nos petites habitudes et en profitons pour envoyer des mails et tester les différents cocktails (dure la vie...).


Histoire de bouger un peu, nous prenons le bus pour aller faire un tour dans la ville éponyme de Sant'Antiocco située à quelques kilomètres de Calasetta. La ville semble souffrir du chômage, beaucoup de magasins sont fermés et les appartement affichent des pancartes "vendesi". Déprimant tout cela et nous ne nous attardons pas trop.


Ça souffle toujours  mais la marina est bien protégée et nous ne sommes pas trop ballotés. Par contre, les embruns déposent une bonne couche de sel sur Yvanan, bonjour le futur nettoyage. 
Puis le vent se calme et le soleil refait son apparition, nous allons pouvoir poursuivre notre voyage. La veille, nous profitons des commerces de proximité pour faire un avitaillement : pasta encore et toujours... L'avantage en Italie, c'est que dans la moindre petite épicerie, vous êtes sûrs de trouver plusieurs rayons de pâtes de toutes les formes et de toutes les couleurs et c'est bien souvent que je dois aller chercher Martin qui fait un arrêt prolongé et systématique à cet endroit !


Nous devons aussi trouver de l'essence car le port n'approvisionne que les bateaux de pêche. Nous avons repéré une station à la sortie de la ville à 1km environ. C'est parti,  bidons attachés au diable et avanti.


Ça y est, tout est prêt.
Prochaine destination : Porto Teulada.