dimanche 20 octobre 2013

LE RETOUR : SYROS & KYTHNOS (du 12 au 19 octobre 2013)


FINIKAS - SYROS (du 12 au 15 octobre)

Nous appareillons de bon matin alors que le soleil commence à poindre. La belle baie de Naoussa s’éloigne et les brumes de chaleur nous empêchent de distinguer avec netteté les autres îles.




Durant la navigation, Martin surveille régulièrement le moteur et constate une petite fuite. Nous croisons les doigts pour que cela tienne le coup. Nous retrouvons Finikas avec plaisir et reprenons bien vite nos petites habitudes à la bonne boulangerie que nous avions découverte à l’aller.



Nous profitons d’être de retour sur l’île pour aller visiter Ermoupolis, capitale administrative des Cyclades. En même temps, nous espérons trouver une pièce pour notre moteur parmi les différents schipchandlers présents en ville (impossible de trouver cette pièce, il semble qu’il va nous falloir poursuivre la route jusqu’à Poros dans les mêmes conditions). Heureusement, la fuite est minime et nous ne sommes pas trop inquiets.
À peine avons-nous garé la voiture qu’un chien arrive en remuant la queue et nous fait la fête. Mais je le reconnais ce chien, c’est Pignouf ! Eh oui, voilà Catherine et Guy que nous avions rencontrés quelques jours auparavant à Naoussa. Ces derniers nous invitent à déjeuner à bord de leur bateau et c’est avec plaisir que nous acceptons. Je ne me lasse pas de ces rencontres qui font toute la richesse de notre aventure.


Ermoupolis (Hermoupolis, d’après Hermès, le dieu du commerce) est la ville la plus importante des Cyclades et cela se sent. Tout bourdonne autour de nous, les quais sont actifs nuit et jour, les nombreux commerces apportent une animation joyeuse dans chaque rue, les beaux édifices et les anciennes demeures des armateurs, quoique délabrés, témoignent de l’époque de prospérité que connut Syros qui occupait, jadis, un point stratégique sur le route commerciale de la mer Egée.







Après avoir sillonné la partie basse et moderne de la ville, nous partons sur les hauteurs découvrir Ano Syros, le quartier le plus ancien de la ville. Changement complet de décor, là encore, petites ruelles bordées de maisons blanches, passages voûtés, placettes et petites chapelles confèrent à l’endroit une ambiance romanesque. Nous avons l’impression de déambuler dans un village fantôme avec pour seule compagnie les nombreux chats qui se prélassent un peu partout.







Demain, nouvelle et dernière étape dans les Cyclades avant de rejoindre le golfe Saronique.


Prochaine destination : Kythnos


LOUTRA – KYTHNOS (du 15 au 19 octobre 2013)

Nous larguons les amarres par un matin calme et ensoleillé pour regagner Kythnos. Dans vingt-quatre heures, un fort coup de vent est annoncé et nous allons nous réfugier dans le petit port bien protégé de Loutra. À notre arrivée, seuls deux ou trois bateaux sont amarrés. Je jette l’ancre tandis que Martin manœuvre Yvanan. Nous voyons accourir Jean-Marc avec qui nous avions échangé quelques mots à Finikas deux jours auparavant. Pour le remercier, nous l’invitons à venir prendre un verre ce soir à bord. Jean-Marc a quitté sa vie parisienne pour une nouvelle vie en mer il y a quelques années et fait, maintenant du charter en Grèce et n’a pas l’air de regretter une seule seconde sa décision.
Probablement en raison du coup de vent annoncé, le petit port se remplit bien vite et une joyeuse ambiance règne un peu partout. On entend parler anglais, français, allemand ou polonais, chacun racontant ses dernières mésaventures.


Le lendemain matin, nous constatons la fiabilité du bulletin météo. Et c’est reparti pour une petite tempête qui amène tout le monde sur le pont. Le bateau anglais à notre tribord décroche et vient se poser sur le nôtre qui, du coup, commence à se rapprocher dangereusement du catamaran à bâbord et du quai. Les rafales atteignent maintenant 50 nœuds puis 60 nœuds ne nous laissant pas trop de répit. Yvanan, déportée par le bateau d’à côté, tape légèrement sur le quai. Nous démarrons le moteur pour la tenir éloignée. Il nous faut nous déplacer pour éviter le bateau anglais. Avec leur aide, nous nous rapprochons du catamaran qui se trouve alongside et solidement amarré et sur lequel nous frappons une aussière. Tout semble bien tenir et nous restons attentifs jusqu’à l’accalmie qui arrive une heure plus tard. Le ciel reste couvert et, le soir, nous avons droit à un sacré orage avec des éclairs impressionnants. Il ne me semble pas en avoir jamais vu autant et d’une telle puissance. Sacré spectacle de son et lumière  que nous admirons du cockpit pendant un long moment.



Après ces deux jours un peu mouvementés, le soleil et le ciel bleu réapparaissent. Quelques photos prises au hasard…



La veille de notre départ, nous sommes invités à dîner sur le bateau d’un grec qui vit en Italie depuis de nombreuses années. Nos conversations dévient rapidement sur la situation du pays. Ses propos sont foncièrement contre les étrangers qu’il accuse de tous les maux. Ainsi le prix de l’immobilier flambe et devient inaccessible pour les locaux à cause des étrangers qui achètent dans son pays, idem pour les prix alimentaires à cause du tourisme… Il prédit une révolution cette année du peuple grec qui se trouve asphyxié. Nous écoutons ses propos avec étonnement et scepticisme. Cerise sur le gâteau, ce monsieur issu, visiblement, d’un milieu très aisé possède une belle propriété au cœur d’Athènes et se plaint de devoir s’acquitter des taxes liées à son statut de propriétaire (c’est un propos que nous entendrons souvent par la suite). Pour une fois que nous avons la possibilité de discuter avec un grec, nous ne sommes pas sûrs que cette conversation nous permette d’avoir une vision réelle de la situation actuelle.

Il est l’heure pour nous de quitter les Cyclades et de rejoindre la Grèce continentale.


Prochaine destination : Poros

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