FINIKAS
- SYROS (du 12 au 15 octobre)
Nous appareillons de bon
matin alors que le soleil commence à poindre. La belle baie de Naoussa
s’éloigne et les brumes de chaleur nous empêchent de distinguer avec netteté
les autres îles.
Durant la navigation,
Martin surveille régulièrement le moteur et constate une petite fuite. Nous
croisons les doigts pour que cela tienne le coup. Nous retrouvons Finikas avec
plaisir et reprenons bien vite nos petites habitudes à la bonne boulangerie que
nous avions découverte à l’aller.
Nous profitons d’être de
retour sur l’île pour aller visiter Ermoupolis, capitale administrative des
Cyclades. En même temps, nous espérons trouver une pièce pour notre moteur
parmi les différents schipchandlers présents en ville (impossible de trouver
cette pièce, il semble qu’il va nous falloir poursuivre la route jusqu’à Poros
dans les mêmes conditions). Heureusement, la fuite est minime et nous ne sommes
pas trop inquiets.
À peine avons-nous garé la
voiture qu’un chien arrive en remuant la queue et nous fait la fête. Mais je le
reconnais ce chien, c’est Pignouf ! Eh oui, voilà Catherine et Guy que
nous avions rencontrés quelques jours auparavant à Naoussa. Ces derniers nous
invitent à déjeuner à bord de leur bateau et c’est avec plaisir que nous
acceptons. Je ne me lasse pas de ces rencontres qui font toute la richesse de
notre aventure.
Ermoupolis (Hermoupolis,
d’après Hermès, le dieu du commerce) est la ville la plus importante des Cyclades
et cela se sent. Tout bourdonne autour de nous, les quais sont actifs nuit et
jour, les nombreux commerces apportent une animation joyeuse dans chaque rue,
les beaux édifices et les anciennes demeures des armateurs, quoique délabrés,
témoignent de l’époque de prospérité que connut Syros qui occupait, jadis, un
point stratégique sur le route commerciale de la mer Egée.
Après avoir sillonné la
partie basse et moderne de la ville, nous partons sur les hauteurs découvrir Ano
Syros, le quartier le plus ancien de la ville. Changement complet de décor, là
encore, petites ruelles bordées de maisons blanches, passages voûtés, placettes
et petites chapelles confèrent à l’endroit une ambiance romanesque. Nous avons
l’impression de déambuler dans un village fantôme avec pour seule compagnie les
nombreux chats qui se prélassent un peu partout.
Demain, nouvelle et
dernière étape dans les Cyclades avant de rejoindre le golfe Saronique.
Prochaine destination : Kythnos
LOUTRA – KYTHNOS (du 15 au 19
octobre 2013)
Nous larguons les amarres par un matin calme et ensoleillé pour regagner
Kythnos. Dans vingt-quatre heures, un fort coup de vent est annoncé et nous
allons nous réfugier dans le petit port bien protégé de Loutra. À notre
arrivée, seuls deux ou trois bateaux sont amarrés. Je jette l’ancre tandis que
Martin manœuvre Yvanan. Nous voyons accourir Jean-Marc avec qui nous avions
échangé quelques mots à Finikas deux jours auparavant. Pour le remercier, nous
l’invitons à venir prendre un verre ce soir à bord. Jean-Marc a quitté sa vie
parisienne pour une nouvelle vie en mer il y a quelques années et fait,
maintenant du charter en Grèce et n’a pas l’air de regretter une seule seconde
sa décision.
Probablement en raison du coup de vent annoncé, le petit port se remplit
bien vite et une joyeuse ambiance règne un peu partout. On entend parler
anglais, français, allemand ou polonais, chacun racontant ses dernières
mésaventures.
Le lendemain matin, nous constatons la fiabilité du bulletin météo. Et
c’est reparti pour une petite tempête qui amène tout le monde sur le pont. Le
bateau anglais à notre tribord décroche et vient se poser sur le nôtre qui, du
coup, commence à se rapprocher dangereusement du catamaran à bâbord et du quai.
Les rafales atteignent maintenant 50 nœuds puis 60 nœuds ne nous laissant pas
trop de répit. Yvanan, déportée par le bateau d’à côté, tape légèrement sur le quai. Nous
démarrons le moteur pour la tenir éloignée. Il nous faut nous déplacer pour
éviter le bateau anglais. Avec leur aide, nous nous rapprochons du catamaran
qui se trouve alongside et solidement amarré et sur lequel nous frappons une
aussière. Tout semble bien tenir et nous restons attentifs jusqu’à l’accalmie
qui arrive une heure plus tard. Le ciel reste couvert et, le soir, nous avons
droit à un sacré orage avec des éclairs impressionnants. Il ne me semble pas en
avoir jamais vu autant et d’une telle puissance. Sacré spectacle de son et
lumière que nous admirons du
cockpit pendant un long moment.
Après ces deux jours un peu mouvementés, le soleil et le ciel bleu
réapparaissent. Quelques photos prises au hasard…
La veille de notre départ, nous sommes invités à dîner sur le bateau
d’un grec qui vit en Italie depuis de nombreuses années. Nos conversations
dévient rapidement sur la situation du pays. Ses propos sont foncièrement
contre les étrangers qu’il accuse de tous les maux. Ainsi le prix de
l’immobilier flambe et devient inaccessible pour les locaux à cause des
étrangers qui achètent dans son pays, idem pour les prix alimentaires à cause
du tourisme… Il prédit une révolution cette année du peuple grec qui se trouve
asphyxié. Nous écoutons ses propos avec étonnement et scepticisme. Cerise sur
le gâteau, ce monsieur issu, visiblement, d’un milieu très aisé possède une
belle propriété au cœur d’Athènes et se plaint de devoir s’acquitter des taxes
liées à son statut de propriétaire (c’est un propos que nous entendrons souvent par la suite). Pour une fois que nous avons la possibilité de
discuter avec un grec, nous ne sommes pas sûrs que cette conversation nous
permette d’avoir une vision réelle de la situation actuelle.
Il est l’heure pour nous de quitter les Cyclades et de rejoindre la
Grèce continentale.
Prochaine destination : Poros


































Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire