samedi 15 juin 2013

TRAVERSÉE SARDAIGNE - ÎLES ÉGLADES (du 13 au 15 juin 2013)



Il est 6 heures du matin lorsque nous appareillons du port de Villasimius en Sardaigne vers Marettimo, l’île la plus occidentale des îles Eglades au large de la Sicile. Il y a un peu plus de 140 milles nautiques à parcourir. Il fait déjà jour, mais en regardant vers l’Est, le soleil se lève à peine.



Tandis que Muriel est à la barre pendant que je range les pare-battes, un groupe de flamands roses vole dans le ciel. Nous passons le cap Carbonara avec quelques bateaux de pêche en visuel, quand une tourterelle, perdue en mer, vient se poser sur une barre de flèche du mât (que de plumes sur l’eau aujourd’hui !).


Elle se repose pendant une bonne heure, durant laquelle nous croisons un autre voilier se dirigeant vers la côte. La tourterelle laisse le bateau s’éloigner, puis soudain, s’envole dans sa direction, probablement pour se poser dessus et atteindre la terre.


Le vent prévu n’est pas au rendez-vous et nous n’arrivons à envoyer les voiles que pendant deux heures. Tous les équipages que nous avons rencontrés nous ont dit qu’ils ont fait la même traversée au moteur que ce fût dans un sens ou dans l’autre.
Le peu de vent retombe et nous avançons péniblement, ballotés par la houle.


Vers 18 heures, Muriel prend son quart pendant que j’essaie de me reposer un peu dans le carré. À 20 heures, quand je reprends mon quart, la nuit est déjà tombée et avec elle une forte humidité. Aux environs de minuit, un groupe de dauphins vient jouer avec Yvanan. Accoudé à la filière, je ne me lasse pas de les observer. Quelques méduses, rendues fluorescentes par l’obscurité de la nuit, s’ajoutent au tableau.
La nuit s’écoule doucement au son ronronnant du moteur et les dauphins reviennent me sortir de ma somnolence vers 3 heures, puis 4 heures. Nous avons croisé quelques gros bateaux de pêche et un cargo.
À 5h30 du matin, le soleil se lève à peine quand Muriel prend son quart et je vais me coucher.


J’ai dormi presque 4 heures d’affilée, et, lorsque je remonte dans le cockpit, Muriel m’annonce qu’elle a vu deux tortues nager à la surface… Hop, une troisième ! Celle-ci, je l’ai vue aussi ! Par contre jamais le temps de les prendre en photo.
La chaleur du soleil a séché le cockpit, les dauphins sont revenus jouer avec nous et nous apercevons maintenant l’île de Marettimo.






Nous entrons dans le port, un ormeggiatore vient nous indiquer notre place et nous prendre les amarres. Nous atterrissons à 14h30, sous un beau soleil.





Le seul village de l’île abrite un petit port que se partagent le ferry, les pêcheurs et les plaisanciers qui ont accès à un petit ponton tout proche d’une petite plage fréquentée par les locaux et de rares touristes. Nous réglons les formalités habituelles et nous acquittons du prix de la nuit, pas peu cher et sans négociation possible. Enfin, nous sommes contents d’avoir atteint la Sicile et nous partons aussitôt à la découverte du village.




L’architecture est d’influence maure, avec de petites maisons surmontées de terrasses, formant de nombreuses ruelles sinueuses. Les habitations ont souvent la porte ouverte et l’on peut discrètement entrevoir quelques tranches de vie ou humer les odeurs de cuisine, ce qui finit d’ailleurs par nous mettre en appétit. 
Nous allons prendre un apéritif à la terrasse d’un café, avec une vue plongeante sur le port et la mer. Une bière bien fraiche, servie avec de délicieux toast et nous voilà en train de discuter avec un Sicilien, en vacances sur l’île avec son épouse et leur tout jeune bébé.


Yvanan au ponton



Nous rentrons sur le bateau, dînons et préparons la navigation du lendemain vers la Sicile.


L'entrée de la marina


Prochaine étape : Mazzara del Vallo



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