Il est 6 heures du matin lorsque
nous appareillons du port de Villasimius en Sardaigne vers Marettimo, l’île la
plus occidentale des îles Eglades au large de la Sicile. Il y a un peu plus de
140 milles nautiques à parcourir. Il fait déjà jour, mais en regardant vers
l’Est, le soleil se lève à peine.
Tandis que Muriel est à la barre
pendant que je range les pare-battes, un groupe de flamands roses vole dans le
ciel. Nous passons le cap Carbonara avec quelques bateaux de pêche en visuel,
quand une tourterelle, perdue en mer, vient se poser sur une barre de flèche du
mât (que de plumes sur l’eau aujourd’hui !).
Elle se repose pendant une bonne
heure, durant laquelle nous croisons un autre voilier se dirigeant vers la
côte. La tourterelle laisse le bateau s’éloigner, puis soudain, s’envole dans
sa direction, probablement pour se poser dessus et atteindre la terre.
Le vent prévu n’est pas au
rendez-vous et nous n’arrivons à envoyer les voiles que pendant deux heures.
Tous les équipages que nous avons rencontrés nous ont dit qu’ils ont fait la
même traversée au moteur que ce fût dans un sens ou dans l’autre.
Le peu de vent retombe et nous
avançons péniblement, ballotés par la houle.
Vers 18 heures, Muriel prend son
quart pendant que j’essaie de me reposer un peu dans le carré. À 20 heures,
quand je reprends mon quart, la nuit est déjà tombée et avec elle une forte
humidité. Aux environs de minuit, un groupe de dauphins vient jouer avec
Yvanan. Accoudé à la filière, je ne me lasse pas de les observer. Quelques
méduses, rendues fluorescentes par l’obscurité de la nuit, s’ajoutent au
tableau.
La nuit s’écoule doucement au son
ronronnant du moteur et les dauphins reviennent me sortir de ma somnolence vers
3 heures, puis 4 heures. Nous avons croisé quelques gros bateaux de pêche et un
cargo.
À 5h30 du matin, le soleil se
lève à peine quand Muriel prend son quart et je vais me coucher.
J’ai dormi presque 4 heures
d’affilée, et, lorsque je remonte dans le cockpit, Muriel m’annonce qu’elle a
vu deux tortues nager à la surface… Hop, une troisième ! Celle-ci, je l’ai
vue aussi ! Par contre jamais le temps de les prendre en photo.
La chaleur du soleil a séché le
cockpit, les dauphins sont revenus jouer avec nous et nous apercevons maintenant l’île
de Marettimo.
Nous entrons dans le port, un
ormeggiatore vient nous indiquer notre place et nous prendre les amarres. Nous
atterrissons à 14h30, sous un beau soleil.
Le seul village de l’île abrite
un petit port que se partagent le ferry, les pêcheurs et les plaisanciers qui
ont accès à un petit ponton tout proche d’une petite plage fréquentée par les
locaux et de rares touristes. Nous réglons les formalités habituelles et nous
acquittons du prix de la nuit, pas peu cher et sans négociation possible.
Enfin, nous sommes contents d’avoir atteint la Sicile et nous partons aussitôt
à la découverte du village.
L’architecture est d’influence
maure, avec de petites maisons surmontées de terrasses, formant de nombreuses
ruelles sinueuses. Les habitations ont souvent la porte ouverte et l’on peut
discrètement entrevoir quelques tranches de vie ou humer les odeurs de cuisine,
ce qui finit d’ailleurs par nous mettre en appétit.
Nous allons prendre un apéritif à la terrasse d’un café, avec une vue plongeante sur le port et la mer. Une bière bien fraiche, servie avec de délicieux toast et nous voilà en train de discuter avec un Sicilien, en vacances sur l’île avec son épouse et leur tout jeune bébé.
Nous allons prendre un apéritif à la terrasse d’un café, avec une vue plongeante sur le port et la mer. Une bière bien fraiche, servie avec de délicieux toast et nous voilà en train de discuter avec un Sicilien, en vacances sur l’île avec son épouse et leur tout jeune bébé.






















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