Nous avons prévu une petite
navigation de quelques milles jusqu'à Marina del Este. Un vent faible et un
courant contraire nous font nous traîner et, malgré le moteur, Yvanan peine à
atteindre les 4 nœuds. Nous hésitons à poursuivre jusqu'à la destination prévue
d'autant plus que la pluie commence à s'inviter. Je file dans le carré pour
regarder s'il n'y a pas un point de chute plus proche et, bingo, el puerto de
La Caleta de Vélez nous tend les bras.
Changement de cap et nous arrivons
dans un petit port de pêche comprenant également un port de plaisance. Nous
appontons et filons à la capitainerie tout en repérant le meilleur endroit pour
garer Yvanan. Nous sommes accueillis, tout sourire, par un marinero qui
nous conseille pour la meilleure place et nous aide à nous amarrer. La pluie
s'en est allée et un soleil éclatant a fait son apparition.
La marina nous apparaît tout de
suite sympathique et nous repérons bien vite le café du coin "El
Camarote". Pour fêter notre arrivée, nous décidons de déjeuner sur place.
Les rayons du soleil viennent doucement nous réchauffer tandis que nous
découvrons, de la terrasse du café, la vie nonchalante s'organisant autour du
port. Le serveur nous apporte des rougets parfaitement grillés accompagnés de
petits légumes arrosés d'une sauce persillée à se damner. C'est un régal.
Décidément, cet endroit a tout pour nous plaire.
Après le déjeuner, nous
partons faire le tour de la petite ville. Nous sommes loin des stations
balnéaires impersonnelles que nous avons pu croiser le long de la Costa del
sol. Il s'agit bien d'une vraie ville avec ses petits commerces, ses cafés, ses
moyens de transport... parfois atypiques.
Finalement, le hasard faisant bien
les choses et puisque le courant nous a poussés jusqu'ici, pourquoi ne pas y
rester quelques jours ? Notre petite vie s'organise bien vite sur place et nous
nous sentons tout de suite à l'aise à Caleta. La marina est bien protégée et
c'est très calme. Tout le monde est accueillant et nous prenons nos petites
habitudes chez les commerçants. Je m'inscris même à la bibliothèque (plus pour
pouvoir louer les DVD que pour les livres vu mon niveau d'espagnol !).
Au bout de quelques jours, nous
contactons nos amis pour qu'ils nous rejoignent sur place. Cela fait plusieurs
semaines que nous tentons de nous rejoindre mais cela nécessite une certaine
organisation : il faut combiner leurs emplois du temps et nos déplacements avec
Yvanan toujours tributaires de la météo, trouver un aéroport assez proche et
une marina sympa tant qu'à faire . Autant d'éléments qui expliquent que cela
fait presque deux mois que nous tentons de nous voir. Caleta de Vélez nous
semble l'endroit idéal, l'aéroport de Malaga se situant à une quarantaine de
kilomètres et étant très bien desservi. Ni une ni deux, en deux jours,
tout est organisé et nous trépignons de joie à l'idée de les recevoir sur le
bateau. La semaine qui suit s'organise autour de leur arrivée et nous en
profitons pour nettoyer le bateau de fond en comble, faire un gros
avitaillement, louer une voiture (une semaine pour 75 euros, qui dit mieux ?),
et repérer les alentours pour faire des ballades sympas. Le jour même, je ne
tiens plus en place tandis que Martin prépare le panneau d'accueil pour les
copains.
À l'aéroport, nous nous tordons le
coup à travers le sas d'arrivée quand nous les apercevons enfin ! Nous tombons
dans les bras les uns des autres et je suis toute émue de les retrouver. Que
cela fait du bien de les voir. Nous fêtons dignement leur arrivée
(papotages jusque tard dans la nuit accompagnés de champagne et tapas).
Le lendemain, le soleil est au
rendez-vous et, après une balade sur la plage, nous décidons d'aller déguster
une paella au Camarote qui, en plus, ce jour-là, reçoit un groupe de musiciens
pas mal du tout. La musique bat son plein, l'ambiance est survoltée et nous
savourons pleinement d'être tous les quatre ensemble.
Nous profitons de
la presence de Fred pour hisser Martin au mât et réparer le feu de hune. Sandra
s'offre, egalement, une petite balade dans les hauteurs. La journée passe à une
vitesse incroyable.
À peine avons-nous mis pied à terre que les
garçons sortent l'annexe pour aller faire un petit tour du côté de Torre del
Mar. Nous les rejoignons à pied sur la plage. Il fait très beau et chaud tant
et si bien que nous avons du mal à réaliser que nous sommes fin novembre.
Retour en annexe pour les filles.
Pour notre dernier jour tous
les quatre, nous optons pour la découverte des montagnes et des villages blancs
(ainsi nommés en raison de la couleur de leurs maisons) qui s'y nichent. Les
paysages sont superbes, encore bien verdoyants pour l'époque et les villages
surnommés les balcons de l'Andalousie, offre des vues époustouflantes sur la
sierra. Comares est l'un de ces villages caractéristiques, d'origine
arabe. C'est une commune perchée sur une falaise surplombant la région de la
Axarquía, à 735 mètres d'altitude. Étant hors saison, nous avons la
chance de déambuler seuls dans les ruelles étroites et sinueuses, admirant les
maisons blanches aux fenêtres grillagées, découvrant ça et là, les vestiges des
anciennes constructions arabes. Mais il nous faut retourner au bateau car les
copains doivent, déjà, repartir.
Et puis vient le moment des aux
revoirs, toujours un peu difficile. Merci les cop's pour ces quelques
jours passés ensemble, de merveilleux souvenirs et de nouveaux fous-rires
à inscrire dans l'album de notre amitié.
À notre retour, nous trouvons Yvanan
bien silencieuse sans les copains (même le temps s'y met, il pleut). Comme nous
avons la voiture encore trois jours, nous décidons d'en profiter pour partir
visiter la Sierra Nevada et le désert de Tabernas. Nous partons de bon matin
(traduire midi selon l'horaire espagnol) sous un soleil éclatant. Nous
sillonnons les petites routes de montagne en traversant Lanjaron, Orgiva,
Cadiar... Les petits villages se succèdent mais, hors saison, tout est
pratiquement fermé, ce qui ne nous empêche pas de profiter pleinement des
superbes paysages et d'apercevoir les cimes qui commencent à être recouvertes
de neige. Sans but précis, nous décidons de redescendre sur Almeria, en bord de
mer pour y passer la nuit.En arrivant, s'étend devant nous un véritable océan
de serres où sont produits les fruits et légumes que l'on retrouve sur nos
étals. Il y en a des milliers et c'est impressionnant.
Arrivés à Almeria, nous nous mettons
en quête d'un hôtel. Plus facile à dire qu'à faire ! Après de nombreux
détours dans les petites rues de la ville (bravo Martin pour la conduite), nous
dénichons la perle rare : un très bel hôtel assez intimiste, situé sur la place
de la cathédrale au rapport qualité-prix imbattable :
![]() |
| Hôtel 4 * pour 61 euros !!! |
Le lendemain matin, après avoir pris
des forces (comprendre se goinfrer au petit déjeuner), nous repoussons notre
départ pour le désert de Tabernas et partons visiter l'Alcazaba, citadelle
défensive, d'origine arabe, construite en 995. À la fois utilisée comme abri
pour la population en cas de siège, elle fut, également, le lieu de résidence
des gouverneurs et de leurs soldats. Les points de vues sur la ville sont
superbes de là-haut et les jardins parsemés de canaux bien agréables. Almeria
s'est révélée une étape bien sympathique.
Nous poursuivons, comme prévu,
en direction du désert de Tabernas, l'unique désert d'Europe, surnommé
"Texas Hollywood" car il abrite des studios de cinéma. En effet,
Sergio Leone a découvert ce paysage dans les années 60 et de nombreux westerns
ont été tournés ici tels que "le bon, la brute et le
truand" (1966), "les sept mercenaires" (1966) ou encore, "
il était une fois dans l'ouest" (1968) pour les plus connus. Eh oui, les
décors que l'on peut admirer dans de nombreux films du far-west ne sont pas
ceux de l'ouest américain comme on pourrait le penser. Les studios existent
toujours et peuvent se visiter. De loin, nous pouvons apercevoir la rue
principale bordée de vieilles cabanes en bois, d'un saloon... En arrivant à
l'entrée des studios, nous sommes un peu désappointés devant le prix d'entrée
qui s'élève à 16€ par personne comprenant la visite des studios (c'est-à-dire
la rue principale) et un spectacle de 20 mn de cascadeurs simulant une bagarre.
Nous hésitons face au prix d'autant plus que les commentaires sur trip advisor
ne sont pas des plus concluants. Finalement, nous rebroussons chemin, et
finissons par nous balader parmi les paysages désertiques de Tabernas.
Plusieurs randonnées peuvent, probablement, être pratiqués pour mieux apprécier
le lieu mais dans le village même de Tabernas ou nous pensions nous renseigner,
nous ne dénichons même pas une carte détaillée. L'idée de nous embarquer, au
hasard, dans le désert, ne nous enchante guère et nous nous contentons de
longer ce dernier, un peu déçus tout de même. Bon, ben, tant pis, on aura quand
même vu le seul désert d'Europe !
À notre retour sur Caleta, nous
apprenons qu'il va nous falloir retourner en France pour régler certaines
affaires fin décembre. Du coup, soit nous poursuivons notre remontée de la côté
espagnole soit nous hivernons ici dans l'attente de notre voyage en France.
Après avoir pesé le pour et le contre, nous optons pour l'hivernage à Caleta.
D'abord, l'aéroport de Malaga se trouve à proximité, avec de nombreux vols low
cost nous laissant une grande flexibilité, puis, surtout, nous savons qu'Yvanan
sera en sécurité dans cette marina.
Dans l'attente du départ, nous vivons
tranquillement à bord, les journées se succédant à une vitesse folle pourtant,
il faut reconnaître que nous ne faisons pas grand-chose. Nous en profitons,
pour aller visiter Malaga, principale ville du littoral mediterranéen de
l'Andalousie, qui, de prime abord, ne nous enthousiasmait pas plus que
cela alors qu'au final, la ville se révèle très agréable et dynamique.
![]() |
| Départ pour Malaga |
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| Arrivée à Malaga |
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| Goûter version Muriel (salé) & Martin (sucré) |
Nous y retournerons, même, une seconde fois, en soirée pour apprécier les
superbes décorations de Noël.
Notre attente à Caleta nous permet,
surtout, de faire connaissance avec les gens du coin et, plus
particulièrement, avec Curro, "le personnage du port de Caleta" qui
restera, nous en sommes persuadés, une des rencontres importantes de notre
voyage. Mais cette rencontre, nous vous la raconterons dans la seconde partie
de cet article consacré à Caleta de Vélez.






















































bravo les loulous. C'est toujours aussi agréable de vous suivre Bisous
RépondreSupprimerN+A
Ça y est, ça marche !!!!!
RépondreSupprimerQuel beau carnet de voyage. Vous nous offrez du rêve. Encore. Bisous. Ka
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