jeudi 20 décembre 2012

LA CALETA DE VÉLEZ (1ère partie) du 14 novembre au 20 décembre 2012


Nous avons prévu une petite navigation de quelques milles jusqu'à Marina del Este. Un vent faible et un courant contraire nous font nous traîner et, malgré le moteur, Yvanan peine à atteindre les 4 nœuds. Nous hésitons à poursuivre jusqu'à la destination prévue d'autant plus que la pluie commence à s'inviter. Je file dans le carré pour regarder s'il n'y a pas un point de chute plus proche et, bingo, el puerto de La Caleta de Vélez nous tend les bras.



Changement de cap et nous arrivons dans un petit port de pêche comprenant également un port de plaisance. Nous appontons et filons à la capitainerie tout en repérant le meilleur endroit pour garer Yvanan.  Nous sommes accueillis, tout sourire, par un marinero qui nous conseille pour la meilleure place et nous aide à nous amarrer. La pluie s'en est allée et un soleil éclatant a fait son apparition.






La marina nous apparaît tout de suite sympathique et nous repérons bien vite le café du coin "El Camarote". Pour fêter notre arrivée, nous décidons de déjeuner sur place. Les rayons du soleil viennent doucement nous réchauffer tandis que nous découvrons, de la terrasse du café, la vie nonchalante s'organisant autour du port. Le serveur nous apporte des rougets parfaitement grillés accompagnés de petits légumes arrosés d'une sauce persillée à se damner. C'est un régal. Décidément,  cet endroit a tout pour nous plaire.



Après le déjeuner, nous partons faire le tour de la petite ville. Nous sommes loin des stations balnéaires impersonnelles que nous avons pu croiser le long de la Costa del sol. Il s'agit bien d'une vraie ville avec ses petits commerces, ses cafés, ses moyens de transport... parfois atypiques.


Finalement, le hasard faisant bien les choses et puisque le courant nous a poussés jusqu'ici, pourquoi ne pas y rester quelques jours ? Notre petite vie s'organise bien vite sur place et nous nous sentons tout de suite à l'aise à Caleta. La marina est bien protégée et c'est très calme. Tout le monde est accueillant et nous prenons nos petites habitudes chez les commerçants. Je m'inscris même à la bibliothèque (plus pour pouvoir louer les DVD que pour les livres vu mon niveau d'espagnol !).

Au bout de quelques jours, nous contactons nos amis pour qu'ils nous rejoignent sur place. Cela fait plusieurs semaines que nous tentons de nous rejoindre mais cela nécessite une certaine organisation : il faut combiner leurs emplois du temps et nos déplacements avec Yvanan toujours tributaires de la météo, trouver un aéroport assez proche et une marina sympa tant qu'à faire . Autant d'éléments qui expliquent que cela fait presque deux mois que nous tentons de nous voir. Caleta de Vélez nous semble l'endroit idéal, l'aéroport de Malaga se situant à une quarantaine de kilomètres et étant  très bien desservi. Ni une ni deux, en deux jours, tout est organisé et nous trépignons de joie à l'idée de les recevoir sur le bateau. La semaine qui suit s'organise autour de leur arrivée et nous en profitons pour nettoyer le bateau de fond en comble, faire un gros avitaillement, louer une voiture (une semaine pour 75 euros, qui dit mieux ?), et repérer les alentours pour faire des ballades sympas. Le jour même, je ne tiens plus en place tandis que Martin prépare le panneau d'accueil pour les copains.



À l'aéroport, nous nous tordons le coup à travers le sas d'arrivée quand nous les apercevons enfin ! Nous tombons dans les bras les uns des autres et je suis toute émue de les retrouver. Que cela fait du bien de les voir. Nous  fêtons dignement leur arrivée (papotages jusque tard dans la nuit accompagnés de champagne et tapas).



 Le lendemain, le soleil est au rendez-vous et, après une balade sur la plage, nous décidons d'aller déguster une paella au Camarote qui, en plus, ce jour-là, reçoit un groupe de musiciens pas mal du tout. La musique bat son plein, l'ambiance est survoltée et nous savourons  pleinement d'être tous les quatre ensemble. 





Nous profitons de la presence de Fred pour hisser Martin au mât et réparer le feu de hune. Sandra s'offre, egalement, une petite balade dans les hauteurs. La journée passe à une vitesse incroyable.


 Dimanche, nous prévoyons une sortie en mer, la journée est très belle et Fred et Sandra n'ont pas encore eu l'occasion de naviguer sur Yvanan. Ça fait du bien de reprendre quelques heures la mer. Fred s'éclate et nous hissons les voiles plus pour le fun car le vent n'est pas vraiment de la partie. Sandra, quant à elle,  commence à afficher une petite mine, signe annonciateur du redoutable mal de mer. Au bout de quatre heures, nous décidons de retourner au port afin que tout le monde puisse profiter de la journée. 



À peine avons-nous mis pied à terre que les garçons sortent l'annexe pour aller faire un petit tour du côté de Torre del Mar. Nous les rejoignons à pied sur la plage. Il fait très beau et chaud tant et si bien que nous avons du mal à réaliser que nous sommes fin novembre. Retour en annexe pour les filles.







Pour notre dernier jour tous les quatre, nous optons pour la découverte des montagnes et des villages blancs (ainsi nommés en raison de la couleur de leurs maisons) qui s'y nichent. Les paysages sont superbes, encore bien verdoyants pour l'époque et les villages surnommés les balcons de l'Andalousie, offre des vues époustouflantes sur la sierra.  Comares est l'un de ces villages caractéristiques, d'origine arabe. C'est une commune perchée sur une falaise surplombant la région de la Axarquía, à 735 mètres d'altitude. Étant  hors saison, nous avons la chance de déambuler seuls dans les ruelles étroites et sinueuses, admirant les maisons blanches aux fenêtres grillagées, découvrant ça et là, les vestiges des anciennes constructions arabes. Mais il nous faut retourner au bateau car les copains doivent, déjà, repartir.





Et puis vient le moment des aux revoirs, toujours un peu difficile.  Merci les cop's pour ces quelques jours  passés ensemble, de merveilleux souvenirs et de nouveaux fous-rires à inscrire dans l'album de notre amitié.


À notre retour, nous trouvons Yvanan bien silencieuse sans les copains (même le temps s'y met, il pleut). Comme nous avons la voiture encore trois jours, nous décidons d'en profiter pour partir visiter la Sierra Nevada et le désert de Tabernas. Nous partons de bon matin (traduire midi selon l'horaire espagnol) sous un soleil éclatant. Nous sillonnons les petites routes de montagne en traversant Lanjaron, Orgiva, Cadiar... Les petits villages se succèdent mais, hors saison, tout est pratiquement fermé, ce qui ne nous empêche pas de profiter pleinement des superbes paysages et d'apercevoir les cimes qui commencent à être recouvertes de neige. Sans but précis, nous décidons de redescendre sur Almeria, en bord de mer pour y passer la nuit.En arrivant, s'étend devant nous un véritable océan de serres où sont produits les fruits et légumes que l'on retrouve sur nos étals. Il y en a des milliers et c'est impressionnant.



Arrivés à Almeria, nous nous mettons en quête d'un hôtel. Plus facile à dire qu'à faire !  Après de nombreux détours dans les petites rues de la ville (bravo Martin pour la conduite), nous dénichons la perle rare : un très bel hôtel assez intimiste, situé sur la place de la cathédrale au rapport qualité-prix imbattable :

Hôtel 4 * pour 61 euros !!!
Le lendemain matin, après avoir pris des forces (comprendre se goinfrer au petit déjeuner), nous repoussons notre départ pour le désert de Tabernas et partons visiter l'Alcazaba, citadelle défensive, d'origine arabe, construite en 995. À la fois utilisée comme abri pour la population en cas de siège, elle fut, également, le lieu de résidence des gouverneurs et de leurs soldats.  Les points de vues sur la ville sont superbes de là-haut et les jardins parsemés de canaux bien agréables. Almeria s'est révélée une étape bien sympathique.




 Nous poursuivons, comme prévu, en direction du désert de Tabernas, l'unique désert d'Europe, surnommé "Texas Hollywood" car il abrite des studios de cinéma. En effet, Sergio Leone a découvert ce paysage dans les années 60 et de nombreux westerns ont été tournés  ici tels que  "le bon, la brute et le truand" (1966), "les sept mercenaires" (1966) ou encore, " il était une fois dans l'ouest" (1968) pour les plus connus. Eh oui, les décors que l'on peut admirer dans de nombreux films du far-west ne sont pas ceux de l'ouest américain comme on pourrait le penser. Les studios existent toujours et peuvent se visiter. De loin, nous pouvons apercevoir la rue principale bordée de vieilles cabanes en bois, d'un saloon... En arrivant à l'entrée des studios, nous sommes un peu désappointés devant le prix d'entrée qui s'élève à 16€ par personne comprenant la visite des studios (c'est-à-dire la rue principale) et un spectacle de 20 mn de cascadeurs simulant une bagarre. Nous hésitons face au prix d'autant plus que les commentaires sur trip advisor ne sont pas des plus concluants. Finalement, nous rebroussons chemin, et finissons par nous balader parmi les paysages désertiques de Tabernas. Plusieurs randonnées peuvent, probablement, être pratiqués pour mieux apprécier le lieu mais dans le village même de Tabernas ou nous pensions nous renseigner, nous ne dénichons même pas une carte détaillée. L'idée de nous embarquer, au hasard, dans le désert, ne nous enchante guère et nous nous contentons de longer ce dernier, un peu déçus tout de même. Bon, ben, tant pis, on aura quand même vu le seul désert d'Europe !





À notre retour sur Caleta, nous apprenons qu'il va nous falloir retourner en France pour régler certaines affaires fin décembre. Du coup, soit nous poursuivons notre remontée de la côté espagnole soit nous hivernons ici dans l'attente de notre voyage en France. Après avoir pesé le pour et le contre, nous optons pour l'hivernage à Caleta. D'abord, l'aéroport de Malaga se trouve à proximité, avec de nombreux vols low cost nous laissant une grande flexibilité, puis, surtout, nous savons qu'Yvanan sera en sécurité dans cette marina.

Dans l'attente du départ, nous vivons tranquillement à bord, les journées se succédant à une vitesse folle pourtant, il faut reconnaître que nous ne faisons pas grand-chose. Nous en profitons, pour aller visiter Malaga, principale ville du littoral mediterranéen de l'Andalousie,  qui, de prime abord, ne nous enthousiasmait pas plus que cela alors qu'au final,  la ville se révèle très agréable et dynamique. 

Départ pour Malaga
Arrivée à Malaga


Goûter version Muriel (salé) & Martin (sucré)

Nous y retournerons, même, une seconde fois, en soirée pour apprécier les superbes décorations de Noël.



Notre attente à Caleta nous permet, surtout, de faire connaissance avec les gens du coin et,  plus particulièrement, avec Curro, "le personnage du port de Caleta" qui restera, nous en sommes persuadés, une des rencontres importantes de notre voyage. Mais cette rencontre, nous vous la raconterons dans la seconde partie de cet article consacré à Caleta de Vélez.



3 commentaires:

  1. bravo les loulous. C'est toujours aussi agréable de vous suivre Bisous
    N+A

    RépondreSupprimer
  2. Quel beau carnet de voyage. Vous nous offrez du rêve. Encore. Bisous. Ka

    RépondreSupprimer