Nous quittons Lisbonne dimanche à 6H30 en direction de Sines qui se situe, environ, à 60 miles soit une navigation d'une dizaine d'heures. Nous avons prévu cette étape afin de nous éviter un trajet direct jusqu'en Algarve qui aurait supposé une navigation de deux jours (grimace de la capitaine qui préfère, pour le moment, des étapes très courtes).
Le départ du doca de Alcantara est sublime car le soleil commence à se lever derrière le pont éblouissant ce dernier de magnifiques couleurs rouge orangé. Nous quittons cette ville aux sons des basses qui continuent de cracher leur musique dans les boîtes de nuit du coin.
À la sortie du Tage, nous croisons un magnifique quatre mâts, et l'on se sent tout petits. À part le mal de mer pour moi, la navigation se déroule bien mais nous sommes, hélas, obligés d'avancer au moteur en raison de l'absence de vent (au moins, on n'a pas fait réviser le moteur pour rien).
Cette navigation est, pour moi, l'occasion de découvrir, émerveillée, les dauphins qui n'ont de cesse de jouer avec le bateau. Nous ne nous lassons pas de les voir filer à toute vitesse, passer sous le bateau, sauter dans l'eau...leur rapidité et leur agilité sont étonnantes. Quel moment magique !
Après douze heures de navigation, l'entrée du port de Sines se profile. À première vue, rien de très engageant car le port est un site pétrolier avec ses grosses usines, ses grosses cheminées qui crachent leurs fumées noirâtres (à tel point que que vous ne pouvez vous empêcher de respirer par réflexe, chose à laquelle vous renoncez bien vite évidemment). Passé cette première vision, nous découvrons une petite marina très conviviale telle que nous les aimons. À notre arrivée au ponton, nous sommes accueillis pas un vieux monsieur gallois qui nous aide à nous amarrer (ce que je ne refuse jamais étant donné que je ne suis pas très douée pour les manœuvres d'amarrage). Ce dernier nous fait un brin de causette (je m'accroche mais je ne comprends pas tout, il faut vraiment que je sorte l'Assimil!..) nous expliquant qu'il voyage seul, rentrant, parfois, au pays pour s'occuper de sa très vieille maman et, au passage, nous indique quelques bonnes petites adresses de pastelarias. Sympa le gallois.
Les formalités d'usage remplies à la capitainerie (qui m'arracheront une grimace face un marinero lent et visiblement peu futé), nous nous offrons une bonne bière fraîche au bar du coin et, après un petit tour en ville (silencieuse et déserte), nous retournons au bateau. Vacant à nos occupations, nous entendons un bruit s'assimilant à de l'eau qui coule sans pouvoir découvrir d'où cela peut provenir. Inquiets car on dirait une fuite d'eau (un peu embêtant tout de même sur un bateau), nous commençons à regarder un peu partout, et surtout, au niveau des réservoirs d'eau sans rien trouver. Après une inspection en règle, nous laissons tomber. Nous apprendrons, plus tard, qu'il s'agit, en fait, de balistes, poissons à la puissante mâchoire capables broyer les coquilles d'huîtres et de moules pour se nourrir, ces derniers chassant en soirée. C'est ce bruit qui nous accompagnera toutes nos nuits à Sines (ce qui ne nous empêchera pas du tout de dormir).
Le lendemain matin, nous partons nous balader dans Sines, petite ville qui se situe dans la région de l'Alentejo et qui est la ville natale de Vasco de Gama (château Vasco de Gama, rue Vasco de Gama, café Vasco de Gama etc...).
A la recherche d'un point internet ( ils étaient en train de l'installer à la marina lors de notre passage), nous dénichons le café -restaurant "o sitio do marineiro" (le coin du marin) qui deviendra notre spot le temps de notre séjour, profitant de l'occasion pour déguster des tostas mistas (ça creuse de bosser sur le blog).
Sines est composée de petites ruelles bordées par de vieux bâtiments et plus de boutiques que nous ne l'aurions imaginé pour une si petite ville. Tout est calme et il est agréable de se promener tranquillement dans la ville qui, si elle n'a pas un charme fou, n'en est pas pour autant désagréable si l'on aime les petites villes de province tranquilles
Mise à part un petit tour en ville, nous partons visiter le château qui domine la baie et où naquit Vasco de Gama. S'il ne reste pas grand-chose du château, il y a néanmoins, à l'intérieur, un petit musée très intéressant et varié (en plus gratuit), allant des découvertes archéologiques du site à l'histoire de Sines en passant par les grandes découvertes d'illustres explorateurs portugais. Le musée est bien fait avec de nombreuses activités interactives.
À la marina, nous sommes étonnés du nombre de français que nous rencontrons. Nous faisons connaissance avec Maylen et Daniel sur La Civelle ainsi que Anne, Pierre et leur fils que nous retrouverons, probablement, à Rota. Chacune de ces rencontres est l'occasion de discuter de ce qui nous a amené à naviguer, d'échanger des bons plans ou des astuces...et, bien sûr, de boire un verre.
L'ambiance de Sines nous a bien plu mais il nous faut poursuivre notre chemin et la prochaine étape sera Portimão en Algarve.








En plus d'en prendre plein la vue et plein les rêves, tu nous cultives! J'adore!!! Ka
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