samedi 5 juillet 2014

LICATA (du 22 juin au 2 juillet 2014)


Départ à 7h00 du matin. On se traîne au moteur et nous sommes à contre-courant, les quarante milles semblent s'éterniser. Il n'y a pas grand monde sur l'eau ce matin si ce n'est les pêcheurs et les oiseaux.



Heureusement,  un groupe de dauphins vient égayer notre navigation. Quel joie de les revoir, cela faisait un long moment que nous n'avions pas eu l'occasion de les admirer car ils sont rares en Grèce. 


À l'approche de Licata, nous rejoignons nos amis qui sont au mouillage. Nous ancrons et ce sont les retrouvailles avec Peppe et Andrea qui arrivent en annexe à bord. Mais nous avons, aussi, hâte de serrer dans nos bras Simona, Ignazia et Tony et nous repartons aussitôt en direction de la marina (on se prend un casier au moment de lever l'ancre ! Ben mince, nous qui avions réussi à les éviter en Grèce, voilà qu'on s'en chope un ici !).



 L'arrivée à la marina de Licata est telle que nous l'avions imaginée : Tony nous accueille en musique et sitôt le bateau amarré, nous sautons dans les bras les uns des autres. Un an quasiment jour pour jour, nous les quittions après avoir passé quatre jours avec ces gens que nous ne connaissions pas. En partant, nous leur avions promis de revenir les voir. Nous sommes restés en contact toute l'année et promesse tenue, nous revoici. Nous sommes étonnés de constater à quel point nous nous étions attachés les uns aux autres si rapidement mais, parfois, les amitiés n'ont pas forcément besoin de beaucoup de temps pour se former. Et nous les retrouvons comme si nous nous étions quittés la veille. Le soir, c'est fête à bord de "Gaia", ça y est, le grand tour de la gastronomie sicilienne recommence (ce qui m'avait valu de prendre quelques kilos l'année dernière !). En plus, c'est l'anniversaire de Tony !



Dans la semaine, nos amis travaillent et nous décidons de  louer une voiture pour visiter différents endroits. La location de la voiture est des plus rocambolesques. L'office du tourisme nous indique un loueur de voitures local (probablement le copain du cousin de la sœur de...) au prix bien plus attractif que la location proposée par la marina. Nous voyons arriver une vieille Fiat grise que l'on soupçonne être la voiture familiale (200 000 km au compteur). Nous, du moment qu'elle fonctionne... Eh bien, le hic, c'est qu'au moment de démarrer, il ne se passe rien. La batterie est morte ! Ça commence bien. Le loueur revient avec une batterie neuve, nous la change et nous voilà partis une bonne heure plus tard (au final, la voiture tiendra le choc on ne sait comment mais avec des grincements de plus en plus inquiétants au fur et à mesure des deux jours). 



Pour cette première journée, nous partons visiter la Villa romana di Casale découverte en 1929 et qui contient pas moins de 3500 mètres carrés de mosaïques, datant, pour l'essentiel,  du IVème siècle après JC et, pour la plupart dans un état de conservation incroyable. Chaque pièce témoigne des mœurs et traditions de l'époque et la visite se révèle véritablement passionnante. Heureusement d'ailleurs car il semblerait qu'il y ait eu une petite flambée des prix pour ce site, soit 14 euros par personne (à ce prix-là, pas de sourire, pas de guide et pas de plan) sans compter le parking (1€/heure), mêmes les toilettes sont payantes ! Mais, franchement, cela vaut la peine. 





Puis, nous prenons les petites routes pour rejoindre Caltagirone où nous devons retrouver Ignazia qui habite là et qui s'est gentiment proposée pour nous servir de guide. En fait, c'est son fils, Salvatore, qui vient à notre rencontre et commence à nous conter l'histoire de sa ville. Travaillant à l'office de tourisme, nous sentons à travers ses explications son amour pour Caltagirone. Nous tombons rapidement sous le charme en nous baladant dans le centre historique affichant de nombreuses églises et façades baroques. Capitale de la céramique, celle-ci se retrouve un peu partout et les ateliers sont nombreux. Ignazia veut tout nous faire découvrir. Elle nous emmène au monastère des Capucins, seul bâtiment à ne pas s'être écroulé lors du terrible tremblement de terre de 1693.  Une charmante dame nous reçoit et nous sert de guide. Bien que peu sensible à la religion, cette visite nous permet d'apprécier de belles et étonnantes pièces tel qu'un tabernacle en écaille de tortue et en cyprès ou encore, une copie du linceul de Turin pour finir par une crèche intelligemment animée et contant la vie de Jésus (quelques rappels ne font pas de mal pour la culture générale). 


Un petit granité au citron pour reprendre des forces et nous partons à l'assaut de la Scalinata, escalier monumental de 142 marches décorées de céramique et qui fut construit  en 1606 pour relier la ville haute (pouvoir religieux) à la ville basse (pouvoir civil). Quel dommage de ne pas être le jour 24 juillet,  fête de San Giacomo, à l'occasion de laquelle des milliers de photophores sont installés sur les marches offrant un spectacle grandiose. 



Hélas, le temps passe vite et nous ne pourrons pas faire tout ce que nous aurions voulu mais ces quelques heures passées ici nous ont suffi pour apprécier réellement Caltagirone. Le soir, Ignazia, jamais à court de bonnes idées, nous fait découvrir "Mamadia" qui, d'extérieur, ressemble à une banale pizzeria de quartier. Mais à l'intérieur, officie l'homme détenteur du titre de meilleur pizzaiolo du monde obtenu en 2010. Il est vrai que les pizze (une pizza devient pizze au pluriel) sont succulentes. Coup de chapeau à ce monsieur qui a su garder la tête froide et qui a le mérite d'avoir conserver sa pizzeria telle  quelle sans en profiter pour faire flamber les prix. 


Le lendemain, c'est reparti pour une journée de visite : au programme, les villes baroques de Ragusa et Modica puis en fin de journée, nous rejoindrons Tony qui vit à Gela et, pour finir la journée, dîner à bord de Gaia avec toute la troupe. Eh oui, nous n'arrêtons pas ! 

Ragusa est l'une des plus fameuses villes baroques de Sicile et c'est vrai qu'Ibla (la ville ancienne) en impose, ainsi installée sur son éperon rocheux. Nous attaquons l'ascension d'Ibla sous une grosse chaleur déambulant au hasard des petites ruelles tortueuses, le nez en l'air pour admirer les nombreuses façades baroques des bâtiments. Puis c'est l'arrivée à la chiesa San Giorgio qui se dresse fièrement devant nous, sa silhouette majestueuse semblant régner sur la vieille ville. Hélas, elle est fermée (comme ce sera souvent le cas un peu partout) et nous ne pourrons pas en admirer l'intérieur. Face à elle, se dresse la piazza del Duomo et ses élégants palmiers. Ragusa est belle, certes, mais son côté touristique semble lui ôter une partie du charme que nous avons pu apprécier dans des villes telles que Sciacca ou Caltagirone. 




Modica, la ville voisine, si elle est connue pour ses beaux monuments baroques, doit, également, sa réputation à son fameux chocolat au goût si particulier. En plus de savourer cette délicieuse gourmandise, nous avons la chance de pouvoir visiter la chiesa San Giorgio, qui est ouverte en vue de la préparation d'un mariage, magnifique exemple d'architecture baroque. 


La journée passe très vite et nous rejoignons Tony qui veut nous faire faire le tour de sa ville, Gela. Les rues sont noires de monde car c'est la fête aujourd'hui. Tony veut tout nous montrer, on courre un peu dans tous les sens. Il tient surtout à nous faire découvrir le musée archéologique.  Hélas, nous arrivons trop tard, il est fermé. Mais il y a encore le directeur du musée que Tony connait bien (bon, Tony semble connaître tout le monde ici !) et celui-ci propose de nous ouvrir le musée rien que pour nous. Quels veinards, nous pouvons admirer les superbes pièces entreposées en toute tranquillité puisque nous sommes seuls ! Le musée est superbe et recèle de véritables trésors. Puis, nous repartons pour un tour en ville. La journée se termine sur Yvanan, tous ensemble, autour du bon repas préparé par Simona.



C'est la fin de la semaine et la marina s'anime car les siciliens viennent passer le week-end en famille et entre amis sur leur bateau. Nous commençons à bien connaître tout le monde sur le ponton et avons l'impression de faire partie du groupe. Le samedi soir, tout le monde sort, il y a foule et c'est pizza et glace.



Toute la troupe !
Aujourd'hui, dimanche, nous partons pique-niquer (en langage de navigateurs, cela signifie que nous partons faire un mouillage avec, au programme, bain de soleil et baignade) accompagnés des voiliers de Roberto et de David. Dure la vie ! 



Puis, à notre retour, nous accueillons les bateaux copains, "Arnau" et "Liber". Nous sommes super contents d'être tous réunis et c'est une grande fête à bord le soir avec toute la tribu. Ça discute dans tous les sens, en portugais, italien, espagnol et français jusqu'au bout de la nuit. 



L'heure du départ approche. Le temps est passe bien vite et nous devons poursuivre notre route. Un dernier petit tour en ville nous permet de croiser le chemin de ce monsieur dont nous admirons les maquettes. 



Puis, vient la dernière soirée et le moment des  aux-revoirs, toujours un peu tristoune. 
À bientôt les amis, nous nous reverrons on ne sait pas quand ni où mais peu importe. Nous repartons encore plus riches de souvenirs d'amitié partagée. Un grand merci à Simona, Peppe, Ignazia, Tony qui nous ont accueillis les bras ouverts et qui n'ont eu de cesse de de se mettre en quatre pour nous faire plaisir.
Grazie mille a Simona, Peppe, Ignazia, Tony per la vostra amicizia!


Demain, notre destination sera Sciacca.

lundi 23 juin 2014

MARINA DI RAGUSA (du 21 au 22 juin 2014)

Le cap Passero

La marina di Ragusa ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable l'année dernière lors de notre passage. L'ambiance de la marina nous était apparue très snob (bon nombre de gros bateaux battant pavillon maltais, Malte se situant à une cinquantaine de milles d'ici et des équipages pas des plus sympas). 


Si nous retrouvons les mêmes gros bateaux, en revanche, la promenade que nous nous offrons le long de du lungomare (front de mer) est plutôt sympathique. L'ambiance est très familiale, bon nombre de siciliens sont venus passer la journée à la plage car nous sommes samedi. Finalement la petite station balnéaire est animée et je regrette presque de ne pouvoir rester une journée de plus pour mieux découvrir les environs. 




Mais, demain, youpiii !!! Nous retrouvons les copains siciliens.


samedi 21 juin 2014

MARZAMEMI (du 14 au 21 juin 2014)



Si la navigation d'une trentaine de milles jusqu'à Marzamemi se déroule tranquillement, l'arrivée au port avec 20 nœuds de vent est un peu plus sportive. Heureusement, le capitaine connait bien son bateau et nous fait une belle manœuvre. Les ormeggiatori sont d'une efficacité redoutable et à peine le temps de dire bonjour et merci que nous sommes installés. 


Nous retrouvons le yacht-club (qui n'en a que le nom malgré son côté bien sympa) avec plaisir et partons faire un tour du côté du village.


Ce dernier est très mignon avec une belle piazza bordée de vieux bâtiments en pierre conférant à l'ensemble un charme tout sicilien. L'endroit est très touristique et le week-end, les gens des environs débarquent en nombre pour se balader dans le coin. Le reste de la semaine, c'est plutôt calme. 




Dans notre programme, Marzamemi ne doit être qu'une étape de deux ou trois jours sur le trajet nous permettant de rejoindre Licata. Hélas, le temps en décide autrement et nous nous retrouvons bloqués plusieurs jours ici par un fort coup de vent. Bon, l'endroit n'est pas désagréable, nous avons tout ce qu'il faut et nous faisons connaissance avec l'équipage de l'Albatros, Marie et Alain, que nous avions croisés à Preveza (oui, oui, le monde est petit...) et, bien sûr, apéro sur notre bateau puis sur le leur puis... Les jours passent, la météo nous permet, enfin, de partir.


 La prochaine étape est Marina di Ragusa.

dimanche 15 juin 2014

SYRACUSE (du 11 au 14 juin 2014)


L'année dernière, nous avions été épatés par la gentillesse des  siciliens et avions regretté de ne pas avoir pris le temps de mieux découvrir l'île. Quelles seront nos impressions cette année ? Ce qui est sûr, c'est que nous trépignons de joie à l'idée de revoir nos amis siciliens rencontrés à Licata. Mais il va nous falloir patienter encore un peu car nous avons plusieurs étapes avant d'arriver.



Syracuse est une des plus jolies villes de Sicile et c'est un plaisir d'être au mouillage dans cette baie qui a pour toile de fond Ortygie, la vieille ville.
Il y a beaucoup plus de bateaux que l'année dernière mais la baie est grande et il y a largement de la place pour tout le monde. Nous sourions en nous remémorant notre tout premier mouillage que nous avions fait ici. Depuis, les mouillages se sont succédés et ce n'est plus avec la même appréhension que nous effectuons la manœuvre. 
Un peu fatigués par la traversée, nous savourons tranquillement le paysage depuis notre cockpit remettant au lendemain notre excursion à terre. 


Le lendemain de notre arrivée, nous sommes tout excités car nous attendons un bateau copain rencontré cet hiver à Messolonghi, "Arnau" et son équipage brésilien : Laureano et sa femme, Carina, avec leur petite fille Laia qui devraient arriver dans la matinée après une traversée depuis Cephalonia. Il est 10H00  quand nous les apercevons à l'entrée de la baie. C'est un bonheur de les retrouver, et dès l'ancre crochée, c'est avec une bière fraîche que nous célébrons nos retrouvailles (bon, ok, il est un peu tôt mais c'est bien l'heure de prendre l'apéro quelque part dans le monde !). Les heures défilent en papotant gaiement. Cela fait quand même un mois que nous ne nous sommes pas vus, on en a des trucs à se raconter !


En fin de journée, nous décidons de fêter notre arrivée en Sicile en allant dévorer une bonne pizza (qui s'avérera effectivement savoureuse) puis Carina, en bonne brésilienne, nous traîne devant un écran géant installé là à l'occasion du match d'ouverture du Mundial (c'est la seule qui s'intéresse au foot mais on suit en bons copains). 


Le jour suivant, tout le monde est à terre pour parcourir le marché de Syracusa qui est un régal pour les yeux et pour le ventre. Cela nous change de la Grèce et nous avons envie de tout acheter. 




Nous retombons bien vite sous le charme de cette ville mais nous nous étonnons du bruit et de la pollution que nous n'avions pas remarqués l'année dernière. L'air nous semble moins respirable, plus étouffant. Sans nous en rendre compte, nous nous sommes habitués aux petits villages, aux paysages calmes et au grand air de la Grèce. Mais c'est seulement ici que nous nous en faisons la réflexion. Premier changement depuis notre retour...
Demain, nous reprenons la mer en direction de Marzamemi tandis qu'Arnau reste encore quelques jours à Syracuse.