Départ à 7h00 du
matin. On se traîne au moteur et nous sommes à contre-courant, les quarante
milles semblent s'éterniser. Il n'y a pas grand monde sur l'eau ce matin si ce
n'est les pêcheurs et les oiseaux.
Heureusement, un
groupe de dauphins vient égayer notre navigation. Quel joie de les revoir, cela
faisait un long moment que nous n'avions pas eu l'occasion de les admirer car
ils sont rares en Grèce.
À l'approche de
Licata, nous rejoignons nos amis qui sont au mouillage. Nous ancrons et ce sont
les retrouvailles avec Peppe et Andrea qui arrivent en annexe à bord. Mais nous
avons, aussi, hâte de serrer dans nos bras Simona, Ignazia et Tony et nous
repartons aussitôt en direction de la marina (on se prend un casier au moment
de lever l'ancre ! Ben mince, nous qui avions réussi à les éviter en Grèce,
voilà qu'on s'en chope un ici !).
L'arrivée à
la marina de Licata est telle que nous l'avions imaginée : Tony nous accueille
en musique et sitôt le bateau amarré, nous sautons dans les bras les uns des
autres. Un an quasiment jour pour jour, nous les quittions après avoir passé
quatre jours avec ces gens que nous ne connaissions pas. En partant, nous leur
avions promis de revenir les voir. Nous sommes restés en contact toute l'année
et promesse tenue, nous revoici. Nous sommes étonnés de constater à quel point
nous nous étions attachés les uns aux autres si rapidement mais, parfois, les
amitiés n'ont pas forcément besoin de beaucoup de temps pour se former. Et nous
les retrouvons comme si nous nous étions quittés la veille. Le soir, c'est fête
à bord de "Gaia", ça y est, le grand tour de la gastronomie
sicilienne recommence (ce qui m'avait valu de prendre quelques kilos l'année
dernière !). En plus, c'est l'anniversaire de Tony !
Dans la semaine,
nos amis travaillent et nous décidons de louer une voiture pour visiter
différents endroits. La location de la voiture est des plus rocambolesques.
L'office du tourisme nous indique un loueur de voitures local (probablement le
copain du cousin de la sœur de...) au prix bien plus attractif que la location
proposée par la marina. Nous voyons arriver une vieille Fiat grise que l'on
soupçonne être la voiture familiale (200 000 km au compteur). Nous, du moment
qu'elle fonctionne... Eh bien, le hic, c'est qu'au moment de démarrer, il ne se
passe rien. La batterie est morte ! Ça commence bien. Le loueur revient avec
une batterie neuve, nous la change et nous voilà partis une bonne heure plus
tard (au final, la voiture tiendra le choc on ne sait comment mais avec des
grincements de plus en plus inquiétants au fur et à mesure des deux jours).
Pour cette première
journée, nous partons visiter la Villa romana di Casale découverte en 1929 et
qui contient pas moins de 3500 mètres carrés de mosaïques, datant, pour
l'essentiel, du IVème siècle après JC et, pour la plupart dans un état de
conservation incroyable. Chaque pièce témoigne des mœurs et traditions de l'époque
et la visite se révèle véritablement passionnante. Heureusement d'ailleurs car
il semblerait qu'il y ait eu une petite flambée des prix pour ce site, soit 14
euros par personne (à ce prix-là, pas de sourire, pas de guide et pas de plan)
sans compter le parking (1€/heure), mêmes les toilettes sont payantes ! Mais,
franchement, cela vaut la peine.
Puis, nous prenons
les petites routes pour rejoindre Caltagirone où nous devons retrouver Ignazia
qui habite là et qui s'est gentiment proposée pour nous servir de guide. En
fait, c'est son fils, Salvatore, qui vient à notre rencontre et commence à nous
conter l'histoire de sa ville. Travaillant à l'office de tourisme, nous sentons
à travers ses explications son amour pour Caltagirone. Nous tombons rapidement
sous le charme en nous baladant dans le centre historique affichant de
nombreuses églises et façades baroques. Capitale de la céramique, celle-ci se
retrouve un peu partout et les ateliers sont nombreux. Ignazia veut tout nous
faire découvrir. Elle nous emmène au monastère des Capucins, seul bâtiment à ne
pas s'être écroulé lors du terrible tremblement de terre de 1693. Une
charmante dame nous reçoit et nous sert de guide. Bien que peu sensible à la
religion, cette visite nous permet d'apprécier de belles et étonnantes pièces
tel qu'un tabernacle en écaille de tortue et en cyprès ou encore, une copie du
linceul de Turin pour finir par une crèche intelligemment animée et contant la
vie de Jésus (quelques rappels ne font pas de mal pour la culture générale).
Un petit granité au
citron pour reprendre des forces et nous partons à l'assaut de la Scalinata,
escalier monumental de 142 marches décorées de céramique et qui fut construit en
1606 pour relier la ville haute (pouvoir religieux) à la ville basse (pouvoir
civil). Quel dommage de ne pas être le jour 24 juillet, fête de San
Giacomo, à l'occasion de laquelle des milliers de photophores sont installés
sur les marches offrant un spectacle grandiose.
Hélas, le temps
passe vite et nous ne pourrons pas faire tout ce que nous aurions voulu mais
ces quelques heures passées ici nous ont suffi pour apprécier réellement
Caltagirone. Le soir, Ignazia, jamais à court de bonnes idées, nous fait découvrir
"Mamadia" qui, d'extérieur, ressemble à une banale pizzeria de
quartier. Mais à l'intérieur, officie l'homme détenteur du titre de meilleur
pizzaiolo du monde obtenu en 2010. Il est vrai que les pizze (une pizza devient
pizze au pluriel) sont succulentes. Coup de chapeau à ce monsieur qui a su
garder la tête froide et qui a le mérite d'avoir conserver sa pizzeria telle quelle
sans en profiter pour faire flamber les prix.
Le lendemain, c'est
reparti pour une journée de visite : au programme, les villes baroques de
Ragusa et Modica puis en fin de journée, nous rejoindrons Tony qui vit à Gela
et, pour finir la journée, dîner à bord de Gaia avec toute la troupe. Eh oui,
nous n'arrêtons pas !
Ragusa est l'une
des plus fameuses villes baroques de Sicile et c'est vrai qu'Ibla (la ville
ancienne) en impose, ainsi installée sur son éperon rocheux. Nous attaquons
l'ascension d'Ibla sous une grosse chaleur déambulant au hasard des petites
ruelles tortueuses, le nez en l'air pour admirer les nombreuses façades
baroques des bâtiments. Puis c'est l'arrivée à la chiesa San Giorgio qui se
dresse fièrement devant nous, sa silhouette majestueuse semblant régner sur la
vieille ville. Hélas, elle est fermée (comme ce sera souvent le cas un peu
partout) et nous ne pourrons pas en admirer l'intérieur. Face à elle, se dresse
la piazza del Duomo et ses élégants palmiers. Ragusa est belle, certes, mais son
côté touristique semble lui ôter une partie du charme que nous avons pu apprécier
dans des villes telles que Sciacca ou Caltagirone.
Modica, la ville
voisine, si elle est connue pour ses beaux monuments baroques, doit, également,
sa réputation à son fameux chocolat au goût si particulier. En plus de savourer
cette délicieuse gourmandise, nous avons la chance de pouvoir visiter la chiesa
San Giorgio, qui est ouverte en vue de la préparation d'un mariage, magnifique
exemple d'architecture baroque.
La journée passe très
vite et nous rejoignons Tony qui veut nous faire faire le tour de sa ville,
Gela. Les rues sont noires de monde car c'est la fête aujourd'hui. Tony veut
tout nous montrer, on courre un peu dans tous les sens. Il tient surtout à nous
faire découvrir le musée archéologique. Hélas, nous arrivons trop tard,
il est fermé. Mais il y a encore le directeur du musée que Tony connait bien
(bon, Tony semble connaître tout le monde ici !) et celui-ci propose de nous
ouvrir le musée rien que pour nous. Quels veinards, nous pouvons admirer les
superbes pièces entreposées en toute tranquillité puisque nous sommes seuls !
Le musée est superbe et recèle de véritables trésors. Puis, nous repartons pour
un tour en ville. La journée se termine sur Yvanan, tous ensemble, autour du bon repas préparé par Simona.
C'est la fin de la
semaine et la marina s'anime car les siciliens viennent passer le week-end en
famille et entre amis sur leur bateau. Nous commençons à bien connaître tout le
monde sur le ponton et avons l'impression de faire partie du groupe. Le samedi
soir, tout le monde sort, il y a foule et c'est pizza et glace.
![]() |
| Toute la troupe ! |
Aujourd'hui,
dimanche, nous partons pique-niquer (en langage de navigateurs, cela signifie
que nous partons faire un mouillage avec, au programme, bain de soleil et
baignade) accompagnés des voiliers de Roberto et de David. Dure la vie !
Puis, à notre
retour, nous accueillons les bateaux copains, "Arnau" et
"Liber". Nous sommes super contents d'être tous réunis et c'est une
grande fête à bord le soir avec toute la tribu. Ça discute dans tous les sens,
en portugais, italien, espagnol et français jusqu'au bout de la nuit.
L'heure du départ
approche. Le temps est passe bien vite et nous devons poursuivre notre route. Un
dernier petit tour en ville nous permet de croiser le chemin de ce monsieur
dont nous admirons les maquettes.
Puis, vient la
dernière soirée et le moment des aux-revoirs, toujours un peu tristoune.
À bientôt les amis,
nous nous reverrons on ne sait pas quand ni où mais peu importe. Nous repartons
encore plus riches de souvenirs d'amitié partagée. Un grand merci à Simona,
Peppe, Ignazia, Tony qui nous ont accueillis les bras ouverts et qui n'ont eu
de cesse de de se mettre en quatre pour nous faire plaisir.
Grazie mille a Simona, Peppe, Ignazia, Tony per la vostra amicizia!
Demain, notre
destination sera Sciacca.





































Buongiorno,
RépondreSupprimerMerci encore, c'est toujours un plaisir de savoir que vous suivez notre aventure. C'est vrai que le fait d'arriver par la mer et de pouvoir vivre un certain temps parmi les locaux nous permet d'avoir une expèrience différente. Et vous, c'était comment les vacances ?
Bises à vous deux,
Muriel et Martin