samedi 27 avril 2013

FORMENTERA (du 22 mars au 22 avril 2013)



Après une dernière consultation, la météo nous confirme une navigation au portant tout du long. Les prévisions annoncent des vents un peu plus forts que la veille pour la nuit. En moyenne, force 4 avec rafales à 6 beaufort (échelle de force du vent) avec une couverture nuageuse élevée bien qu’assez épaisse, mais surtout, sans précipitation. Muriel est un peu inquiète, mais reste confiante dans l’ensemble.


Nous appareillons à 14h40 au départ de Santa Pola et commençons notre traversée, d’une centaine de milles nautiques, vers l’île de Formentera aux Baléares que nous devrions atteindre dans la matinée du lendemain. La mer est peu agitée avec quelques moutons (écume) et une belle houle de travers.

L'île de Tabarca
Nous approchons au moteur de l’île de Tabarca, en face de Santa Pola, et contrairement aux prévisions météo, nous avons un vent de face. Une heure après, le vent commence à tomber légèrement, mais tourne enfin et nous hissons les voiles pour avancer à 5 nœuds au travers.


Le vent tombe complètement, mais la houle de travers est toujours bien là, ballotant Yvanan dans tous les sens, ce qui commence à incommoder Muriel. Nous nous résignons à rallumer le moteur alors que la nuit tombe, nous offrant un beau coucher de soleil.



Il fait déjà nuit noire à 21h14, quand nous passons à l’Est, laissant le méridien de Greenwich dans notre sillage.


Nous voyons quelques cargos sur notre tribord que je surveille attentivement, devant traverser leur couloir le plus perpendiculairement possible. La pluie fait son apparition et nous devons faire route toute la nuit au moteur, « à l’abri » des capuches de nos vestes de quart.

Muriel qui reste dans le cockpit pour me tenir compagnie, somnole, tourmentée par ce fichu mal de mer qui ne veut pas la quitter, alors que je profite de la beauté de la nuit en mer. Notre pauvre anémomètre ira jusqu’à nous indiquer 0,2 nœuds de vent réel… au lieu des rafales de 22 à 27 annoncées.
À 3h00, sur tribord, j’aperçois quelque chose « bouger » dans l’eau. Je me penche au dessus des filières pour découvrir qu’il s’agit d’un groupe de dauphins tous verts, éclairés par les feux de navigation (vert sur tribord, donc), nageant nonchalamment à côté d’Yvanan.

Il pleut toujours, quand, vers 5h00 du matin, un petit oiseau, perdu en mer, vient se poser sur le portique. Il est trempé, les plumes tout ébouriffées sur sa petite tête et paraît épuisé. Il repère la descente (entrée du bateau) et s’y engouffre, volant jusqu’à la cabine avant. Nous espérons qu’il pourra s’y reposer et repartir plus tard.
Le jour se lève sous un ciel très couvert et nous apercevons les côtes de Formentera et d’Ibiza.




À midi, nous entrons dans le port de La Savina à Formentera et nous amarrons au ponton essence pour y faire le plein après cette laborieuse navigation au moteur et sous une pluie qui n’aura cessé qu’au matin. Tout à coup, notre petit hôte à plumes, ravigoté, sort du bateau.
Nous nous dirigeons ensuite vers la capitainerie pour les formalités habituelles. On nous indique notre place qui nous paraît très étroite, mais on nous assure que l’on est sensés y rentrer « à l’aise ». Je rentre dans la darse en marche arrière et me présente devant notre place. En fait, elle est si étroite que Muriel doit aider nos pare-battes à passer par dessus ceux des bateaux voisins pour nous faufiler. Nous réussissons néanmoins notre manœuvre du premier coup, récoltant les félicitations du voisin qui observait de l’autre côté du ponton.



Nous faisons connaissance avec le voisin qui nous avait vus arriver, Ludovic, un français qui vit avec un ami sur un vieux bateau en bois. Nous apprenons qu’il s’agit d’un Camper & Nicholson de 1950, « Spirit of Yeoman III », qui a remporté la Fastnet en 1951.

http://yachts-ibiza.com/sailing/camper-nicholson-1950/

Le port est agréable et nous partons dès le lendemain à la découverte de l’île.



Formentera est la plus petite des îles des Baléares et forme, avec Ibiza, les îles Pityuses. D’une longueur de 19 km, c’est la plus préservée grâce aux efforts constants de ses habitants (10 000 habitants contre 45 000 en été) qui se battent contre toute urbanisation excessive.
Quelques photos valant mieux qu’un long discours, nous vous laissons vous rendre compte par vous même de la beauté des lieux.

Les plages d'Illetes








Cala Saona





Une faune et une flore riches et variées



La Posidonia, fleur marine, véritable poumon de la Méditerranée qui rend les eaux de Formentera si translucides. 
Le symbole des Baléares
Un requin de profondeur, involontairement pris dans les filets des pêcheurs puis relâché est finalement venu s'échouer dans la lagune.

Sant Francesc Xavier, appelée la "Capitale"




Le phare et le moulin de La Mola




Une régate a lieu le week end suivant et nous devons déplacer Yvanan le long d’un quai. Les participants à la régate arrivent au fur et à mesure avec toutes sortes d’équipages, plus ou moins à l’aise et respectueux de leurs bateaux et des autres occupants du port. Les voiliers, probablement loués, ont pour la plupart des voiles Dacron très chères et flambant neuves qui sont vite fait ficelées en tas. Ludovic ne les considère pas comme des voileux et les appelle les « régateux ».

À noter au premier plan le "rangement" des voiles.
Muriel devant se rendre en France une dizaine de jours, je reste sur place pour veiller sur Yvanan.
Le ferry qui emmène Muriel vers l'aéroport d'Ibiza
À son retour, nous préparons notre départ vers Ibiza.

Bye bye Puerto Savina !
Prochaine étape : Santa Eulalia, sur l’île d’Ibiza.

lundi 25 mars 2013

SAN PEDRO DEL PINATAR & SANTA POLA (du 15 au 22 mars)

Le passage du Cabo de Palos


Yvanan au ponton de San Pedro del Pinatar

Après une courte escale à San Pedro Del Pinatar situé à 35 milles de Cartagena et où nous passerons, enfin, une très bonne nuit, nous débarquons à Santa Pola après une navigation sans souci.


Les fermes marines à l'approche de Santa Pola

Située à une vingtaine de kilomètres au sud d'Alicante, la ville conserve le charme de son port de pêche et la marina Miramar est la plus confortable que nous ayons eue depuis notre départ.




Nous profitons de la quiétude des lieux pour…

… nous balader vers les salines également réserve ornithologique où nous avons la chance d'apercevoir les flamands roses,


savourer de goûteuses tapas au bord de l'eau et,


faire la fiesta sur Yvanan (euh oui, nous ne sommes que tous les deux et alors ? pas besoin d'invités pour faire une petite soirée cocktail après tout !)


L'aquarium se situant sur le port, nous ne résistons pas à l'envie d'aller y faire un petit tour pour observer la faune marine présente dans la baie de Santa Pola. Bien que petit, l'aquarium n'en est pas moins riche et très bien documenté  et nous passons un bon moment à observer balistes, mérous, raies, hippocampes, pieuvres...




Le temps passe vite ici tellement nous nous y sentons bien mais il nous faut avancer car nous avons bien d'autres endroits à découvrir.
La météo étant favorable pour une traversée jusqu'aux Baléares, nous décidons de modifier notre projet initial qui était de remonter un peu plus au nord jusqu'à Moraira pour rejoindre ensuite Formentera en une journée. Partir de Santa Pola suppose une navigation de nuit et l'idée ne m'enchante guère de prime abord. Mais les conditions sont réunies pour une traversée tranquille à savoir un vent ni trop faible ni trop fort, au portant (vent arrière) et, de toute façon, cela me fera un premier entraînement avant d'attaquer la traversée jusqu'à la Sardaigne qui, elle, sera de trois jours.
C'est décidé, nous partons le vendredi 22 mars pour rejoindre les Baléares et, plus précisément, l'île de Formentera située à 100 milles environ.
Vendredi matin, nous nous préparons sereinement et joyeusement car c'est l'anniversaire du capitaine aujourd'hui et il est tout heureux de fêter cet événement en pleine mer.


Prochaine étape : Formentera

lundi 18 mars 2013

CARTAGENA (du 10 mars au 15 mars 2013)



7h00 du matin, nous entamons notre navigation en direction de Cartagena pour une distance de 35 milles. Profitant du merveilleux lever de soleil, nous voguons tranquillement en attendant le vent de force 4 promis par la météo (mais qui n'arrivera pas évidemment). Pas de dauphins en vue cette fois mais nous avons la chance d'apercevoir un poisson lune que nous n'aurons, malheureusement, pas le temps de photographier.




Notre arrivée dans la baie de Cartagena est tranquille, comme nous sommes dimanche, le trafic de cargos est peu dense. Le port est doté de deux marinas : le club nautico à bâbord et le yacht club à tribord. Nous optons pour ce dernier motivés par les catways que nous sommes très heureux de retrouver, pensant bénéficier ainsi d'un plus grand confort (oh combien nous avions tort !). Le vent s'est levé (les prévisions météo étaient justes mais avec une demi-journée de retard seulement) et un fort courant chahute Yvanan et nous avec. Ce n'est pas grave, ça ira mieux demain. L'après-midi est déjà bien avancé mais nous ne résistons pas à aller faire un petit tour de reconnaissance de la ville. Nous commençons par traverser le campus universitaire (école polytechnique omniprésente) avant de nous diriger vers la vieille ville, ses petites ruelles, ses rues piétonnes bordées de magnifiques  immeubles et de nombreux commerces dans une ambiance de grande ville que nous n'avions pas côtoyée depuis longtemps. C'est plaisant de retrouver cette animation surtout en fin de journée quand les espagnols s'attardent aux terrasses des cafés pour discuter.

La magnifique mairie



Les petites bodegas...
où nous faisons nos pauses...
et profitons des tapas !
Cartagena est une ville de plus de 2500 ans d'existence qui offre au visiteur de nombreux témoignages de son histoire et des civilisations qui arrivèrent ici par la voie maritime : les remparts qui délimitent la vieille ville et portent le nom de Muralla Del Mar, le théâtre romain   ou encore le château de la conception, l'arsenal militaire... C'est sûr, les visites ne manquent pas. Nous commençons par la découverte du musée national d'archéologie sous-marine. C'est un véritable voyage à travers l'histoire, le commerce et le trafic maritimes avec d'impressionnantes reproductions d'anciennes embarcations. Le musée est très didactique et nous apprenons un tas de choses non seulement sur l'évolution de la ville de Cartagena indissociablement liée à la mer mais aussi sur les fouilles archéologiques elles-mêmes et les travaux minutieux réalisés sur les objets en vue de leur sauvegarde. Un musée à ne pas manquer si vous êtes un jour dans les parages.



Nous poursuivons nos visites par la découverte  du théâtre romain, l'un des plus importants d'Espagne. Construit  entre le Ve et le Ier siècles av JC, il ne fut découvert qu'en 1987. Avec une capacité d'accueil de plus de 6000 personnes, une scène de 43 mètres de long, il joua un rôle majeur sous l'empire romain.




Nous étions, aussi, très curieux de découvrir le sous-marin Peral du nom de son inventeur Isaac Peral natif de Cartagena et qui créa le premier sous marin torpilleur en 1888. Voici ce que nous avons vu : mince, ils ont volé le sous marin !

En réalité, le sous-marin est en restauration

Voici ce que nous aurions du voir :


Si la ville de Cartagena mérite un séjour prolongé de par la richesse de ses monuments et de ses musées, le port, en revanche, nous laissera un souvenir des plus "remuant". En effet, durant notre séjour, nous serons ballotés inlassablement par un fort courant qui n'aura de cesse de nous bousculer et de faire grincer les amarres en permanence malgré les nombreux réglages que Martin tentera plusieurs fois par jour.

Molly, une belle anglaise invitée à bord

Quelques jours plus tard, il est l'heure pour nous de reprendre la mer.


Prochaine étape : San Pedro Del Pinatar et Santa Pola