Après une dernière consultation, la météo nous confirme une
navigation au portant tout du long. Les prévisions annoncent des vents un peu
plus forts que la veille pour la nuit. En moyenne, force 4 avec rafales à 6
beaufort (échelle de force du vent) avec une couverture nuageuse élevée bien qu’assez
épaisse, mais surtout, sans précipitation. Muriel est un peu inquiète, mais
reste confiante dans l’ensemble.
Nous appareillons à 14h40 au départ de Santa Pola et commençons
notre traversée, d’une centaine de milles nautiques, vers l’île de Formentera
aux Baléares que nous devrions atteindre dans la matinée du lendemain. La mer est
peu agitée avec quelques moutons (écume) et une belle houle de travers.
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| L'île de Tabarca |
Nous approchons au moteur de l’île de Tabarca, en face de Santa
Pola, et contrairement aux prévisions météo, nous avons un vent de face. Une
heure après, le vent commence à tomber légèrement, mais tourne enfin et nous
hissons les voiles pour avancer à 5 nœuds au travers.
Le vent tombe complètement, mais la houle de travers est toujours
bien là, ballotant Yvanan dans tous les sens, ce qui commence à incommoder
Muriel. Nous nous résignons à rallumer le moteur alors que la nuit tombe, nous
offrant un beau coucher de soleil.
Il fait déjà nuit noire à 21h14, quand nous passons à l’Est,
laissant le méridien de Greenwich dans notre sillage.
Nous voyons quelques cargos sur notre tribord que je surveille
attentivement, devant traverser leur couloir le plus perpendiculairement possible.
La pluie fait son apparition et nous devons faire route toute la nuit au
moteur, « à l’abri » des capuches de nos vestes de quart.
Muriel qui reste dans le cockpit pour me tenir compagnie, somnole,
tourmentée par ce fichu mal de mer qui ne veut pas la quitter, alors que je
profite de la beauté de la nuit en mer. Notre pauvre anémomètre ira jusqu’à
nous indiquer 0,2 nœuds de vent réel… au lieu des rafales de 22 à 27 annoncées.
À 3h00, sur tribord, j’aperçois quelque chose « bouger »
dans l’eau. Je me penche au dessus des filières pour découvrir qu’il s’agit
d’un groupe de dauphins tous verts, éclairés par les feux de navigation (vert
sur tribord, donc), nageant nonchalamment à côté d’Yvanan.
Il pleut toujours, quand, vers 5h00 du matin, un petit oiseau,
perdu en mer, vient se poser sur le portique. Il est trempé, les plumes tout
ébouriffées sur sa petite tête et paraît épuisé. Il repère la descente (entrée
du bateau) et s’y engouffre, volant jusqu’à la cabine avant. Nous espérons qu’il
pourra s’y reposer et repartir plus tard.
Le jour se lève sous un ciel très couvert et nous apercevons les côtes
de Formentera et d’Ibiza.
À midi, nous entrons dans le port de La Savina à Formentera et
nous amarrons au ponton essence pour y faire le plein après cette laborieuse
navigation au moteur et sous une pluie qui n’aura cessé qu’au matin. Tout à
coup, notre petit hôte à plumes, ravigoté, sort du bateau.
Nous nous dirigeons ensuite vers la capitainerie pour les
formalités habituelles. On nous indique notre place qui nous paraît très
étroite, mais on nous assure que l’on est sensés y rentrer « à
l’aise ». Je rentre dans la darse en marche arrière et me présente devant
notre place. En fait, elle est si étroite que Muriel doit aider nos pare-battes
à passer par dessus ceux des bateaux voisins pour nous faufiler. Nous
réussissons néanmoins notre manœuvre du premier coup, récoltant les
félicitations du voisin qui observait de l’autre côté du ponton.
Nous faisons connaissance avec le voisin qui nous avait vus
arriver, Ludovic, un français qui vit avec un ami sur un vieux bateau en bois.
Nous apprenons qu’il s’agit d’un Camper & Nicholson de 1950, « Spirit
of Yeoman III », qui a remporté la Fastnet en 1951.
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| http://yachts-ibiza.com/sailing/camper-nicholson-1950/ |
Le port est agréable et nous partons dès le lendemain à la
découverte de l’île.
Formentera est la plus petite des îles des Baléares et forme, avec
Ibiza, les îles Pityuses. D’une longueur de 19 km, c’est la plus préservée
grâce aux efforts constants de ses habitants (10 000 habitants contre 45 000 en
été) qui se battent contre toute urbanisation excessive.
Quelques photos valant mieux qu’un long discours, nous vous
laissons vous rendre compte par vous même de la beauté des lieux.
Les plages d'Illetes
Cala Saona
Une faune et une flore riches et variées
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| La Posidonia, fleur marine, véritable poumon de la Méditerranée qui rend les eaux de Formentera si translucides. |
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| Le symbole des Baléares |
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| Un requin de profondeur, involontairement pris dans les filets des pêcheurs puis relâché est finalement venu s'échouer dans la lagune. |
Sant Francesc Xavier, appelée la "Capitale"
Le phare et le moulin de La Mola
Une régate a lieu le week end suivant et nous devons déplacer
Yvanan le long d’un quai. Les participants à la régate arrivent au fur et à
mesure avec toutes sortes d’équipages, plus ou moins à l’aise et respectueux de
leurs bateaux et des autres occupants du port. Les voiliers, probablement
loués, ont pour la plupart des voiles Dacron très chères et flambant neuves qui
sont vite fait ficelées en tas. Ludovic ne les considère pas comme des voileux
et les appelle les « régateux ».
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| À noter au premier plan le "rangement" des voiles. |
Muriel devant se rendre en France une dizaine de jours, je reste
sur place pour veiller sur Yvanan.
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| Le ferry qui emmène Muriel vers l'aéroport d'Ibiza |
À son retour, nous préparons notre départ vers Ibiza.
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| Bye bye Puerto Savina ! |
Prochaine étape : Santa Eulalia, sur l’île d’Ibiza.









































Salut les marins, ici les Gothor (tour de méditerranée 2010), quel plaisir et quelle évasion de lire votre blog. J'avais un peu de retard et chaque matin et soir dans le bus je m'empressais de vous lire. C'est fou comme j'ai navigué avec vous !!!! Merci de me faire revivre toutes ces émotions.
RépondreSupprimerAlors je vous supplie de continuer a écrire en vous souhaitant bon vent.
Bonjour les Gothor,
Supprimernous sommes très heureux que vous suiviez et appréciez notre voyage, d'autant plus que nous avions pris beaucoup de plaisir à lire votre blog qui nous a bien aidés et motivés lors de la préparation de notre départ. Si cela vous tente, vous êtes, sincèrement, les bienvenus à bord (ainsi que Spoon évidemment) quand vous voulez.
Amicalement
Merci beaucoup pour l'invitation.
SupprimerNous sommes actuellement en plein projet de construction maison bois et bioclimatique en bons écologistes que nous sommes devenus grâce a ce voyage en accord avec la nature.
Alors nous sommes très occupés mais nous gardons l'invitation dans un coin de tête en cas de besoin d'évasion !
Bonne continuation à vous et PROFITEZ !!!
C'est un merveilleux projet que vous avez là !
RépondreSupprimerBonne continuation et à bientôt.