Il est six heures du matin, et, après une dizaine de jours à
attendre une météo favorable, nous larguons les amarres du port de Marsala, sur
la côte ouest de la Sicile, pour la traversée vers la Sardaigne. Il y a environ
160 miles à parcourir.
Une très large dépression (60 miles nautiques de longueur
d’après la carte météo) est annoncée pour la fin de la traversée, mais en
tirant un peu vers le nord, nous devrions l’éviter sans souci.
Nous avons plus d’un nœud et demi de courant à contre et pas
de vent et nous avançons péniblement. Une fois dépassée Marettimo, l’île la
plus occidentale de la Sicile, nous sortons de sa protection pour pouvoir
profiter d’un bon vent de 16 à 18 nœuds.
Nous éteignons enfin le moteur et envoyons toute la toile.
Je prends la barre, par plaisir et parce que Charlie, notre pilote auto, a un
peu de mal à gérer la houle de travers. Yvanan se comporte merveilleusement et
file à plus de six nœuds. Nous savourons ces quelques heures de bonheur à la
voile.
Après des rafales à 20 nœuds, le vent se calme pour
descendre jusqu’à 6 nœuds. Le génois faseyant, je décide de l’enrouler. C’est à
ce moment que je remarque qu’il s’est décousu sur un mètre le long de la bande
UV, coup dur !
Le soleil couché, nous espérons que le vent se lève comme les prévisions l’avaient annoncé.
Vers 21 heures, l’immense masse nuageuse que nous apercevions depuis un moment
se dessine très distinctement devant nous… avec près de 24 heures
d’avance ! Au lieu de mettre du nord dans notre route, nous descendons
vers le sud pour tenter de contourner cet orage. Bien qu’effrayant, le
spectacle qui s’offre sur notre tribord est superbe : toute la nuit, une
série d’éclairs de toutes tailles et formes va éclairer le ciel.
Le vent restera calme avec de rares rafales à maxi 20 nœuds
et la perturbation semble être passée devant nous.
Le souci est qu’un autre orage arrive sur notre bâbord. Nous
nous sentons tout petits et parvenons à nous faufiler dans un étroit couloir
entre les deux orages, avec comme guide, une mince bande de ciel étoilé. Nous
avançons sous nos étoiles, avec de chaque côté, un festival d’éclairs plus
impressionnants les uns que les autres. L’idée de dormir ne nous effleurera
même pas… ni celle de prendre des photos d’ailleurs, dommage.
La matinée presque sans vent nous amènera une forte houle et
nous n’avançons qu’avec la grand-voile et au moteur, car je n’ose pas renvoyer
le génois décousu.
Nous passons le cap Carbonara puis entrons dans son golfe,
pour jeter l’ancre dans la baie de Villasimius. L’endroit est bondé de bateaux
de toutes sortes, voiliers, moteurs, barquettes, mouillés là pour la journée.
Nous parvenons à trouver une petite zone vide, juste à côté d’Arnau qui est
arrivé deux heures avant nous. Ils auront assisté au même spectacle d’orages et
suivi la même route que nous.
Nous aurons mis 34 heures pour parcourir 165 milles.
Nous mettons l’annexe à l’eau et allons échanger avec eux
nos impressions autour d’une bière bien fraiche.
La plupart des bateaux au mouillage rentrent à la marina
après une navigation d’au moins… 500 mètres ! Avec quelques autres
voiliers, nous restons là pour la nuit.
Belle Sardaigne, nous revoilà !






Buongiorno Marie,
RépondreSupprimertoujours grande voyageuse, à ce que je vois !! Vivement Noël !
De notre côté, nous continuons avancer et tentons de nous mettre à jour nos articles.
Nous t'embrassons bien fort !
Muremar