Le jour du départ de Grèce est arrivé. C’est
300 milles nautiques à parcourir qui nous attendent et c’est pour Muriel sa
plus longue traversée depuis le début de notre voyage… Ouuuuh, qu’elle est
contente !
Huit heures du matin, nous larguons les
amarres de la marina de Préveza, quittant ainsi le sol de la Grèce, que nous
aimons tant. Merci encore à ce pays et à ses habitants qui nous ont permis de
passer de si merveilleux moments.
Les prévisions météo nous annoncent un vent
nord/nord-est de force 4, ce qui nous permettrait de naviguer au travers.
Une demi heure pour atteindre les deux
dernières bouées du chenal de Préveza, le GPS nous estime une traversée de plus
de cinquante heures.
Quelques dauphins viennent nous souhaiter bon
vent, lequel tarde à se lever. Dans l’après midi, le vent se lève enfin,
jusqu’à 18 nœuds et aidés d’un fort courant, nous filons à toute vitesse,
devant même réduire la voilure.
En fin d’après midi, une bonne houle commence
à se lever, allant jusqu’à atteindre deux mètres de hauteur et nous poussant la
poupe par tribord : « Charlie », notre pilote automatique, et
Muriel, n’apprécient pas trop.
C’est alors que nous captons une partie d’une
communication à la VHF. Nous entendons, avec pas mal d’interférences les gardes-côtes grecs qui tentent d’assister un voilier français qui aurait lancé un
appel de détresse. D’après ce que nous déchiffrons, il n’y aurait pas de blessé
à bord mais le bateau aurait une entrée d’eau importante. L’échange radio dure
quelques heures et nous scrutons l’horizon pour tenter de l’apercevoir afin de
lui porter secours. Nous recevons enfin sa position – à 8 milles au nord de la
nôtre –lorsqu’il est rejoint par un navire qui prend l’équipage à son bord. Le
bateau, non remorquable en raison
de l’état de la mer, est abandonné. Nous apprendrons plus tard que le bateau n’a
pu être retrouvé. Ces événements ne rassurent pas Muriel tandis
que la houle et le vent forcissent encore. Je réduis encore la voilure et en
profite pour somnoler deux heures avant que le soleil ne se couche. Pendant la
nuit, le vent augmentera et nous infligera même des rafales à 28 nœuds.
Au matin, le vent descend à 4 Beaufort et la
deuxième journée se passe plus calmement, suivie par la deuxième nuit, à un
petit force 3.
Nous établissons des quarts de 2 heures et,
pendant que je dors après le lever du soleil, Muriel, toute fraîche, s’amuse à
faire des « selfies ».
À 9 heures, le troisième jour, nous ne sommes
plus qu’à 30 milles nautiques de Syracuse, mais la terre reste invisible,
cachée dans la brume.
Le vent faiblit encore et nous progressons au
près avec le soutien du moteur qui accentue le vent apparent.
Enfin, la terre se dessine et il est temps
d’envoyer le pavillon de courtoisie italien en lieu et place du grec, avec un
pincement au cœur… « séquence émotion ».
Nous entrons dans la baie de Syracuse et jetons l’ancre à peu près au même endroit que l’année dernière où nous nous étions essayés à notre premier mouillage.
Sicile, nous
revoilà !











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