Départ de Messolonghi pour Ithaque… Le 21 mai …
C’est sous
le soleil que nous quittons Messolonghi après plusieurs mois d’hivernage. Un
brin nostalgique, nous nous rendons compte à quel point notre hiver fut
agréable ici tant au niveau de l’ambiance de la marina que de l’accueil des
habitants de la ville (hier encore, la marchande du kiosque à qui nous disions
au revoir nous remerciait d’avoir passé l’hiver ici en nous souhaitant bon
voyage).
Mais nous
sommes surtout très excités à l’idée de reprendre la mer. Nous larguons les
amarres, empruntons le chenal, salués une dernière fois par la tortue, emblème
de la lagune et c’est parti pour une navigation de 45 milles pour rejoindre
l’île d’Ithaque.
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| On ne voit pas trop bien mais on vous jure que c'est une tortue ! |
Les réflexes
reviennent vite et nous savourons le plaisir de voguer, à nouveau, avec pour
toile de fond les magnifiques paysages des îles ioniennes. Hélas, il y a pétole
(absence de vent) et nous ne pouvons même pas faire semblant de hisser les
voiles ! Aucun problème du côté d’Yvanan qui se comporte parfaitement.
Ithaque se
dessine bien vite à l’horizon et nous hésitons quant à l’endroit du mouillage.
Nous avions repéré un petit endroit sympa, aux eaux translucides, nommé
« Sarakiniko » mais, à l’approche, nous nous apercevons que nous ne
sommes pas les seuls à avoir eu l’idée. Nous sommes étonnés de voir autant de
bateaux sur l’eau, signe que la saison a bel et bien commencé. Ce n’est pas
grave, nous changeons de cap, direction la baie de Vathi qui nous
avait tellement plu la dernière fois. Nous ancrons sans problème dans la partie
nord-est de la baie où nous sommes seuls (les autres préférant mouiller au plus
proche de la ville). C’est le pied ! La petite brise du soir se calme peu
à peu et nous savourons la quiétude du mouillage. La météo étant favorable,
nous décidons de poursuivre notre chemin dès demain en direction de l’île de
Lefkadas.
Au mouillage à Vlikho
(Lefkadas)… Du 21 au 26 mai…
Profitant pleinement de l’endroit, nous prenons notre petit-déjeuner
dans le cockpit sans nous presser.
La journée promet d’être magnifique, le soleil chauffe déjà mais
modérément. Nous levons l’ancre pour Lefkadas situé à une quarantaine de
milles.
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| Pêche en famille |
Nous longeons nonchalament la côte apercevant de loin le petit port de
Kiato qui semble bien rempli.
Le vent se lève un peu et nous en profitons pour hisser les voiles. La
navigation est pépère mais nous restons vigilants, voiliers et ferries
apparaissant à tour de rôle à l’horizon.
Nous longeons, sur bâbord, l’île de Meganisi et ses merveilleuses
petites criques aux eaux turquoises.
Puis, sur tribord, apparaît l’île de Skorpios (qui appartenait aux
Onassis jusqu’à peu et qui vient d’être rachetée par un milliardaire russe).
Et, enfin, Nidri et, tout au fond, la baie de Vlikho qui est l’un de nos
mouillages favoris. Quelques voiliers sont présents mais la baie est bien assez
grande pour pouvoir mouiller en toute tranquillité. Il fait assez chaud
maintenant et l’eau couleur émeraude me paraît bien attirante. Je n’y vais pas
tout de suite mais, demain, sûr, je tente le coup.
Tandis que le soleil se couche, les petites tavernas avec leurs tables
au bord de l’eau semblent nous inviter à venir déguster quelques bons petits
plats grecs. Il ne nous faut pas longtemps pour succomber à la tentation,
mettre l’annexe à l’eau et nous installer à l’une de ces tables. Quelle bonne
idée ! Le repas fut délicieux, l’accueil également et c’est tout
simplement heureux que nous rentrons dormir à bord, le kilo de vin (ah oui, en
Grèce, on parle en kilo et non en litre) et l’ouzo offert en fin de repas
n’étant certes pas étrangers à notre béatitude…
Le lendemain, nous allons faire un petit tour dans la station balnéaire
de Nidri. Le souvenir mitigé que nous en avions se confirme. Les commerçants
ont l’air de se donner le mot pour paraître le moins sympathique possible (trop
de touristes ?). Nous fuyons bien vite l’endroit. À notre retour, je n’y
tiens plus, j’enfile mon maillot de bain et, hop, à l’eau. Bon, elle est encore
un peu fraiche mais que c’est agréable. Martin, lui, se dégonfle mais, dès le
lendemain, il s’y met aussi.
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| Appétissant, non ? |
Les journées dans ce cadre idyllique passent vite et nous avons bien du
mal à partir. Mais il nous faut avancer tout de même, le but étant de rejoindre
la Sicile assez rapidement. Donc, demain, départ pour Préveza que nous ne
connaissons pas encore.
Préveza… Du 26 mai au 9 juin…
Pour arriver à destination, il nous faut tout d’abord passer par le chenal
Lefkadas qui fait plus de trois milles nautiques. Nous croisons quelques voiliers
en sens inverse. Nous passons près de la grande marina puis nous patientons
pour l’ouverture du pont. Alors que nous franchissons ce dernier, il me semble
voir celui-ci se refermer. Je ne rêve pas, ils sont bel et bien en train de
refermer alors que nous sommes encore dans le passage. Je crie à Martin de
mettre les gaz mais nous sommes déjà à fond ! Heureusement, nous passons
sans difficulté mais ces couillons m’ont fait flipper. Nous laissons derrière
nous les îles ioniennes pour rejoindre la côte continentale.
À notre arrivée sur Préveza, plutôt que d’aller au quai municipal (bordé de
bars et restaurants), nous préférons tenter notre chance à la marina
située juste en face. Elle semble bondée mais nous arrivons à dénicher une
petite place. Après une manœuvre rendue délicate par l’étroitesse de
l’emplacement et le vent de travers, nous sommes bien contents d’être
confortablement installés alongside.
Préveza est située au nord-ouest de la Grèce, à l’entrée du golfe d’Arta.
Si elle ne déborde pas de charme, c’est un petite ville animée et ses quelques
ruelles bordées de vieilles maisons, son front de mer et sa fête foraine en
font un lieu agréable.
Alors que nous avions, dans un premier temps, envisagé de partir de
l’île de Paxos pour rejoindre la Sicile, nous décidons, finalement, d’attendre
à Préveza la bonne plage météo et de partir de là. Les jours se succèdent et
comme dit le dicton breton : « Qui regarde trop la météo, reste au
bistrot ». Le vent d’ouest ne veut pas nous lâcher (petit problème quand,
justement, on veut aller vers l’ouest !). Le temps redevient capricieux et
nous essuyons même un bel orage.
Dans l’attente, nous louons une voiture une journée pour visiter les
environs:
Parga,
La côte est belle mais très touristique. La moindre crique est aménagée
de parasols, bars…
Au bout de plusieurs jours, nous entrevoyons, enfin, la possibilité de
partir. Le vent tournant au nord (c’est mieux que rien), il ne faut pas
hésiter. Les prévisions météorologiques se confirmant, le départ est fixé au
lundi 9 juin. C’est une navigation de 300 milles qui nous attend pour atteindre
Syracuse soit une soixantaine d’heures (eh oui, quand même). Nous préparons
tranquillement notre route, le bateau, l’avitaillement… Un dernier gyros et
nous sommes prêts.
Demain, c’est le grand départ.

















































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