mercredi 25 septembre 2013

POROS et ses environs (du 28 août au 24 septembre 2013)



Mercredi 28 août, nous décidons de lever l'ancre d'Epidaure pour rejoindre l'île de Methana située à 20 milles. Peu pressés, nous profitons du temps splendide pour plonger une petite tête avant de partir. Le temps est calme, nous avançons tranquillement et tandis que les garçons préparent le déjeuner...

Remarquez l'air concentré des garçons !

... des dizaines de dauphins viennent faire la fête autour d'Yvanan. Cela faisait un bout de temps que nous n'avions pas vu nos compagnons de navigation et nous tapons des mains et sur la coque pour les faire venir. Roger ne tient pas en place et ne résiste pas à l'envie de se mettre à l'eau (précaution prise de le retenir au bateau avec un bout).  Par 380 mètres de profondeur, très peu pour moi, je préfère observer le spectacle du bateau tandis que Martin prend des photos. Moments de joie comme à chaque fois de voir ces dauphins venir nous saluer.






Après être restés un bon moment avec eux, nous reprenons notre chemin. Arrivés sur Methana, nous voulions nous rendre au petit port de Vathi qui a l'air charmant. Hélas, c'est tout petit et il n'y a aucune place pour nous. Nous poursuivons, alors, jusqu'à Poros dans le golfe Saronique et jetons l'ancre dans Russian Bay. L'endroit est calme et nous ne sommes que trois bateaux, ce qui est plutôt un luxe en cette période de haute saison.


Le lendemain matin, nous découvrons avec ravissement l'endroit (hier, arrivés à la tombée de la nuit, nous n'avions pas vu grand-chose). Russian Bay doit son nom aux ruines de la base russe qui s'était établie dans cette baie naturelle et bien protégée au XIXe siècle. Face à nous se dresse l'îlot de Daskalio et sa chapelle qui, pendant l'occupation turque, servait de lieu d'exécution et qui, de nos jours, est un lieu de mariage (quand même plus sympa !). L'eau est d'un beau bleu turquoise et nous enfilons bien vite les maillots de bain pour aller voir de plus près poissons, anémones et autres éponges de mer....
La baie de Poros est grande et offre plusieurs mouillages tous bien abrités. Nous passons deux jours idylliques sur place entre baignades, lecture et fous-rires.





Nous prenons l'annexe pour visiter Poros qui se dresse fièrement au fond de la baie. Les maisons accrochées à la colline et la tour de l'horloge, les pentes vertes et boisées forment un charmant tableau. La ville est très touristique mais pas désagréable, les quais alignent bars, restaurants et boutiques à touristes mais il suffit de grimper quelques marches et vous vous retrouvez dans des petites ruelles désertes à déambuler parmi les bougainvilliers, les hibiscus et le jasmin odorant. Nous croisons, à nouveau, l'équipage de Liber et on s'organise une petite soirée gyros tous ensemble à bord d'Yvanan.







Vendredi, nous décidons de visiter les alentours et empruntons le chenal pour nous diriger vers Hydra.





Nous ne voulons pas aller jusqu'au port d'Hydra qui est petit, rempli de bateaux et bien bruyant en cette saison. On opte pour un mouillage à Spathi dans le golfe d'Hydra. Là, nous ne sommes que deux voiliers comme quoi, il est tout à fait possible de trouver des endroits déserts même en plein mois d'août grâce aux nombreuses possibilités qu'offre la Grèce en terme de mouillage. D'ailleurs pour notre seconde nuit ici, nous serons seuls, le top !  Des dizaines de poissons se précipitent autour du bateau et nous ne tardons pas à les rejoindre. Les journées passent vite surtout à ne rien faire... La seconde nuit est écourtée par le sifflement du vent qui devient de plus en plus persistant à quatre heures du matin. Nous pointons notre nez dehors pour vérifier que tout va bien. L'ancre tient bon mais je ne peux m'empêcher de veiller dans le cockpit bientôt rejointe par Petra.




Nous, on ne pêche pas... on nourrit les poissons !



Dimanche, il nous faut lever l'ancre et rejoindre Poros d'où Petra et Roger vont reprendre le ferry pour le Pirée. Petra s'apprête à lever l'ancre tandis que je trace la route sur le GPS.


Eh oui, leurs vacances touchent déjà à leur fin et il faut songer au retour. Pour des questions de commodité, nous prenons une place au port cette fois. Ce qui nous permet de filer bien vite à terre pour manger un petit gyros.



Le dernier soir, c'est au restaurant que nous fêtons ces 10 jours passés ensemble à bord. Merci les amis pour tous ces bons moments. Ce fut un vrai plaisir de vous avoir avec nous.

Poros, une étape bien agréable...

... malgré ses odeurs d'égouts !

Il me faut faire un aller-retour en France tandis que Martin restera sur le bateau. Nous optons pour rester à Poros qui offre toutes les commodités. D'autant plus qu'il m'est facile de rejoindre l'aéroport d'Athènes d'ici.

Martin et Yvanan, tout seuls !

Départ le samedi matin à 6H00 par le ferry (décidément je ne peux plus me passer d'être sur un bateau !). Ce dernier arrive avec une bonne heure de retard et je commence à stresser un peu pour mon horaire d'avion. Un bus relie directement le Pirée à l'aéroport mais selon les embouteillages, fréquents dans cette ville, je peux mettre un sacré bout de temps. Quelques secondes d'hésitation et je m'engouffre  dans un taxi pour être sûre d'arriver à l'heure. La course fut des plus... Folkloriques... A peine le chauffeur allume-t-il le moteur que le témoin d'essence s'allume. Ce n'est pas grave, un petit arrêt à la station service et le tour est joué. Je m'aperçois, amusée, qu'il ne trouve rien de mieux que d'allumer une cigarette en mettant de l'essence !!! Il reprend le volant et là, je constate que le paysage défile à une vitesse incroyable. Je me demande à combien il roule mais je préfère ne pas jeter de coup d'œil au compteur. Heureusement, quelques feux rouges permettent de freiner la course. Mais à chaque démarrage, cela reprend de plus belle. Ma fierté m'empêche d'ouvrir la bouche pour lui demander de ralentir. Au contraire, je fais style, je suis super à l'aise, confortablement installée à l'arrière et je regarde par la fenêtre (j'essaie d'apprécier le paysage mais ça va trop vite). N'y tenant plus, je jette un coup d'œil au compteur (toujours l'air de rien) qui indique 130. Grrrr...les panneaux indiquent 50... Ce taré n'a même pas les deux mains sur le volant... Mais il est où ce satané aéroport, à cette vitesse, je devrais déjà être arrivée. Heureusement que je ne lui ai pas dit que j'était pressée côté horaire. C'est quoi comme voiture ? Une Volkswagen, c'est une bonne voiture ça, bien solide qui doit avoir de bon frein (encore faut-il qu'ils soient entretenus). Alors que je m'apprête à réciter une prière, moi qui suis agnostique c'est pour dire, j'aperçois le panneau salvateur "aéroport". Le chauffeur stoppe son engin, je sors crânement de la voiture, affiche mon plus beau sourire et ne lui laisse aucun pourboire ! Avec tout ça, je suis, maintenant, bien en avance et ai largement le temps de prendre un café et de faire du shopping. Le trajet en avion n'est pas mal non plus, plus de deux heures avec l'interdiction de bouger et des turbulences sympas. Quel voyage !

Je suis bien contente de pousser la porte de la maison encore toute étonnée d'arriver saine et sauve. La semaine en France se déroule à un rythme d'enfer, les différents rendez-vous, les repas avec la famille et les copains, l'entretien du jardin (qui ressemble à la jungle) et de la maison (devenue un abri pour araignées)... Bref, je cours, je cours mais toujours avec beaucoup de bonheur de retrouver ceux que j'aime et qui me manquent tant quand je suis sur le bateau. Un grand merci à tous pour votre accueil et votre disponibilité.

Martin, quant à lui, crève de chaud et prend ses petites habitudes, un petit café au Dyonisos, un petit gyros au Corner et une glace.


Le temps est calme et, heureusement, personne n'est venu s'emmêler avec notre ancre au risque de nous décrocher, ce qui aurait pu contraindre Martin à manœuvrer seul le bateau. Le lundi, alors que je suis sur le chemin du retour, Martin m'envoie un SMS pour me prévenir qu'il ne pourra probablement pas venir me chercher à la descente du ferry car c'est la tempête à Poros et il ne peut quitter Yvanan : " Tandis que je prépare dignement le retour de Muriel à bord, le vent commence à siffler dans mes oreilles. Je jette un coup d'œil aux amarres mais pour le moment, rien d'inquiétant. On sent une certaine fébrilité sur les bateaux. Dans l'après-midi, le vent se renforce et les vagues commencent à se former dans la baie repoussant les bateaux sur le quai. Tout s'enchaîne rapidement et je me tiens sur le qui vive au cas où. Tandis que certains rajoutent des pare-battes supplémentaires, je vais reprendre un peu de chaîne pour m'éloigner du quai. Ça commence à bouger sérieusement ici et l'amarre du bateau à notre tribord vient de lâcher. La situation empirant je décide d'allumer le moteur pour tenir Yvanan à une distance de sécurité du bord. La tempête bat son plein et le bateau swingue faisant de sacrés bonds à tel point que le davier se retrouve bientôt sous les flots. La baie est maintenant couverte de moutons et le vent atteint force 8. Cela va durer deux bonnes heures assez épuisantes pour tout dire et puis Muriel arrive enfin. Il est 20H00, c'est encore un peu agité puis l'accalmie revient. Ouf, c'était chaud ! ". J'ai eu, quant à moi, le beau rôle dans l'histoire car je n'ai débarqué qu'après le coup de feu. Je suis bien contente de retrouver Martin, rassurée de constater qu'il n'y a eu aucun dégât. Nous fêtons mon retour autour d'une bonne tartiflette car, évidemment, ma valise est pleine à craquer de bonnes choses à manger.

Oh, la bonne odeur de Reblochon !!

Les jours suivants, nous attendons patiemment une météo favorable pour nous lancer vers les Cyclades, ce qui ne tarde pas à arriver.


Prochaine destination : Kythnos

1 commentaire:

  1. Salut Marie,
    tu es gentille quand tu parles de "léger décalage", mais on essaie de rattraper notre retard !
    Nous sommes un peu moins bronzés maintenant et j'ai aussi ressorti la doudoune, même si nous sommes toujours en Grèce.
    Bisous et à bientôt !

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