ORMOS APOKRIOSIS (du 24 au 25 septembre)
Départ matinal de Poros pour effectuer les 45
milles nautiques qui nous séparent de notre première étape dans les Cyclades et
rejoindre l'île de Kythnos.
Le ciel est bleu, la mer est belle et le vent
nous permet d'avancer à une vitesse de six nœuds au travers.
Depuis le temps que nous entendons parler des
Cyclades, nous sommes impatients de découvrir ces fameuses îles. Elles forment
un ensemble de 56 îles et îlots dont une vingtaine sont habitées. On attribue
leur nom au fait qu'elles dessinent un cercle autour de l'île sacrée de Delos.
Certains affirment que ce nom serait dû à la force des vents qui soufflaient si
fort que cela obligeait les bateaux à tourner "en rond". Ça promet
pour les navigations. En effet, nous avons beaucoup entendu parler du fameux
vent du nord "le Meltem" qui peut souffler à force 5 ou 6 et peut
atteindre force 7 ou 8 voire plus et ce, pendant plusieurs jours d'affilée. Normalement,
il est à son maximum durant les mois de juillet et août et commence à
s'essouffler en septembre. Nous espérons avoir fait le bon choix en attendant
cette période pour nous y rendre. On verra bien mais, en attendant, je suis
moyennement rassurée et garde un œil constant sur la météo. En tout cas, pour
cette navigation, pas de rencontre avec le grand méchant Meltem ! Ce serait
même plutôt le contraire : le vent tombe complètement en début d'après-midi
nous obligeant à poursuivre au moteur.
Pour notre première nuit sur Kythnos, nous
avons prévu un mouillage à Kolóna ou à Fikiadha, deux plages qui forment une
superbe langue de sable blond bordée, de part et d'autre, d'eau turquoise.
Évidemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée. Et à l'approche,
nous apercevons de nombreux bateaux sur place. Préférant la tranquillité, nous
partons jeter l'ancre juste à côté, à Órmos Apokriosis où nous nous retrouvons
seuls.
Le premier aperçu des Cyclades correspond
assez à l'idée que nous nous en faisions : des collines très arides, de belles
plages, une eau transparente, une petite taverna les pieds dans l'eau (bon, pas
de chance, celle que nous apercevons semble fermée), une petite chapelle dont
la blancheur détonne sur le paysage couleur sable et les chèvres qui gambadent
gaiement signalant leur présence par le ding ding de leur clochette. Tout cela
confère un aspect bucolique à l'endroit.
Nous mettons Minyvanan à l'eau pour aller
faire quelques pas sur la plage d'où nous admirons le coucher de soleil et
notre beau bateau.
La nuit est calme mais une petite houle
provoque un roulis dont je me serais bien passée. Martin, quant à lui, n'a pas
eu l'air d'être trop dérangé au vu de ses ronflements.
Mercredi matin, le soleil s'élève doucement
tandis que nous prenons notre petit-déjeuner dans le cockpit savourant le calme
et la beauté des lieux. Seules les chèvres nous rappellent que l'île est
habitée.
Nous levons l'ancre, paresseusement, en fin
de matinée pour rejoindre le port de Loutra située à 13 milles d'ici, sur la
côte Est de Kythnos.
LOUTRA (du 25 au 27 septembre)
À notre arrivée sur place, nous sommes bien
contents de trouver une place le long du ponton à l'intérieur du bassin (en
général, les places les plus prisées car pas besoin de jeter l'ancre et donc
pas de risque de se retrouver empêtrés avec les ancres des bateaux voisins au
moment du départ, grand classique des ports grecs).
Le petit port de pêche et de plaisance est
croquignolet (je sais que certains aiment bien que j'utilise ce terme) et forme
avec la petite plage et les nombreuses tavernas éclairées aux lampions un
tableau plein de charme. Le tour du village est vite fait et l'animation se
concentre autour du port. Le soir, nous ne résistons pas à l'appel d'une de ces
petites tavernas et nous offrons un repas grec avec tatziki, fromage local épicé, anchois marinés, moussaka et stifado (ragoût de viande
aux oignons et aux tomates).
Jeudi matin, direction la plage. Loutra
possède une particularité bien attrayante et que j'ai hâte d'essayer : des
sources thermales dont les eaux chaudes proviennent d'un ancien volcan éteint.
D'ailleurs un établissement thermal fut construit ici par le premier roi de Grèce.
Le bâtiment tient toujours debout mais dans un état plutôt délabré. Apparemment,
il est encore possible d'y prendre des bains.
Mais il existe un autre endroit où profiter
des ces eaux chaudes, un bassin situé au bout de la plage. Le but du jeu, en
haute saison, c'est de réussir à s'y retrouver seul et non entouré de parfaits
inconnus qui, pour la plupart, ne trouvent rien de mieux que de se planter là,
canettes de bière en main. Il y a mieux pour profiter de l'endroit. Nous
attendons donc le moment propice pour nous glisser avec délice dans l'eau
chaude. Que c'est bon, cela me rappelle les bains que je prenais chez moi et
auxquels il m'arrive de penser avec une pointe de nostalgie parfois. Mais là,
c'est encore mieux, la vue sur la mer, n'est pas comparable avec la vue
sur le carrelage de la salle de bain !
Voilà à quoi ressemble nos journées,
balades, baignades, lecture et aussi, radio ponton avec Martin qui ne manque,
en général, aucune des arrivées au port et qui, toujours, accourt pour donner
un coup de main pour l'amarrage (petit coup de gueule au passage à tous ceux
qui regardent bêtement les bateaux arriver dans un port sans daigner lever
leurs fesses pour venir aider. Nous, nous sommes toujours
contents d’avoir quelqu’un à terre qui se propose pour prendre nos amarres et
c’est pour cela que nous le faisons également quand nous le pouvons).
C'est aussi notre premier contact avec les
bateaux de location qui n'ont pas fini de nous faire dresser les cheveux sur la
tête surtout quand on les voit manœuvrer trop près d'Yvanan. La plupart est composée d’équipages exclusivement masculins qui, visiblement, sont là pour faire la fête entre mecs ! À croire
qu’ils font un concours de celui qui décapsulera sa canette de bière le plus
vite possible, les amarres à peine posées et le moteur encore en marche. Nous
regardons, parfois amusés, parfois effarés, ces voiliers de location (en
général de beaux bateaux de plus de 45 pieds) nous demandant comment ils ont
déjà pu arriver jusqu’ici vu leur façon de manœuvrer et, bien sûr, sans aucun
égard pour le bateau. En gros, ils s’en foutent, ce n’est pas le leur. Pas plus
qu’ils n’ont d’égard pour les autres quand ils rentrent à 3H00 du matin parlant
fort et rigolant, alcool aidant. Propos à consommer avec modération car je ne
parle pas de tous les gens qui louent des bateaux…mais juste de certains…
Bref, tout cela ne nous gâche pas notre
plaisir de d’être dans les Cyclades et il nous tarde de découvrir notre seconde
île.
Prochaine destination :
Syros



























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