Dans quelques jours, un couple d'amis
vient nous rejoindre et nous les retrouverons dans le golfe de Corinthe. Au
départ, nous pensions plutôt faire le tour du Péloponnèse par la côte ouest
mais, finalement, cela nous plait bien de découvrir ces deux golfes
probablement moins touristiques que les ionniennes et de passer le fameux canal
de Corinthe.
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MESSOLONGHI (du 12 au 17 août)
Notre première étape est la marina de
Messolonghi. L'approche est assez insolite car nous sommes au milieu de marais
salants. Tandis que nous approchons avec prudence le long du chenal, assez
étroit et pas trop profond, nous découvrons d'adorables maisonnettes, chacune
possédant son petit ponton personnalisé au bout duquel, la plupart du temps,
sont installées tables et chaises longues. L'ensemble forme un cadre attachant et
particulier.
Parvenus dans la marina, nous sommes
dirigés au fond d'une allée par le marinero. Pas de chance, nous sommes sur le
mauvais pas d'hélice et Martin peine à faire tourner Yvanan. Paf, on se prend
la pendille du voisin. Pas de panique, nous nous dégageons en douceur pour
recommencer la manœuvre et nous voici amarrés pour de bon. Pas mal de bateaux
hivernent ici et la marina est bien remplie. L'endroit est plutôt sympa,
ambiance de bateaux voyageurs, un bar-restaurant sur place et une petite ville
à 10 mn à pied. Nous papotons avec plusieurs équipages français et l'un
d'entre eux, trop sympa nous offre cassoulet et autre pâte Henaff car ils
retournent en France. Ni une ni deux, dès le dîner, nous savourons le cassoulet
malgré les 27°C présents.
Après quelques jours passés sur
place, c'est l'heure du départ mais, avant, nous devons faire remplir notre
fameux document de navigation, le " DEKPA". Nous nous préparons,
donc, une nouvelle fois, à affronter l'administration grecque avec toute la
patience dont nous disposons. Cette fois, ils sont vraiment sympas mais nous
avons l'impression qu'ils ne savent pas vraiment comment remplir le document.
Ils nous font tout de même revenir trois fois mais toujours avec le sourire,
alors bon... Cette fois, ça y est, nous sommes prêts à poursuivre notre chemin.
TRIZONIA (du 17 au 20 août)
Aujourd'hui, notre navigation nous
fait passer du golfe de Patras au golfe de Corinthe symbolisé par un
impressionnant pont suspendu. Alors que nous sommes partis, ce matin, sur une
mer d'huile et pas de vent, ce dernier se lève à l'approche du pont. Évidemment
pas dans le bon sens. Déjà que nous subissons un courant de 2 nœuds de face, on
se demande si on ne va pas finir par reculer !!! Sitôt passé le pont, la mer
devient houleuse et le vent forcit. Nous avançons au près serré dans une mer
agitée, arrosés par les embruns. Nous sommes pas mal ballottés mais je
constate, avec soulagement, que mon estomac tient bien le choc dorénavant.
Nous avions prévu d'aller faire un
mouillage à Naupacte mais, vu le temps, nous préférons pousser jusqu'à l'île de
Trizonia. Il est 20h00 et, visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu
l'idée de nous abriter ici. Nous avons le choix entre le quai ou le mouillage
dans la baie et nous optons pour ce dernier. Reste à se faufiler parmi les
autres. La première tentative n'est pas la bonne, nous sommes trop prêts d'un
superbe voilier italien et nous préférons bouger. Au bout de cinq tours de baie
(!), nous trouvons notre place. L'île semble accueillante et paisible.
Le lendemain matin, nous mettons
Minyvanan à l'eau et débarquons à terre. Nous tombons immédiatement sous le
charme. C'est dimanche et les grecs sont venus en famille du continent pour
passer la journée ici. C'est une ambiance bon enfant loin de l'aspect
touristique des îles ioniennes. Pour en profiter encore plus, nous nous
installons à l'une des petites tavernas et dégustons une bonne cuisine grecque
: tatziki, caviar d'aubergines, calamars grillés...
Le petit tour de l'île est vite
fait mais l'atmosphère tranquille et serein du coin nous incite à rester deux
jours de plus. Il faut quand même bien songer à bouger d'autant plus que nos
amis arrivent à Athènes après-demain et qu'ils nous rejoignent à Galaxidi.
GALAXIDI (du 20 au 24 août 2013)
Un petit saut de 19 milles nous amène
à bon port. Nous appréhendons un peu l'arrivée car c'est la première fois que
nous allons nous mettre à quai sur ancre. Heureusement, il n'y a pas de
vent et le quai municipal n'est pas plein nous laissant ainsi le choix de la
place. Et puis, nous avons la chance de faire la connaissance de Cyril qui nous
conseille et s'apprête à nous prendre nos amarres. Nous avons bien fait
d'arriver tôt car le quai se remplit bien vite, Galaxidi étant réputée pour
être une petite ville bien sympa. C'est vrai que le petit port avec ses cafés,
ses tavernas, ses petites boutiques respire le charme.
Nous lions connaissance avec
Cyril, Karine et leurs fils Alphonse. Première soirée et premier apéro tous
ensemble sur leur bateau. Nous nous entendons tout de suite bien avec cet
équipage franco italien et l'apéro se transforme en dîner. Ils partent demain
mais comme nous allons dans le même sens, nous échangeons nos coordonnées pour
nous retrouver dans un prochain port.
Le lendemain, nous préparons
l'arrivée de nos amis ce qui signifie qu'il faut avant tout dégager la cabine
arrière que nous avons tendance à considérer comme le fourre-tout du bateau !
Mince, qu'est-ce qu'on peut accumuler sur un bateau ! Non pas que la place
manque, il suffit de ranger ! Après un bon ménage et quelques courses, nous
sommes fin prêts à les recevoir et, aussi, très impatients. Ils arrivent
demain, par bus, à Itea située à un quinzaine de kilomètres. Comme nous avons
prévu la visite de Delphes, demain, avec eux, nous décidons de louer une
voiture pour deux jours. Mode d'emploi d'une location à la grecque : le loueur
nous apporte la voiture au quai vers 21h00, fait signer le contrat à
Martin où quasiment rien n'est écrit et ne trouve pas nécessaire de remplir la
case indiquant les différentes éraflures de la voiture. Ceci dit, vu le nombre,
on y aurait passé un bon moment. Pas de demande de permis de conduire, pas
d'empreinte de carte bancaire, juste un numéro de téléphone pour l'appeler
quand nous souhaiterons rendre le véhicule. Ben voilà comment ça se déroule
ici. Question d'habitude. Le lendemain, c'est sous un beau soleil que nous
accueillons Petra et Roger et nous sommes très heureux de les retrouver. Roger
était notre moniteur lors de notre tout premier stage aux Glénans et nous
étions restés en contact. Il avait eu la gentillesse de venir passer trois
jours à bord d'Yvanan lors de la prise en main. C'est sympa de les avoir à
bord pour quelques jours. Après les avoir mis dans l'ambiance grecque
(comprendre ouzo et salade grecque), nous filons nous baigner puis une petite
promenade en ville et la journée touche déjà à sa fin.
Le lendemain, nous partons découvrir
l'intérieur de la région avec, au programme, le monastère d'Osios Loukas et le
site de Delphes. Notre premier arrêt nous fait découvrir un monastère à
l'architecture byzantine splendide, planté au milieu de montagnes verdoyantes.
Construit vers 1011, il n'est plus habité, aujourd'hui, que par une poignée de
moines qui ne doivent pas avoir une vie trop dure.
Notre route en direction de Delphes
nous fait traverser le village d'Arachova, une station réputée en hiver, situé
au pied du mont Parnasse. Si ce n'est le fait qu'il est amusant de déambuler
dans une station de sport d'hiver en Grèce, la ville ne présente que peu
d'intérêt et nous passons notre chemin.
Delphes, en revanche, est une étape
incontournable en Grèce. La légende raconte qu'un jour Zeus fit partir deux
aigles des extrémités de la terre et qu'ils finirent par se rencontrer pour se
poser ensemble à Delphes qui fût, alors, considéré par les grecs comme le
nombril de la terre. Le site est grandiose, le panorama s'étend sur une belle
vallée à perte de vue tandis que les parois du mont Parnasse se dressent
majestueusement tout autour.
Le musée, quant à lui, présente une
collection de sculptures et d'éléments architecturaux antiques d'une richesse
incroyable. Après cette visite, on comprend mieux que ce soit le second site le
plus visité en Grèce après l'Acropole. À ne rater sous aucun prétexte.
Cette belle journée s'achève, la tête
encore un peu au temps des dieux de la mythologie grecque. Mais demain, retour
sur terre ou plutôt en mer. Prochaine étape : Nisoi Alkonidhes.
ALKONIDHES (du 24 au 25 août)
Il s'agit de trois petites îles
situées à une trentaine de milles de Galadixi à l'est du golfe de Corinthe.
L'endroit nous ayant été recommandé par un ami de Roger, nous décidons d'y
passer une nuit au mouillage. La navigation se déroule tranquillement entre
papotage et apprentissage des nœuds (Roger est un passionné de matelotage).
Le midi, nos amis nous concoctent leur
fameux "Burger" qui deviendra un must de l'été.
Puis, nous arrivons en fin
d'après-midi et, là, stupeur, l'endroit est envahi par toute une troupe avec
tables, chaises, tentes... De loin, nous pouvons déjà entendre la musique et
les rires. On se regarde et on fait demi-tour aussi sec pour contourner
l'île et mouiller de l'autre côté. L'endroit est plutôt sympa mais, apparemment
fréquenté le week-end par les gens qui viennent en bateau pour passer la
journée comme en témoignent, malheureusement, les nombreux déchets qui jonchent
le sol. Quel spectacle désolant et navrant que de voir cette nature pourrie par
la main de l'homme. Le lendemain matin, nous prenons notre temps et en
profitons pour piquer une tête. Roger a la très bonne idée (et le courage)
d'aller gratter notre hélice tandis que Martin frotte la coque. Nous, les
filles, on barbote. Puis, c'est le départ pour la prochaine destination :
Kiato.
KIATO (du 25 au 26 août)
Kiato n'est qu'une étape technique
qui va nous permettre d'attendre de passer le canal de Corinthe. À notre
arrivée, la chance nous sourit et nous trouvons une place le long du quai.
Après un petit tour en ville, nous poursuivons notre étude (très sérieuse) sur
"les meilleurs gyros en Grèce" et il faut avouer que ce soir-là, ils étaient fameux.
Demain, canal de Corinthe, nous voilà
!
CANAL DE CORINTHE (le 26 août)
Dix petits milles et c'est l'entrée
ouest du canal. Long de plus de 6 km et large de 23 mètres (ça m'a paru
beaucoup plus étroit à moi vu du bateau !), son histoire n'est pas banal. Dès
l'an 67, Néron songea à faire ouvrir un canal pour permettre le passage des
bateaux et des milliers d'esclaves furent envoyés sur place mais les travaux ne
furent jamais achevés et il fallut attendre 1893 pour que le canal soit
inauguré. Le trafic y est, de nos jours, dense et son étroitesse ne permet pas
un trafic dans les deux sens. Il faut donc passer à tour de rôle. Et il faut
parfois patienter jusqu'à trois heures avant d'être autorisé à y pénétrer. À
notre arrivée, nous ne sommes pas trop nombreux mais, très vite, cela augmente.
Nous avons de la chance car nous ne patientons qu'une quarantaine de minutes
avant l'ouverture du pont. Nous sommes une quinzaine de bateaux à nous
suivre en file indienne prudemment éloignés les uns des autres. Martin est à la
barre et nous aux appareils photos. C'est impressionnant. La terre paraît avoir
été tranchée d'un coup net et des parois vertigineuses de plus de 79 mètres
semblent nous engloutir de part et d'autre. Nous passons sous plusieurs
ponts métalliques dont certains sont envahis par des touristes qui nous lancent
de grands bonjours auxquels nous répondons bien volontiers. À la sortie, nous
sommes tout contents d'avoir traversé le canal de Corinthe. C'est tout de même
un plaisir cher payé (187 euros pour Yvanan), ce qui en fait la canal le plus
cher du monde et, probablement, aussi, le kilomètre le plus cher ! Mais c'était
vraiment un super moment en bateau.
Ainsi nous sortons du golfe de
Corinthe et partons naviguer dans le golfe saronique et découvrir de nouveaux
endroits.
Prochaine destination : Epidaure


































































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