mardi 12 mars 2013

AGUILAS (du 25 février au 10 mars 2013)


Nous quittons la marina de Garrucha à 8H30 ce lundi matin avec pour objectif de rejoindre Cartagena située à une cinquantaine de milles. Le soleil est déjà présent mais le vent trop faible ne nous permet pas d'arrêter le moteur. Peu à peu, le vent se lève et nous pouvons hisser les voiles mais nous nous traînons pas mal car on ne peut pas dire que le courant soit de notre côté. Martin passe un grand moment dans le carré car notre speedo (l'appareil servant à mesurer notre vitesse) refuse de fonctionner, ce qui arrive fréquemment, l'ailette s'encrassant rapidement dans les eaux du port. Au bout d'une demi-heure, Martin renonce. Nous nous passerons du speedo pour cette navigation. Le vent forcit de plus en plus, la mer devient plus agitée et nous n'avons pas envie d'arriver à la nuit tombante sur le port de Cartagena. Aussi, nous prenons la décision de bifurquer sur Aguilas. Cartagena attendra bien encore un peu... 



Nous arrivons dans une marina toute pimpante et récente (tellement récente qu'elle n'est, d'ailleurs, pas répertoriée sur notre bloc marine). Toujours le même circuit à notre arrivée : formalités à la capitania puis un marinero nous aide à nous amarrer avec les pendilles. Après avoir tout rangé sur le bateau, nous décidons d'aller faire un tour dans le centre d'Aguilas situé à une dizaine de minutes à pied. Alors que nous sommes parés à partir, j'ai juste le temps de me retourner pour apercevoir Martin louper son saut sur le ponton et, sitôt, entendre un plouf. Ben, ça y est, le voilà en train de prendre son premier bain méditerranéen même si ce n'est pas comme cela que nous l'imaginions ! Depuis le temps qu'on se dit qu'il nous faut trouver une passerelle. À vrai dire, j'étais persuadée que j'y passerai la première parce que, parfois, mes sauts sont des plus acrobatiques pour aller à terre. Pas le temps de rire (ni de prendre une photo, désolée) parce que Martin se débat tant bien que mal, s'accrochant à une amarre pour tenter de ne pas être trempé en totalité. Je lui descends l'échelle pour qu'il puisse remonter à bord. On oublie, pour ce soir, la visite de la ville. Pas de bobo donc tout va bien si ce n'est l'appareil photo qui a rendu l'âme ! On éclate, enfin, de rire et Martin me confirme que l'eau est, encore, fraîche vu la saison.

La météo continuant à nous jouer de sales tours, nous restons bloqués bien plus longtemps que nous ne le souhaitons. Mais encore une fois, nous prenons notre mal en patience d'autant plus que l'escale est loin d'être désagréable.


La marina est confortable, nous sommes tous seuls et le personnel est aux petits soins. Nous découvrons, pour la première fois, la région de Murcia. Aguilas est une petite ville sympathique comme tout avec sa petite place centrale et son beau jardin, son port de pêche, sa promenade le long de la plage d'où se détache, en fond, le château. 



Le port de pêche
La pluie s'invite un jour sur deux nous laissant, parfois, une grosse surprise. Ainsi, en ce lundi matin où nous découvrons, effarés, Yvanan trempée et recouverte de sable. La nuit précédente, la pluie n'a pas cessé de tomber accompagnée de fortes rafales. Mince, c'est bien la première fois qu'il se met à pleuvoir du sable sur nos têtes ! Nous croisons un marinero qui regarde, d'un air désolé, les pontons et les bateaux qui sont tous aussi sales. Il nous explique que les nuages ont transporté ce sable depuis le Sahara où le vent a soufflé à plus de 200 km/h. Il faut avouer que ce n'est quand même pas de chance que ces nuages aient décidé d'éclater au-dessus de nos têtes. Le marinero espère que la pluie va, à nouveau, tomber pour nettoyer un peu tout ça (sans le sable ce coup-ci). Ok, nous on va plutôt prendre l'option tuyau d'arrosage parce que là, il y en a vraiment partout... C'est Martin qui s'y colle et qui y passera deux heures. 



Nous en profitons pour visiter le château de San Juan de Las Aguilas dont la silhouette domine, fièrement, la ville. Après une petite ascension qui devrait bien muscler nos cuisses, nous profitons d'une vue magnifique à 360° sur la ville et la baie. 




La visite se révèle intéressante retraçant l'histoire de la ville et de ses habitants intimement liée à celle du château. Ce dernier fut érigé en 1756 dans le but de repousser les attaques de pirates turques et berbères qui dévastaient la côte a cette époque. 



Pour nous récompenser de notre petite ascension (toutes les excuses sont bonnes), nous déjeunons dans un charmant petit restaurant au rapport qualité-prix imbattable. Au bout d'un moment, nous tapons la discute avec le propriétaire des lieux qui est français (on s'en doutait un peu, la quiche lorraine étant au menu). Il est installé là depuis plusieurs années et ne regrette pas du tout son choix. Comme nous le comprenons. C'est toujours chouette de discuter avec des expatriés, connaître leurs motivations, comment ils vivent le fait d'être éloignés de leur patrie et quelle nouvelle vie ils se sont construits loin de leurs origines. 


Restaurante "Pie Castillo"
Au bout de quinze jours (ouf !), le temps finit par se calmer et nous pouvons envisager de poursuivre notre navigation.


Prochaine étape : Cartagena





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