Nous quittons la marina de
Garrucha à 8H30 ce lundi matin avec pour objectif de rejoindre Cartagena située à
une cinquantaine de milles. Le soleil est déjà présent mais le vent trop faible
ne nous permet pas d'arrêter le moteur. Peu à peu, le vent se lève et nous
pouvons hisser les voiles mais nous nous traînons pas mal car on ne peut pas
dire que le courant soit de notre côté. Martin passe un grand moment dans le
carré car notre speedo (l'appareil servant à mesurer notre vitesse) refuse de
fonctionner, ce qui arrive fréquemment, l'ailette s'encrassant rapidement dans
les eaux du port. Au bout d'une demi-heure, Martin renonce. Nous nous
passerons du speedo pour cette navigation. Le vent forcit de plus en plus, la
mer devient plus agitée et nous n'avons pas envie d'arriver à la nuit tombante
sur le port de Cartagena. Aussi, nous prenons la décision de bifurquer sur
Aguilas. Cartagena attendra bien encore un peu...
Nous arrivons dans une marina
toute pimpante et récente (tellement récente qu'elle n'est, d'ailleurs, pas
répertoriée sur notre bloc marine). Toujours le même circuit à notre arrivée :
formalités à la capitania puis un marinero nous aide à nous amarrer avec les
pendilles. Après avoir tout rangé sur le bateau, nous décidons d'aller faire un
tour dans le centre d'Aguilas situé à une dizaine de minutes à pied. Alors que
nous sommes parés à partir, j'ai juste le temps de me retourner pour apercevoir
Martin louper son saut sur le ponton et, sitôt, entendre un plouf. Ben, ça y
est, le voilà en train de prendre son premier bain méditerranéen même si ce
n'est pas comme cela que nous l'imaginions ! Depuis le temps qu'on se dit qu'il
nous faut trouver une passerelle. À vrai dire, j'étais persuadée que j'y
passerai la première parce que, parfois, mes sauts sont des plus acrobatiques
pour aller à terre. Pas le temps de rire (ni de prendre une photo, désolée)
parce que Martin se débat tant bien que mal, s'accrochant à une amarre pour
tenter de ne pas être trempé en totalité. Je lui descends l'échelle pour qu'il
puisse remonter à bord. On oublie, pour ce soir, la visite de la ville. Pas de
bobo donc tout va bien si ce n'est l'appareil photo qui a rendu l'âme ! On
éclate, enfin, de rire et Martin me confirme que l'eau est, encore, fraîche vu
la saison.
La météo continuant à nous jouer
de sales tours, nous restons bloqués bien plus longtemps que nous ne le
souhaitons. Mais encore une fois, nous prenons notre mal en patience d'autant
plus que l'escale est loin d'être désagréable.
La marina est confortable, nous
sommes tous seuls et le personnel est aux petits soins. Nous découvrons, pour
la première fois, la région de Murcia. Aguilas est une petite ville sympathique
comme tout avec sa petite place centrale et son beau jardin, son port de pêche,
sa promenade le long de la plage d'où se détache, en fond, le château.
![]() |
| Le port de pêche |
La pluie s'invite un jour sur
deux nous laissant, parfois, une grosse surprise. Ainsi, en ce lundi matin où
nous découvrons, effarés, Yvanan trempée et recouverte de sable. La nuit
précédente, la pluie n'a pas cessé de tomber accompagnée de fortes rafales. Mince, c'est bien la première fois qu'il se met à pleuvoir du sable sur nos
têtes ! Nous croisons un marinero qui regarde, d'un air désolé, les pontons et
les bateaux qui sont tous aussi sales. Il nous explique que les
nuages ont transporté ce sable depuis le Sahara où le vent a soufflé à plus de
200 km/h. Il faut avouer que ce n'est quand même pas de chance que ces nuages
aient décidé d'éclater au-dessus de nos têtes. Le marinero espère que la pluie
va, à nouveau, tomber pour nettoyer un peu tout ça (sans le sable ce coup-ci). Ok, nous on va plutôt
prendre l'option tuyau d'arrosage parce que là, il y en a vraiment partout...
C'est Martin qui s'y colle et qui y passera deux heures.
Nous en profitons pour visiter le château de San Juan de Las Aguilas dont la silhouette domine, fièrement, la ville. Après une petite ascension qui devrait bien muscler nos cuisses, nous profitons d'une vue magnifique à 360° sur la ville et la baie.
La visite se révèle intéressante retraçant l'histoire de la ville et de ses habitants intimement liée à celle du château. Ce dernier fut érigé en 1756 dans le but de repousser les attaques de pirates turques et berbères qui dévastaient la côte a cette époque.
Pour nous récompenser de notre petite ascension (toutes les excuses sont bonnes), nous déjeunons dans un charmant petit restaurant au rapport qualité-prix imbattable. Au bout d'un moment, nous tapons la discute avec le propriétaire des lieux qui est français (on s'en doutait un peu, la quiche lorraine étant au menu). Il est installé là depuis plusieurs années et ne regrette pas du tout son choix. Comme nous le comprenons. C'est toujours chouette de discuter avec des expatriés, connaître leurs motivations, comment ils vivent le fait d'être éloignés de leur patrie et quelle nouvelle vie ils se sont construits loin de leurs origines.
![]() |
| Restaurante "Pie Castillo" |
Au bout de quinze jours (ouf !),
le temps finit par se calmer et nous pouvons envisager de poursuivre notre
navigation.
Prochaine étape : Cartagena

















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