Profitant d’un temps favorable pour enfin
quitter Rota, nous passons le cap Trafalgar pour arriver à Barbate, dernière
escale de la côte atlantique.
Nous nous mettons à couple de Philauval,
le bateau de Anne, Pierre et Mathias, au ponton d’accueil. Nous les avions déjà
rencontrés à Sines au Portugal, et nous faisons plus ample connaissance pendant
un apéritif sur Yvanan.
Le mauvais temps commence à
s'installer, avec des vents de plus en plus forts, et nous sommes plusieurs bateaux,
dans la marina, à attendre une plage météo favorable pour passer le détroit de
Gibraltar. Le port ainsi que la ville de Barbate sont sans grand intérêt et nos
activités se résument à aller consulter la météo au seul point wifi que nous
ayons trouvé, dans un café (nous ne faisons pas exprès !), aller au supermarché
pour compléter l'avitaillement et acheter des croquettes pour les dizaines de
chats qui vivent dans la marina.
Le 31 octobre nous ratons une
ouverture météo à cause d'un épais brouillard. Tout le monde est sur le pont à
scruter la dissipation de la brume, hésite, se concerte...
Finalement, vers midi, la visibilité s’améliore un peu et deux bateaux sortent
malgré le manque de vent. Il aurait fallu faire la route au moteur et
probablement arriver de nuit, nous décidons d’attendre le lendemain.
Le 1er novembre donc, nous quittons enfin Barbate pour le passage du
fameux détroit de Gibraltar.
Le temps s’est dégagé et nous avançons à la voile avec un soutien moteur pour
arriver avant la tombée du jour.
Nous longeons la côte en admirant le paysage
et, en repérant Tarifa, nous réalisons, pas peu fiers, que nous sommes dans le
détroit. Les cargos sont bien sagement dans leur voie à notre tribord et nous
les surveillons bien attentivement lorsque que nous nous apercevons que, derrière
eux, se dessinent les côtes marocaines. L’Afrique est toute proche, à peine
environ 7 milles nautiques entre les deux continents.
![]() |
| Côte marocaine |
Lorsque que nous entrons dans la baie
d’Algeciras, le vent se lève d’un coup et trop fort pour pouvoir slalomer
prudemment entre les tankers au mouillage et les rapides navires de transport
de passagers, nous rentrons donc les voiles puis essayons de trouver l’entrée
du môle cachée derrière deux pétroliers.
Nous passons ensuite les balises
d’entrée du port de La Linea et trouvons une place au ponton d’accueil. Le vent
a encore forci et formant des vagues jusque dans le môle. Pendant que nous
traitons les formalités portuaires, je sors pour surveiller Yvanan, et le mari
d’un couple d’allemands que nous avions rencontré à Rota, vient me proposer de
nous aider à quitter le ponton visiteurs et à nous amarrer au catway que l’on
nous a attribué. Sa femme le rejoint, ils nous aident à la manœuvre. Je sors de
notre place en marche arrière et lutte au moteur contre le vent pour ne pas taper
le quai puis remets Yvanan en marche avant avec difficulté tant le vent est
fort. Nos amis allemands courent pour traverser les quais et pontons puis nous
aident à frapper les amarres. Un grand merci à eux. Ils nous proposent ensuite
d’aller boire un verre au bar de la marina où nous nous retrouvons attablés avec
une dizaine d’autres navigateurs. Tous les couples sont de nationalités
différentes et nous discutons toute la soirée en anglais.
Après une bonne nuit, nous sommes
impatiens de découvrir Gibraltar. Nous sommes en effet côté espagnol et nous
devons traverser la frontière pour entrer au Royaume-Uni. Pour ce faire, il
faut traverser la seule et unique piste d’atterrissage et présenter une pièce
d’identité au poste frontière. Un avion s’est présenté pour un atterrissage,
mais il a dû remettre les gaz et se rediriger vers un autre aéroport à cause de
la courte longueur de la piste et d’un fort vent de travers (5e
place au palmarès des aéroports les plus difficiles au monde).
Nous entrons donc sur le territoire
britannique et la pluie s’invite presque aussitôt… ils sont forts ces anglais
pour créer une ambiance !
Après avoir dépassé une zone d’immeubles
assez triste, nous voici dans les quartiers animés commerçants de la vieille
ville, avec des restaurants de Fish and chips, des magasins d’alcools et tabac
détaxés, des boutiques de luxe… des restaurants de Fish and chips…
Après un premier tour, nous nous
arrêtons logiquement à une terrasse d’un pub abritée d’un store (pour se
protéger de la pluie et non pas du soleil)… et déguster un savoureux fish and
chips.
Après la visite du Gibraltar cemetery, nous repérons le téléphérique
pour la visite du « Rocher » prévue le lendemain et les tarifs des
magasins détaxés pour les courses que nous laissons également pour le lendemain
car une pluie diluvienne s’abat sur la ville (là, ils en font peut-être un peu
trop pour l’ambiance, ces anglais !). Nous rentrons au bateau complètement
trempés.
Le lendemain donc… tiens, c’est
dimanche… les magasins sont fermés !
Qu’à cela ne tienne, il nous reste le
téléphérique pour monter visiter le Rocher avec ses grottes, ses tunnels
creusés pendant différentes guerres à ce point stratégique, les colonnes
d’Hercule... Nous rencontrons nos premiers singes dans la ville, en route pour
la station du téléphérique. Une fois arrivés à la grille de la station, nous
lisons sur une pancarte qu’elle est fermée pour cause de vents forts.
Dépités,
nous sommes abordés par des guides qui nous proposent la visite de toutes les
attractions du rocher… en minibus ! Cela ne nous enchante guère et nous
repartons en ville sans avoir fait le rocher ni nos courses détaxées.
Ça nous rappelle un couple d’amis
très chers à qui cela pourrait arriver… mais, bon, ça c’est une autre histoire.
Donc, réflexion autour d’une jacked
potato, et nous nous résolvons à partir visiter le Rocher, culminant à 426
mètres, en minibus.
La visite s’avère passionnante, probablement plus que si
nous étions partis tous seuls, car le guide connaît son sujet sur le bout des
doigts et est fier d’être Gibraltarien. Tout en admirant la vue, Atlantique
d’un côté, Méditerranée de l’autre avec l’Afrique en face, nous découvrons donc
les fameuses colonnes d’Hercule, symbolisant, dans l’Antiquité, les montagnes
bordant le détroit de Gibraltar, puis contemplons les grottes de St-Michael,
qui ont été aménagées en hôpital pendant la 2e guerre mondiale.
La
visite du Rocher se poursuit avec la rencontre des fameux singes, qui sont des
macaques berbères venus autrefois d’Afrique avec les marins. Bien que sauvages
avec une hiérarchie bien établie (les singes et non pas les marins, on est
d’accord ?!), ils sont peu farouches et nous approchent facilement allant
même jusqu’à nous monter sur la tête.
S’en suit la visite des « Great Siege
Tunnels », puis nous redescendons vers la ville en tentant de mémoriser
toutes les informations données par notre guide.
Gibraltar est un endroit étonnant,
territoire du Royaume-Uni, doté d’un parlement, situé dans l’extrême sud de
l’Espagne, il est paradis fiscal où de nombreuses célébrités ont séjourné mais
faisant bénéficier tous ses habitants d’avantages qui rendraient jaloux bien
d’autres, comme des loyers très avantageux, des bourses d’études extraordinaires...
Le lendemain, la météo étant toujours
désastreuse, nous en profitons pour préparer le bateau et la route pour notre
prochaine destination, Estepona.






























Bonjour les Marins !!!!Carte arrivée en express, grand merci, vôtre blog est mon bol d'air hebdomadaire, la solidarité des gens de mer n'est pas une légende, cela ne ferait pas de mal aux terriens mais c'est une autre histoire.Les singes vous vont à ravir et vous avez de superbes mines !!!!!Bon vent je vous embrasse ainsi que la smala.
RépondreSupprimerBonjour Damir, nous sommes heureux de contribuer à ta collection de cartes. Nous sommes actuellement à Caleta de Velez, près de Malaga. Nous t'embrassons bien fort, toi et la familial.
SupprimerCoucou les louloup de mer.....
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