jeudi 30 mai 2013

MINORQUE (du 6 mai au 25 mai 2013)



7h00 du matin, Yvanan s'éloigne tranquillement de sa bouée, tournant le dos à Porto Colom où nous avons passé un moment exquis. Notre prochaine destination est Mahon, capitale de l'île de Minorque qui est la seconde île des Baléares de par sa superficie (50 km de long sur 18 km). C'est, aussi, d'après ce que nous avons pu lire dans les guides, l'une des plus préservées et des plus sauvages et nous sommes impatients de la découvrir. Située à une cinquantaine de milles, nous prévoyons une arrivée en fin d'après-midi. 



Eole se refusant à souffler autant que la météo l'avait prévu, notre navigation se déroule au moteur. Nous hissons les voiles l'après-midi mais avec peu de succès. Le soleil brille et il commence à faire sérieusement chaud. Le thermomètre intérieur indique fièrement 29°C, tartinades de crème solaire, casquette et lunettes de soleil sont de rigueur. 



Nous atteignons l'entrée du chenal de Mahon vers 15h30, la marina où nous comptons nous installer quelques jours est située tout au fond de ce dernier qui s'étend sur presque 4 milles. De part et d'autre, nous apercevons des petites criques où mouillent plusieurs voiliers, différents pontons (publics ou privés ?) ainsi que plusieurs marinas. Nous sommes en début de saison et il y a déjà pas mal de bateaux. Alerté par VHF, un marinero nous aide à nous amarrer et nous accueille avec le sourire comme d'hab ! Les formalités sont vite expédiées et, à peine avons-nous remis le pied sur Yvanan que nous entendons un grand bonjour en français provenant d'un bateau moteur situé non loin de nous. Après quelques propos échangés, nous voilà invités à prendre l'apéro sur "InOut". L'équipage est très sympa et nous passons une agréable soirée en leur compagnie avec visite de ce superbe 18 mètres fait sur mesure (magnifique mais bon, bateau moteur, le seul truc qui me fait bisquer, c'est la machine à laver, enfin, la chambre n'est pas mal non plus...). Hélas, nous n'aurons pas l'occasion de faire plus amples connaissances car ils repartent dès demain. 


C'est aussi cela les rencontres de pontons, parfois quelques heures parfois quelques jours mais toujours pleines de gaieté et d'échanges enrichissants avec des gens aux expériences très diverses.
La marina est sympa, pas trop chère pour les Baléares et très bien protégée. Cela nous conforte dans notre choix d'en faire notre point de départ pour ce qui va être notre première " grande " traversée pour rejoindre la Sardaigne.






Un beau 5 mâts à l'escale

Le lendemain, nous partons visiter la ville de Mahon et tombons bien vite sous son charme : son "centre commercial", ancien cloître dont les cellules ont été transformées en commerces, son marché aux poissons où défilent sous nos yeux différentes espèces inconnues de nous, ses ruelles, ses petites places, ses cafés et un grand nombre de boulangeries pâtisseries dont les vitrines regorgent de délicieuses sucreries et sur lesquelles je n'arrête pas de loucher (je ne suis pas la seule). 





Sur le chemin du retour, nous faisons halte à la distillerie de gin située sur les quais (héritage des anglais, merci à eux). Une petite dégustation des différents gins proposés et nous repartons avec notre bouteille de hierbas buenas sous le bras (gin aromatisé avec des herbes de l'île, pas mauvais du tout...ça aide à la digestion...). Sûr, on va se plaire ici. 



Mahon n'est ni trop grande ni trop petite et affiche des airs de capitale tranquille et sereine. Chaque jour, nous partons à la découverte de la ville nous promenant au hasard et, ainsi, mieux nous imprégner de l'ambiance minorquine.






Les meilleures glaces de Mahon

Nous partons, également, visiter, en bus, l'autre "grande" ville de l'île située à l'autre bout côté ouest : Ciutadella. Le trajet nous permet de découvrir l'intérieur de l'île, très verte, vallonnée avec des dizaines de vaches de ci de là (pour un peu on se croirait en Normandie!). À notre arrivée (en réalité, trois bons quarts d'heure après notre descente du car car pas de carte + se diriger selon ses intuitions = paumés !), et après un petit détour par l'office de tourisme, nous découvrons le centre historique franchement superbe. Longtemps siège de l'aristocratie minorquine, le centre possède de magnifiques bâtiments très bien entretenus et il fait bon se balader le long de l'artère principale bordée de jolies voûtes. 


Comme à mon habitude, j'insiste pour faire un tour du côté du marché (j'adore les marchés qui sont souvent des lieux truculents, vivants où l'on côtoie les locaux et où mes yeux et mon nez se régalent et mon ventre aussi après en général). Celui-ci n'est pas bien grand mais grouille de vie. La place d'honneur est occupée par la halle aux poissons et tout autour des petits cafés où faire la pause après les courses. 



Pas trop fatigant le marché pour ces messieurs !
Hélas, Ciutadella est une ville très touristique, nous sommes samedi et il y a beaucoup de monde. Impossible de trouver une petite place où s'attabler et humer l'ambiance, un verre à la main. Comme la foule, ce n'est pas trop notre truc, nous appliquons notre méthode infaillible à savoir s'engouffrer dans la première ruelle où il n'y a personne et se perdre au hasard, généralement il suffit de cinq minutes pour avoir la sensation que vous êtes les seuls touristes du coin. C'est agréable de déambuler dans les petites ruelles, le nez souvent en l'air pour mieux observer les détails de ces belles façades. 




Après la découverte de la vieille ville, nous nous dirigeons vers le port (eh oui, c'est devenu un réflexe), ses quelques voiliers, ses petites barques de pêcheur, son quai et sa profusion de bars et restaurants aux menus déclamés en plusieurs langues... Un brin trop touristique pour nous. 


C'est déjà l'heure de retrouver notre bus pour le retour. Ciutadella mérite une visite, c'est certain, mais nous sommes plutôt contents d'être à Mahon qui demeure, à nos yeux, une ville plus authentique.

Ça fait envie, non ?
Les jours défilent et le temps reste très capricieux. La pluie et l'orage se sont invités et les dépressions se succèdent dans le golfe du Lion avec, pour conséquence, une houle importante dans notre secteur. 

Non, il ne fait pas toujours beau aux Baléares...
...mais le soleil revient vite.
Nous scrutons consciencieusement la météo tous les jours,  allant jusqu'à comparer plusieurs sites pour avoir une idée précise de la situation et bien assurer nos arrières pour la traversée. Hélas, les météorologistes eux-mêmes semblent déboussolés par le temps si changeant et les prévisions ne cessent de changer. Un des sites nous annonce même plus de 9 mètres de houle ! Évidemment, hors de question de bouger dans ces conditions. Nous parlons de la pluie et du beau temps avec nos voisins de ponton et l'espagnol juste à côté de nous et qui fait du charter, nous confirme que la mer est mauvaise et qu'il a annulé ses sorties pour les quatre prochains jours. Ce qui ne fait que renforcer notre conviction qu'il vaut mieux patiemment rester au port pour le moment. 
Les jours s'égrènent et nous passons le temps, astiquant Yvanan (après un aller-retour chez le schipchandler situé à 10 km tout de même, on a intérêt à ne rien oublier !). Nous profitons, aussi, du marché aux poissons (en attendant d'attraper le poisson nous-mêmes) et Martin se lance dans la levée de filets !


Le résultat !

Enfin, au bout d'une quinzaine de jours, le temps se calme et nous avons une ouverture possible pour notre départ que l'on fixe au samedi 25 mai. Nous partons vers un nouveau pays, la tête remplie de merveilleux souvenirs de notre passage sur le territoire espagnol mais nous savons que ce n'est qu'un au-revoir. Avant de pouvoir goûter les joies de la "dolce vita", il nous faut parcourir près de 200 milles pour atteindre notre prochaine destination (avec une moyenne de 4 nœuds, nous vous laissons faire les calculs...).
Prochaine destination : la Sardaigne.

Vue sur Mahon du cockpit


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