Les interviews


12 mars 2013



Il y a 6 mois, jour pour jour, vous quittiez les Sables d’Olonne pour entamer votre périple. Le temps passe-t-il vite ?
Six mois déjà ! C’est assez ambiguë cette notion de temps qui passe. D’un côté, je me dis que six mois n’ont pas pu passer aussi vite et, d’un autre côté, j’ai la sensation d’être partie depuis longtemps, que ma vie en France est loin derrière. C’est probablement le changement de vie radical qui me donne cette impression. Quand j’y pense, je me dis que les deux ans que nous nous sommes fixées vont passer à toute vitesse.

Qu’est ce qui a fondamentalement changé dans votre vie ?
Deux notions me viennent immédiatement à l’esprit et qui sont liées d’ailleurs : le temps et la liberté. Quand vous vivez « classiquement », vous devez toujours avoir un œil sur votre montre et vous avez l’impression de courir non-stop sans pour autant parvenir à faire tout ce que vous aviez programmé le matin même (j’en vois qui se reconnaissent…). Je n’ai pas ce problème sur le bateau, nous n’avons pas de programme mais plutôt un objectif, celui d’atteindre la Grèce.
S’il est vrai,qu’au départ, nous imaginions arriver pour l’hiver là-bas, nous nous sommes vite rendus-compte qu’il ne servait à rien de se fixer des dates. C’est d’autant plus vrai en bateau car vous êtes dépendant de la météo. Et puis, ça ne sert à rien de se mettre la pression, on a le temps et rien ne nous oblige à être à tel endroit à tel moment. Si nous voulons rester un jour, une semaine ou un mois dans tel port, cela ne dépend que de nous. Au début, nous avions encore des réflexes de prévoir, programmer et, peu à peu, nous nous sommes rendus compte que c’était uniquement nous qui nous imposions des contraintes.
Une fois que vous avez réalisé cela, vous vous dîtes : c’est cela la Liberté !

D’un point de vie confort, qu’est-ce qu’il vous manque le plus sur un bateau ?
C’est marrant parce que je pensais que le manque de confort allait être une des choses les plus difficiles pour moi à supporter. Combien de fois ai-je pensé, avant le départ, à mon lit douillet que j’allais quitter ou à mes longs bains moussants sans parler du lave-linge ou du lave-vaisselle ! Eh bien, en fait, je trouve ma vie sur le bateau très confortable. D’abord, nous avons la chance d’avoir un grand bateau pour nous deux qui est très bien conçu et, chose primordiale, sur lequel nous sentons très bien. La vaisselle n’est pas vraiment un problème et, pour ce qui est de la lessive, ça m’arrive de rager parfois surtout quand cela fait plus de trois semaines que je cherche désespérément une laverie et qu’il faut que je me tape tout à la main. Pour le couchage, la cabine est très confortable et je dors comme un bébé.
Finalement, rien ne me manque véritablement si je compare ces petits inconvénients aux avantages qui sont les miens (par exemple, cela fait six mois que je n’ai pas repassé ! Je suis sûre que ça en fait rêver plus d’une …ou d’un…).
Et puis, cela m’a permis de me rendre compte à quel point nous nous entourons de choses pas vraiment nécessaires.

Avez-vous le mal du pays ?
Non, pas du tout. La France ne me manque pas. Mais, j’ai le mal des amis. Ça, c’est plus dur que ce que j’imaginais.

Qu’est-ce qui vous plait le plus, à ce jour, dans votre aventure ?
Découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes. Je suis toujours impatiente d’arriver dans un nouveau port et, même si l’endroit s’avère, finalement, assez décevant, je finis toujours par faire un truc sympa : échanger quelques mots avec un autochtone ou d’autres navigateurs, se régaler dans un petit resto,  admirer un paysage…

Quelles sont vos principales appréhensions sur le bateau ?
Elles sont nombreuses mais deux choses me terrorisent : voir Martin tomber à l’eau et la panne du moteur.
Je considère plus le bateau comme un moyen de locomotion que comme une fin en soi. Je ne suis pas une férue de navigation. Mais, attention, j’aime cela, j’évolue dans un monde qui m’était totalement inconnue il y a deux ans encore, j’apprends des milliers de choses et j’ai la chance de découvrir la terre d ‘une façon complètement différente.
Mais cela ne m’empêche pas d’être flippée et de ressentir une sourde angoisse au moment de larguer les amarres. Je ne suis pas du tout téméraire et j’ai tendance à paniquer très vite (dernière chose à faire sur un bateau) mais je me soigne… J’essaie de gérer ma peur et je commence à me sentir mieux au fur et à mesure des navigations (une petite rafale à 25 nœuds et touts mes bonnes résolutions s’envolent avec le vent).
Tant que le bonheur d’être sur l’eau et de vivre cette aventure restera supérieur à ma peur, je continuerai.

Avez-vous eu déjà des frayeurs en navigation ?
Non, honnêtement, à ce jour, nous n’avons pas eu de coup dur. Nous sommes très prudents et étudions minutieusement chaque navigation. Mais je sais qu’un jour, il faudra, peut-être, faire face à une situation critique et j’espère que je saurai réagir comme il faut.

Quelles sont les difficultés rencontrées ?
Bien sûr, je ne vais pas me plaindre et je réalise à quel point je suis chanceuse de vivre tout cela mais tout n’est jamais idéal même si je pense n’avoir jamais touché le bonheur d’aussi près.
Le plus difficile pour moi, c’est d’être éloignée de ceux que j’aime et j’ai, régulièrement, des bouffées de nostalgie mais ça passe et puis, il y a internet qui me permet de garder le contact avec tous mes proches.
Loin des yeux mais pas loin du cœur… 

Quels sont les moments forts vécus ces 6 derniers mois ?
Pleins de merveilleux souvenirs même si cela ne fait que six moix !
Côté mer, ce qui me bouleverse, à chaque fois, c’est de voir les dauphins venir jouer autour du bateau et nous offrir un spectacle merveilleux. C’est toujours un fort moment d’émotion.
Côté terre,  ce sont les rencontres, et en particulier, avec Curro que nous avons évoqué dans un précédent article mais, également, tous ceux que nous avons croisés et qui ont fait preuve d’une incroyable  gentillesse et d’une réelle générosité.

Si vous deviez résumer ces 6 mois en un mot,  ce serait…
Liberté…






Il y a 6 mois, jour pour jour, vous quittiez les Sables d’Olonne pour entamer votre périple. 
Le temps passe-t-il vite ? Le temps semble passer aussi vite, mais avant, j’avais l’impression qu’il passait trop vite sans que je puisse en profiter et maintenant, qu’il passe toujours trop vite mais pour pouvoir profiter de tout. 

Qu’est ce qui a fondamentalement changé dans votre vie ? 
La liberté en général, que ce soit au niveau du temps, des contraintes, des projets à plus ou moins longue échéance. 

D’un point de vie confort, qu’est-ce qu’il vous manque le plus sur un bateau ? 
Franchement, rien, à vraiment dire.J’ai un peu honte de le dire, mais parfois Internet et la télévision, mais peut être, est-ce à cause de l’hiver… et des habitudes de « terrien » conventionnel. 

Avez-vous le mal du pays ? 
Non, ce qui me manque, ce sont les amis. 

Qu’est-ce qui vous plait le plus, à ce jour, dans votre aventure ? 
Encore la liberté et réaliser une vie dont j’ai pu rêver. Les plaisirs de la mer et de la navigation, les rencontres et les découvertes des lieux. 

Quelles sont vos principales appréhensions sur le bateau ? 
Les plus respectables : la météo, la mer Les plus matérielles : les pannes et avaries (moteur, voiles, gréement…) Les plus excitantes : les manœuvres de port en fonction de la météo Les plus importantes : les relations à bord 

Avez-vous eu déjà des frayeurs en navigation ? 
Pas encore, mais j’attends le gros coup de vent subit légendaire en méditerranée. J’ai néanmoins eu un bon coup de stress à l’arrivée de nuit (nuit noire !!) aux abords très trompeurs du port de Portimào. 

Quelles sont les difficultés rencontrées ? 
Encore une fois, les relations à bord.  Une vie de couple à terre est déjà parfois compliquée à gérer, mais elle peut l’être encore plus lorsque, par exemple, lorsque l’on travaille ensemble.  À bord d’un bateau, il me semble que c’est encore plus difficile, il y a forcément un capitaine, à certains moments au moins, … et là, dans notre couple du moins, les rapports peuvent rapidement être conflictuels. 

Quels sont les moments forts vécus ces 6 derniers mois ? 
Une belle navigation au portant, les voiles bien réglées ;  la contemplation des animaux croisés, comme les dauphins, les poissons lune, un requin ; les rencontres humaines, en particulier avec Curro, homme merveilleux, évoqué dans un article de ce blog.

Si vous deviez résumer ces 6 mois en un mot, ce serait… 
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1 commentaire:

  1. Trop beau...Vous nous faites rêver. Profitez en bien les amis. On pense très fort à vous
    Gros bisous
    Nicole et Alain

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