mercredi 23 juillet 2014

SICILE – SCIACCA (du 2 au 20 juillet 2014)



Nous larguons les amarres de bon matin et, tandis que nous regardons Licata s'éloigner peu à peu, tous les bons moments passés ici ces jours derniers défilent dans ma tête. Nous sommes les premiers à partir mais les bateaux copains "Liber" & "Arnau" ne vont pas tarder à nous rejoindre. Cinquante milles nautiques nous séparent de Sciacca que nous sommes contents de retrouver car nous y avions passé un séjour très agréable l'année dernière. Les heures s'égrènent lentement, nous entendons notre nom à la radio, c'est Arnau qui nous a rejoint. Lao lance le spi, l'occasion pour nous de faire de belles photos et d'être témoins d'un petit moment de frayeur quand nous voyons le ferry lancé à toute vitesse, frôler les copains.


L'arrivée à la Lega Navale de Sciacca se fait dans la bonne humeur, l'ormeggiatore nous reconnaît tout de suite, ça fait toujours plaisir. Heureusement que nous avions prévenu de notre arrivée car les pontons sont bien occupés. 


Comme il s'agit d'un des endroits les plus agréables et les moins chers de Sicile, nous décidons de nous poser quelques jours ici. Comme l'année dernière, l'escalier nous semble bien grand mais cela vaut la peine pour faire de belles promenades dans le centre-ville. 






Le café choisi exprès pour Alain !

Concert sur la place principale


Les jours défilent tranquillement, le soir, c'est apéro et dîner sur l'un des trois bateaux. Carina nous entraîne dans une soirée brésilienne à l'occasion du Mundial. Par solidarité, tout le monde endosse un vêtement aux couleurs du Brésil. Martin nous prépare des  abacaxiroska (cocktail vodka et ananas, pas mauvais du tout) et c'est parti pour le match. L'ambiance est festive mais on ne peut pas dire que nous portons chance à l'équipe brésilienne qui subira une défaite historique contre l'Allemagne ! 





Il n'y a que Carina et moi qui regardons le match !
Au bout de quelques jours, nous commençons à nous pencher sur la météo pour notre prochaine traversée jusqu'en Sardaigne. Nous ne partirons pas d'ici directement mais nous ferons une étape supplémentaire à Marsala, Trapani ou aux îles Eglades pour nous rapprocher un peu. Nous aurons quand même 160 milles à avaler pour arriver. Les prévisions ne sont pas vraiment encourageantes : le vent dominant vient du nord-ouest (pile dans le pif !) et les coups de vent se succèdent. 

Liber et Arnau décident de bouger un jour d'accalmie tandis que nous décidons de rester encore un peu à Sciacca. Ce qui nous permet de profiter du poisson frais que Cosimo, un voisin de ponton, nous offre tous les jours...


... et de faire connaissance avec nos voisins anglais : Steve et Barbara sur leur magnifique Westerly Océan 43. Steve et Martin se sont bien trouvés et nous assurent radio-ponton à longueur de journée (consiste à commenter départ et arrivée des bateaux dans la marina). 


Bon, il faut quand même songer à bouger. La météo est toujours incertaine et nous essuyons, même,  une belle averse de grêle (le jour de la lessive, c'est plus marrant) puis le temps se calme. Il faut en profiter pour partir sur la prochaine escale. Les potes sont à Marsala. Nous allons leur faire une surprise et les rejoindre là-bas pour attendre, ensemble, la bonne plage météo pour la prochaine traversée. 


Prochaine étape : Marsala.





samedi 5 juillet 2014

LICATA (du 22 juin au 2 juillet 2014)


Départ à 7h00 du matin. On se traîne au moteur et nous sommes à contre-courant, les quarante milles semblent s'éterniser. Il n'y a pas grand monde sur l'eau ce matin si ce n'est les pêcheurs et les oiseaux.



Heureusement,  un groupe de dauphins vient égayer notre navigation. Quel joie de les revoir, cela faisait un long moment que nous n'avions pas eu l'occasion de les admirer car ils sont rares en Grèce. 


À l'approche de Licata, nous rejoignons nos amis qui sont au mouillage. Nous ancrons et ce sont les retrouvailles avec Peppe et Andrea qui arrivent en annexe à bord. Mais nous avons, aussi, hâte de serrer dans nos bras Simona, Ignazia et Tony et nous repartons aussitôt en direction de la marina (on se prend un casier au moment de lever l'ancre ! Ben mince, nous qui avions réussi à les éviter en Grèce, voilà qu'on s'en chope un ici !).



 L'arrivée à la marina de Licata est telle que nous l'avions imaginée : Tony nous accueille en musique et sitôt le bateau amarré, nous sautons dans les bras les uns des autres. Un an quasiment jour pour jour, nous les quittions après avoir passé quatre jours avec ces gens que nous ne connaissions pas. En partant, nous leur avions promis de revenir les voir. Nous sommes restés en contact toute l'année et promesse tenue, nous revoici. Nous sommes étonnés de constater à quel point nous nous étions attachés les uns aux autres si rapidement mais, parfois, les amitiés n'ont pas forcément besoin de beaucoup de temps pour se former. Et nous les retrouvons comme si nous nous étions quittés la veille. Le soir, c'est fête à bord de "Gaia", ça y est, le grand tour de la gastronomie sicilienne recommence (ce qui m'avait valu de prendre quelques kilos l'année dernière !). En plus, c'est l'anniversaire de Tony !



Dans la semaine, nos amis travaillent et nous décidons de  louer une voiture pour visiter différents endroits. La location de la voiture est des plus rocambolesques. L'office du tourisme nous indique un loueur de voitures local (probablement le copain du cousin de la sœur de...) au prix bien plus attractif que la location proposée par la marina. Nous voyons arriver une vieille Fiat grise que l'on soupçonne être la voiture familiale (200 000 km au compteur). Nous, du moment qu'elle fonctionne... Eh bien, le hic, c'est qu'au moment de démarrer, il ne se passe rien. La batterie est morte ! Ça commence bien. Le loueur revient avec une batterie neuve, nous la change et nous voilà partis une bonne heure plus tard (au final, la voiture tiendra le choc on ne sait comment mais avec des grincements de plus en plus inquiétants au fur et à mesure des deux jours). 



Pour cette première journée, nous partons visiter la Villa romana di Casale découverte en 1929 et qui contient pas moins de 3500 mètres carrés de mosaïques, datant, pour l'essentiel,  du IVème siècle après JC et, pour la plupart dans un état de conservation incroyable. Chaque pièce témoigne des mœurs et traditions de l'époque et la visite se révèle véritablement passionnante. Heureusement d'ailleurs car il semblerait qu'il y ait eu une petite flambée des prix pour ce site, soit 14 euros par personne (à ce prix-là, pas de sourire, pas de guide et pas de plan) sans compter le parking (1€/heure), mêmes les toilettes sont payantes ! Mais, franchement, cela vaut la peine. 





Puis, nous prenons les petites routes pour rejoindre Caltagirone où nous devons retrouver Ignazia qui habite là et qui s'est gentiment proposée pour nous servir de guide. En fait, c'est son fils, Salvatore, qui vient à notre rencontre et commence à nous conter l'histoire de sa ville. Travaillant à l'office de tourisme, nous sentons à travers ses explications son amour pour Caltagirone. Nous tombons rapidement sous le charme en nous baladant dans le centre historique affichant de nombreuses églises et façades baroques. Capitale de la céramique, celle-ci se retrouve un peu partout et les ateliers sont nombreux. Ignazia veut tout nous faire découvrir. Elle nous emmène au monastère des Capucins, seul bâtiment à ne pas s'être écroulé lors du terrible tremblement de terre de 1693.  Une charmante dame nous reçoit et nous sert de guide. Bien que peu sensible à la religion, cette visite nous permet d'apprécier de belles et étonnantes pièces tel qu'un tabernacle en écaille de tortue et en cyprès ou encore, une copie du linceul de Turin pour finir par une crèche intelligemment animée et contant la vie de Jésus (quelques rappels ne font pas de mal pour la culture générale). 


Un petit granité au citron pour reprendre des forces et nous partons à l'assaut de la Scalinata, escalier monumental de 142 marches décorées de céramique et qui fut construit  en 1606 pour relier la ville haute (pouvoir religieux) à la ville basse (pouvoir civil). Quel dommage de ne pas être le jour 24 juillet,  fête de San Giacomo, à l'occasion de laquelle des milliers de photophores sont installés sur les marches offrant un spectacle grandiose. 



Hélas, le temps passe vite et nous ne pourrons pas faire tout ce que nous aurions voulu mais ces quelques heures passées ici nous ont suffi pour apprécier réellement Caltagirone. Le soir, Ignazia, jamais à court de bonnes idées, nous fait découvrir "Mamadia" qui, d'extérieur, ressemble à une banale pizzeria de quartier. Mais à l'intérieur, officie l'homme détenteur du titre de meilleur pizzaiolo du monde obtenu en 2010. Il est vrai que les pizze (une pizza devient pizze au pluriel) sont succulentes. Coup de chapeau à ce monsieur qui a su garder la tête froide et qui a le mérite d'avoir conserver sa pizzeria telle  quelle sans en profiter pour faire flamber les prix. 


Le lendemain, c'est reparti pour une journée de visite : au programme, les villes baroques de Ragusa et Modica puis en fin de journée, nous rejoindrons Tony qui vit à Gela et, pour finir la journée, dîner à bord de Gaia avec toute la troupe. Eh oui, nous n'arrêtons pas ! 

Ragusa est l'une des plus fameuses villes baroques de Sicile et c'est vrai qu'Ibla (la ville ancienne) en impose, ainsi installée sur son éperon rocheux. Nous attaquons l'ascension d'Ibla sous une grosse chaleur déambulant au hasard des petites ruelles tortueuses, le nez en l'air pour admirer les nombreuses façades baroques des bâtiments. Puis c'est l'arrivée à la chiesa San Giorgio qui se dresse fièrement devant nous, sa silhouette majestueuse semblant régner sur la vieille ville. Hélas, elle est fermée (comme ce sera souvent le cas un peu partout) et nous ne pourrons pas en admirer l'intérieur. Face à elle, se dresse la piazza del Duomo et ses élégants palmiers. Ragusa est belle, certes, mais son côté touristique semble lui ôter une partie du charme que nous avons pu apprécier dans des villes telles que Sciacca ou Caltagirone. 




Modica, la ville voisine, si elle est connue pour ses beaux monuments baroques, doit, également, sa réputation à son fameux chocolat au goût si particulier. En plus de savourer cette délicieuse gourmandise, nous avons la chance de pouvoir visiter la chiesa San Giorgio, qui est ouverte en vue de la préparation d'un mariage, magnifique exemple d'architecture baroque. 


La journée passe très vite et nous rejoignons Tony qui veut nous faire faire le tour de sa ville, Gela. Les rues sont noires de monde car c'est la fête aujourd'hui. Tony veut tout nous montrer, on courre un peu dans tous les sens. Il tient surtout à nous faire découvrir le musée archéologique.  Hélas, nous arrivons trop tard, il est fermé. Mais il y a encore le directeur du musée que Tony connait bien (bon, Tony semble connaître tout le monde ici !) et celui-ci propose de nous ouvrir le musée rien que pour nous. Quels veinards, nous pouvons admirer les superbes pièces entreposées en toute tranquillité puisque nous sommes seuls ! Le musée est superbe et recèle de véritables trésors. Puis, nous repartons pour un tour en ville. La journée se termine sur Yvanan, tous ensemble, autour du bon repas préparé par Simona.



C'est la fin de la semaine et la marina s'anime car les siciliens viennent passer le week-end en famille et entre amis sur leur bateau. Nous commençons à bien connaître tout le monde sur le ponton et avons l'impression de faire partie du groupe. Le samedi soir, tout le monde sort, il y a foule et c'est pizza et glace.



Toute la troupe !
Aujourd'hui, dimanche, nous partons pique-niquer (en langage de navigateurs, cela signifie que nous partons faire un mouillage avec, au programme, bain de soleil et baignade) accompagnés des voiliers de Roberto et de David. Dure la vie ! 



Puis, à notre retour, nous accueillons les bateaux copains, "Arnau" et "Liber". Nous sommes super contents d'être tous réunis et c'est une grande fête à bord le soir avec toute la tribu. Ça discute dans tous les sens, en portugais, italien, espagnol et français jusqu'au bout de la nuit. 



L'heure du départ approche. Le temps est passe bien vite et nous devons poursuivre notre route. Un dernier petit tour en ville nous permet de croiser le chemin de ce monsieur dont nous admirons les maquettes. 



Puis, vient la dernière soirée et le moment des  aux-revoirs, toujours un peu tristoune. 
À bientôt les amis, nous nous reverrons on ne sait pas quand ni où mais peu importe. Nous repartons encore plus riches de souvenirs d'amitié partagée. Un grand merci à Simona, Peppe, Ignazia, Tony qui nous ont accueillis les bras ouverts et qui n'ont eu de cesse de de se mettre en quatre pour nous faire plaisir.
Grazie mille a Simona, Peppe, Ignazia, Tony per la vostra amicizia!


Demain, notre destination sera Sciacca.