lundi 23 juin 2014

MARINA DI RAGUSA (du 21 au 22 juin 2014)

Le cap Passero

La marina di Ragusa ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable l'année dernière lors de notre passage. L'ambiance de la marina nous était apparue très snob (bon nombre de gros bateaux battant pavillon maltais, Malte se situant à une cinquantaine de milles d'ici et des équipages pas des plus sympas). 


Si nous retrouvons les mêmes gros bateaux, en revanche, la promenade que nous nous offrons le long de du lungomare (front de mer) est plutôt sympathique. L'ambiance est très familiale, bon nombre de siciliens sont venus passer la journée à la plage car nous sommes samedi. Finalement la petite station balnéaire est animée et je regrette presque de ne pouvoir rester une journée de plus pour mieux découvrir les environs. 




Mais, demain, youpiii !!! Nous retrouvons les copains siciliens.


samedi 21 juin 2014

MARZAMEMI (du 14 au 21 juin 2014)



Si la navigation d'une trentaine de milles jusqu'à Marzamemi se déroule tranquillement, l'arrivée au port avec 20 nœuds de vent est un peu plus sportive. Heureusement, le capitaine connait bien son bateau et nous fait une belle manœuvre. Les ormeggiatori sont d'une efficacité redoutable et à peine le temps de dire bonjour et merci que nous sommes installés. 


Nous retrouvons le yacht-club (qui n'en a que le nom malgré son côté bien sympa) avec plaisir et partons faire un tour du côté du village.


Ce dernier est très mignon avec une belle piazza bordée de vieux bâtiments en pierre conférant à l'ensemble un charme tout sicilien. L'endroit est très touristique et le week-end, les gens des environs débarquent en nombre pour se balader dans le coin. Le reste de la semaine, c'est plutôt calme. 




Dans notre programme, Marzamemi ne doit être qu'une étape de deux ou trois jours sur le trajet nous permettant de rejoindre Licata. Hélas, le temps en décide autrement et nous nous retrouvons bloqués plusieurs jours ici par un fort coup de vent. Bon, l'endroit n'est pas désagréable, nous avons tout ce qu'il faut et nous faisons connaissance avec l'équipage de l'Albatros, Marie et Alain, que nous avions croisés à Preveza (oui, oui, le monde est petit...) et, bien sûr, apéro sur notre bateau puis sur le leur puis... Les jours passent, la météo nous permet, enfin, de partir.


 La prochaine étape est Marina di Ragusa.

dimanche 15 juin 2014

SYRACUSE (du 11 au 14 juin 2014)


L'année dernière, nous avions été épatés par la gentillesse des  siciliens et avions regretté de ne pas avoir pris le temps de mieux découvrir l'île. Quelles seront nos impressions cette année ? Ce qui est sûr, c'est que nous trépignons de joie à l'idée de revoir nos amis siciliens rencontrés à Licata. Mais il va nous falloir patienter encore un peu car nous avons plusieurs étapes avant d'arriver.



Syracuse est une des plus jolies villes de Sicile et c'est un plaisir d'être au mouillage dans cette baie qui a pour toile de fond Ortygie, la vieille ville.
Il y a beaucoup plus de bateaux que l'année dernière mais la baie est grande et il y a largement de la place pour tout le monde. Nous sourions en nous remémorant notre tout premier mouillage que nous avions fait ici. Depuis, les mouillages se sont succédés et ce n'est plus avec la même appréhension que nous effectuons la manœuvre. 
Un peu fatigués par la traversée, nous savourons tranquillement le paysage depuis notre cockpit remettant au lendemain notre excursion à terre. 


Le lendemain de notre arrivée, nous sommes tout excités car nous attendons un bateau copain rencontré cet hiver à Messolonghi, "Arnau" et son équipage brésilien : Laureano et sa femme, Carina, avec leur petite fille Laia qui devraient arriver dans la matinée après une traversée depuis Cephalonia. Il est 10H00  quand nous les apercevons à l'entrée de la baie. C'est un bonheur de les retrouver, et dès l'ancre crochée, c'est avec une bière fraîche que nous célébrons nos retrouvailles (bon, ok, il est un peu tôt mais c'est bien l'heure de prendre l'apéro quelque part dans le monde !). Les heures défilent en papotant gaiement. Cela fait quand même un mois que nous ne nous sommes pas vus, on en a des trucs à se raconter !


En fin de journée, nous décidons de fêter notre arrivée en Sicile en allant dévorer une bonne pizza (qui s'avérera effectivement savoureuse) puis Carina, en bonne brésilienne, nous traîne devant un écran géant installé là à l'occasion du match d'ouverture du Mundial (c'est la seule qui s'intéresse au foot mais on suit en bons copains). 


Le jour suivant, tout le monde est à terre pour parcourir le marché de Syracusa qui est un régal pour les yeux et pour le ventre. Cela nous change de la Grèce et nous avons envie de tout acheter. 




Nous retombons bien vite sous le charme de cette ville mais nous nous étonnons du bruit et de la pollution que nous n'avions pas remarqués l'année dernière. L'air nous semble moins respirable, plus étouffant. Sans nous en rendre compte, nous nous sommes habitués aux petits villages, aux paysages calmes et au grand air de la Grèce. Mais c'est seulement ici que nous nous en faisons la réflexion. Premier changement depuis notre retour...
Demain, nous reprenons la mer en direction de Marzamemi tandis qu'Arnau reste encore quelques jours à Syracuse.


jeudi 12 juin 2014

TRAVERSÉE DE GRÈCE EN SICILE (du 9 au 11 juin)




Le jour du départ de Grèce est arrivé. C’est 300 milles nautiques à parcourir qui nous attendent et c’est pour Muriel sa plus longue traversée depuis le début de notre voyage… Ouuuuh, qu’elle est contente !


Huit heures du matin, nous larguons les amarres de la marina de Préveza, quittant ainsi le sol de la Grèce, que nous aimons tant. Merci encore à ce pays et à ses habitants qui nous ont permis de passer de si merveilleux moments.
Les prévisions météo nous annoncent un vent nord/nord-est de force 4, ce qui nous permettrait de naviguer au travers.
Une demi heure pour atteindre les deux dernières bouées du chenal de Préveza, le GPS nous estime une traversée de plus de cinquante heures.




Quelques dauphins viennent nous souhaiter bon vent, lequel tarde à se lever. Dans l’après midi, le vent se lève enfin, jusqu’à 18 nœuds et aidés d’un fort courant, nous filons à toute vitesse, devant même réduire la voilure.
En fin d’après midi, une bonne houle commence à se lever, allant jusqu’à atteindre deux mètres de hauteur et nous poussant la poupe par tribord : « Charlie », notre pilote automatique, et Muriel, n’apprécient pas trop.
C’est alors que nous captons une partie d’une communication à la VHF. Nous entendons, avec pas mal d’interférences les gardes-côtes grecs qui tentent d’assister un voilier français qui aurait lancé un appel de détresse. D’après ce que nous déchiffrons, il n’y aurait pas de blessé à bord mais le bateau aurait une entrée d’eau importante. L’échange radio dure quelques heures et nous scrutons l’horizon pour tenter de l’apercevoir afin de lui porter secours. Nous recevons enfin sa position – à 8 milles au nord de la nôtre –lorsqu’il est rejoint par un navire qui prend l’équipage à son bord. Le bateau, non remorquable en raison de l’état de la mer, est abandonné. Nous apprendrons plus tard que le bateau n’a pu être retrouvé. Ces événements ne rassurent pas Muriel tandis que la houle et le vent forcissent encore. Je réduis encore la voilure et en profite pour somnoler deux heures avant que le soleil ne se couche. Pendant la nuit, le vent augmentera et nous infligera même des rafales à 28 nœuds.



Au matin, le vent descend à 4 Beaufort et la deuxième journée se passe plus calmement, suivie par la deuxième nuit, à un petit force 3.


Nous établissons des quarts de 2 heures et, pendant que je dors après le lever du soleil, Muriel, toute fraîche, s’amuse à faire des « selfies ».



À 9 heures, le troisième jour, nous ne sommes plus qu’à 30 milles nautiques de Syracuse, mais la terre reste invisible, cachée dans la brume.
Le vent faiblit encore et nous progressons au près avec le soutien du moteur qui accentue le vent apparent.


Enfin, la terre se dessine et il est temps d’envoyer le pavillon de courtoisie italien en lieu et place du grec, avec un pincement au cœur… « séquence émotion ».

Nous entrons dans la baie de Syracuse et jetons l’ancre à peu près au même endroit que l’année dernière où nous nous étions essayés à notre premier mouillage.
Sicile, nous revoilà !

lundi 9 juin 2014

DERNIERS JOURS EN GRÈCE (Du 21 mai au 8 juin 2014)


Départ de Messolonghi pour Ithaque… Le 21 mai …

C’est sous le soleil que nous quittons Messolonghi après plusieurs mois d’hivernage. Un brin nostalgique, nous nous rendons compte à quel point notre hiver fut agréable ici tant au niveau de l’ambiance de la marina que de l’accueil des habitants de la ville (hier encore, la marchande du kiosque à qui nous disions au revoir nous remerciait d’avoir passé l’hiver ici en nous souhaitant bon voyage).
Mais nous sommes surtout très excités à l’idée de reprendre la mer. Nous larguons les amarres, empruntons le chenal, salués une dernière fois par la tortue, emblème de la lagune et c’est parti pour une navigation de 45 milles pour rejoindre l’île d’Ithaque.



On ne voit pas trop bien mais on vous jure que c'est une tortue !

Les réflexes reviennent vite et nous savourons le plaisir de voguer, à nouveau, avec pour toile de fond les magnifiques paysages des îles ioniennes. Hélas, il y a pétole (absence de vent) et nous ne pouvons même pas faire semblant de hisser les voiles ! Aucun problème du côté d’Yvanan qui se comporte parfaitement.



Ithaque se dessine bien vite à l’horizon et nous hésitons quant à l’endroit du mouillage. Nous avions repéré un petit endroit sympa, aux eaux translucides, nommé « Sarakiniko » mais, à l’approche, nous nous apercevons que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l’idée. Nous sommes étonnés de voir autant de bateaux sur l’eau, signe que la saison a bel et bien commencé. Ce n’est pas grave, nous changeons de cap, direction la baie de Vathi qui nous avait tellement plu la dernière fois. Nous ancrons sans problème dans la partie nord-est de la baie où nous sommes seuls (les autres préférant mouiller au plus proche de la ville). C’est le pied ! La petite brise du soir se calme peu à peu et nous savourons la quiétude du mouillage. La météo étant favorable, nous décidons de poursuivre notre chemin dès demain en direction de l’île de Lefkadas.



Au mouillage à Vlikho (Lefkadas)… Du 21 au 26 mai…

Profitant pleinement de l’endroit, nous prenons notre petit-déjeuner dans le cockpit sans nous presser.


La journée promet d’être magnifique, le soleil chauffe déjà mais modérément. Nous levons l’ancre pour Lefkadas situé à une quarantaine de milles.


Pêche en famille 
Nous longeons nonchalament la côte apercevant de loin le petit port de Kiato qui semble bien rempli.


Le vent se lève un peu et nous en profitons pour hisser les voiles. La navigation est pépère mais nous restons vigilants, voiliers et ferries apparaissant à tour de rôle à l’horizon.


Nous longeons, sur bâbord, l’île de Meganisi et ses merveilleuses petites criques aux eaux turquoises.


Puis, sur tribord, apparaît l’île de Skorpios (qui appartenait aux Onassis jusqu’à peu et qui vient d’être rachetée par un milliardaire russe).


Et, enfin, Nidri et, tout au fond, la baie de Vlikho qui est l’un de nos mouillages favoris. Quelques voiliers sont présents mais la baie est bien assez grande pour pouvoir mouiller en toute tranquillité. Il fait assez chaud maintenant et l’eau couleur émeraude me paraît bien attirante. Je n’y vais pas tout de suite mais, demain, sûr, je tente le coup.


Tandis que le soleil se couche, les petites tavernas avec leurs tables au bord de l’eau semblent nous inviter à venir déguster quelques bons petits plats grecs. Il ne nous faut pas longtemps pour succomber à la tentation, mettre l’annexe à l’eau et nous installer à l’une de ces tables. Quelle bonne idée ! Le repas fut délicieux, l’accueil également et c’est tout simplement heureux que nous rentrons dormir à bord, le kilo de vin (ah oui, en Grèce, on parle en kilo et non en litre) et l’ouzo offert en fin de repas n’étant certes pas étrangers à notre béatitude…



Le lendemain, nous allons faire un petit tour dans la station balnéaire de Nidri. Le souvenir mitigé que nous en avions se confirme. Les commerçants ont l’air de se donner le mot pour paraître le moins sympathique possible (trop de touristes ?). Nous fuyons bien vite l’endroit. À notre retour, je n’y tiens plus, j’enfile mon maillot de bain et, hop, à l’eau. Bon, elle est encore un peu fraiche mais que c’est agréable. Martin, lui, se dégonfle mais, dès le lendemain, il s’y met aussi.



Appétissant, non ?
Les journées dans ce cadre idyllique passent vite et nous avons bien du mal à partir. Mais il nous faut avancer tout de même, le but étant de rejoindre la Sicile assez rapidement. Donc, demain, départ pour Préveza que nous ne connaissons pas encore.



Préveza… Du 26 mai au 9 juin…

Pour arriver à destination, il nous faut tout d’abord passer par le chenal Lefkadas qui fait plus de trois milles nautiques. Nous croisons quelques voiliers en sens inverse. Nous passons près de la grande marina puis nous patientons pour l’ouverture du pont. Alors que nous franchissons ce dernier, il me semble voir celui-ci se refermer. Je ne rêve pas, ils sont bel et bien en train de refermer alors que nous sommes encore dans le passage. Je crie à Martin de mettre les gaz mais nous sommes déjà à fond ! Heureusement, nous passons sans difficulté mais ces couillons m’ont fait flipper. Nous laissons derrière nous les îles ioniennes pour rejoindre la côte continentale.




À notre arrivée sur Préveza, plutôt que d’aller au quai municipal (bordé de bars et restaurants), nous préférons tenter notre chance à la marina située juste en face. Elle semble bondée mais nous arrivons à dénicher une petite place. Après une manœuvre rendue délicate par l’étroitesse de l’emplacement et le vent de travers, nous sommes bien contents d’être confortablement installés alongside.


Préveza est située au nord-ouest de la Grèce, à l’entrée du golfe d’Arta. Si elle ne déborde pas de charme, c’est un petite ville animée et ses quelques ruelles bordées de vieilles maisons, son front de mer et sa fête foraine en font un lieu agréable.









Alors que nous avions, dans un premier temps, envisagé de partir de l’île de Paxos pour rejoindre la Sicile, nous décidons, finalement, d’attendre à Préveza la bonne plage météo et de partir de là. Les jours se succèdent et comme dit le dicton breton : « Qui regarde trop la météo, reste au bistrot ». Le vent d’ouest ne veut pas nous lâcher (petit problème quand, justement, on veut aller vers l’ouest !). Le temps redevient capricieux et nous essuyons même un bel orage.



Dans l’attente, nous louons une voiture une journée pour visiter les environs:
Parga,





 Sivota,



La côte est belle mais très touristique. La moindre crique est aménagée de parasols, bars…


Au bout de plusieurs jours, nous entrevoyons, enfin, la possibilité de partir. Le vent tournant au nord (c’est mieux que rien), il ne faut pas hésiter. Les prévisions météorologiques se confirmant, le départ est fixé au lundi 9 juin. C’est une navigation de 300 milles qui nous attend pour atteindre Syracuse soit une soixantaine d’heures (eh oui, quand même). Nous préparons tranquillement notre route, le bateau, l’avitaillement… Un dernier gyros et nous sommes prêts.


Demain, c’est le grand départ.