lundi 30 septembre 2013

FINIKAS, ÎLE DE SYROS (CYCLADES) (du 27 au 29 septembre 2013)


Syros est le chef-lieu des Cyclades et l’île la plus peuplée de l’archipel. Elle n’est pour nous qu’une étape sur le chemin de Paros où nous comptons séjourner plus longtemps.
La navigation des 25 milles qui nous séparent de Finikas se déroule tranquillement. Un petit vent nous accompagne permettant à Yvanan de glisser langoureusement sur l’eau tandis que nous profitons du paysage et de la chaleur du soleil.



À notre approche, le bassin intérieur du port de Finikas est rempli de bateaux locaux mais le quai extérieur est, quant à lui, quasi-désert et nous en profitons pour nous mettre alongside. Juste le temps de déjeuner et le responsable du port vient gentiment nous demander de prendre une pendille. C’est de bonne guerre et nous nous exécutons bien volontiers.


Après avoir déplacé Yvanan, nous partons faire un petit tour dans le village qui se résume à une grande rue principale bordée de quelques commerces (dont une boulangerie dont nous n’aurons de cesse de goûter les spécialités et le bon pain), les traditionnelles tavernas, le petit port et la jolie plage de sable fin. Même si le lieu n’a pas de charme à proprement parler, il nous séduit par l’aspect paisible qui s’en dégage et nous restons une journée de plus pour profiter de la plage. Tandis que je fais bronzette en compagnie d’un bon bouquin, Martin plonge dans une mer encore délicieusement chaude et d’une limpidité incroyable qui lui permet d’admirer les poissons.
Quelques scènes de vie à Finikas…




Clin d'œil à Orianne et Gauthier : vous reconnaissez ?

Pas mal pour prendre un petit verre !

Discussion entre copines à la plage.



Prochaine destination : Paros

samedi 28 septembre 2013

KYTHNOS (CYCLADES) (du 24 au 27 septembre 2013)


ORMOS APOKRIOSIS (du 24 au 25 septembre)

Départ matinal de Poros pour effectuer les 45 milles nautiques qui nous séparent de notre première étape dans les Cyclades et rejoindre l'île de Kythnos.



Le ciel est bleu, la mer est belle et le vent nous permet d'avancer à une vitesse de six nœuds au travers.



Depuis le temps que nous entendons parler des Cyclades, nous sommes impatients de découvrir ces fameuses îles. Elles forment un ensemble de 56 îles et îlots dont une vingtaine sont habitées. On attribue leur nom au fait qu'elles dessinent un cercle autour de l'île sacrée de Delos. Certains affirment que ce nom serait dû à la force des vents qui soufflaient si fort que cela obligeait les bateaux à tourner "en rond". Ça promet pour les navigations. En effet, nous avons beaucoup entendu parler du fameux vent du nord "le Meltem" qui peut souffler à force 5 ou 6 et peut atteindre force 7 ou 8 voire plus et ce, pendant plusieurs jours d'affilée. Normalement, il est à son maximum durant les mois de juillet et août et commence à s'essouffler en septembre. Nous espérons avoir fait le bon choix en attendant cette période pour nous y rendre. On verra bien mais, en attendant, je suis moyennement rassurée et garde un œil constant sur la météo. En tout cas, pour cette navigation, pas de rencontre avec le grand méchant Meltem ! Ce serait même plutôt le contraire : le vent tombe complètement en début d'après-midi nous obligeant à poursuivre au moteur.


Pour notre première nuit sur Kythnos, nous avons prévu un mouillage à Kolóna ou à Fikiadha, deux plages qui forment une superbe langue de sable blond bordée, de part et d'autre, d'eau turquoise. Évidemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée. Et à l'approche, nous apercevons de nombreux bateaux sur place. Préférant la tranquillité, nous partons jeter l'ancre juste à côté, à Órmos Apokriosis où nous nous retrouvons seuls.


Le premier aperçu des Cyclades correspond assez à l'idée que nous nous en faisions : des collines très arides, de belles plages, une eau transparente, une petite taverna les pieds dans l'eau (bon, pas de chance, celle que nous apercevons semble fermée), une petite chapelle dont la blancheur détonne sur le paysage couleur sable et les chèvres qui gambadent gaiement signalant leur présence par le ding ding de leur clochette. Tout cela confère un aspect bucolique à l'endroit.




Nous mettons Minyvanan à l'eau pour aller faire quelques pas sur la plage d'où nous admirons le coucher de soleil et notre beau bateau.



La nuit est calme mais une petite houle provoque un roulis dont je me serais bien passée. Martin, quant à lui, n'a pas eu l'air d'être trop dérangé au vu de ses ronflements.
Mercredi matin, le soleil s'élève doucement tandis que nous prenons notre petit-déjeuner dans le cockpit savourant le calme et la beauté des lieux. Seules les chèvres nous rappellent que l'île est habitée.
Nous levons l'ancre, paresseusement, en fin de matinée pour rejoindre le port de Loutra située à 13 milles d'ici, sur la côte Est de Kythnos.



LOUTRA (du 25 au 27 septembre)

À notre arrivée sur place, nous sommes bien contents de trouver une place le long du ponton à l'intérieur du bassin (en général, les places les plus prisées car pas besoin de jeter l'ancre et donc pas de risque de se retrouver empêtrés avec les ancres des bateaux voisins au moment du départ, grand classique des ports grecs).


Le petit port de pêche et de plaisance est croquignolet (je sais que certains aiment bien que j'utilise ce terme) et forme avec la petite plage et les nombreuses tavernas éclairées aux lampions un tableau plein de charme. Le tour du village est vite fait et l'animation se concentre autour du port. Le soir, nous ne résistons pas à l'appel d'une de ces petites tavernas et nous offrons un repas grec avec tatziki, fromage local épicé, anchois marinés, moussaka et stifado (ragoût de viande aux oignons et aux tomates).








Jeudi matin, direction la plage. Loutra possède une particularité bien attrayante et que j'ai hâte d'essayer : des sources thermales dont les eaux chaudes proviennent d'un ancien volcan éteint. D'ailleurs un établissement thermal fut construit ici par le premier roi de Grèce. Le bâtiment tient toujours debout mais dans un état plutôt délabré. Apparemment, il est encore possible d'y prendre des bains.


Mais il existe un autre endroit où profiter des ces eaux chaudes, un bassin situé au bout de la plage. Le but du jeu, en haute saison, c'est de réussir à s'y retrouver seul et non entouré de parfaits inconnus qui, pour la plupart, ne trouvent rien de mieux que de se planter là, canettes de bière en main. Il y a mieux pour profiter de l'endroit. Nous attendons donc le moment propice pour nous glisser avec délice dans l'eau chaude. Que c'est bon, cela me rappelle les bains que je prenais chez moi et auxquels il m'arrive de penser avec une pointe de nostalgie parfois. Mais là, c'est encore mieux, la vue sur la mer, n'est pas comparable avec la vue sur le carrelage de la salle de bain !




Voilà à quoi ressemble nos journées, balades, baignades, lecture et aussi, radio ponton avec Martin qui ne manque, en général, aucune des arrivées au port et qui, toujours, accourt pour donner un coup de main pour l'amarrage (petit coup de gueule au passage à tous ceux qui regardent bêtement les bateaux arriver dans un port sans daigner lever leurs fesses pour venir aider. Nous, nous sommes toujours contents d’avoir quelqu’un à terre qui se propose pour prendre nos amarres et c’est pour cela que nous le faisons également quand nous le pouvons).
C'est aussi notre premier contact avec les bateaux de location qui n'ont pas fini de nous faire dresser les cheveux sur la tête surtout quand on les voit manœuvrer trop près d'Yvanan. La plupart est composée d’équipages exclusivement masculins qui, visiblement, sont là pour  faire la fête entre mecs ! À croire qu’ils font un concours de celui qui décapsulera sa canette de bière le plus vite possible, les amarres à peine posées et le moteur encore en marche. Nous regardons, parfois amusés, parfois effarés, ces voiliers de location (en général de beaux bateaux de plus de 45 pieds) nous demandant comment ils ont déjà pu arriver jusqu’ici vu leur façon de manœuvrer et, bien sûr, sans aucun égard pour le bateau. En gros, ils s’en foutent, ce n’est pas le leur. Pas plus qu’ils n’ont d’égard pour les autres quand ils rentrent à 3H00 du matin parlant fort et rigolant, alcool aidant. Propos à consommer avec modération car je ne parle pas de tous les gens qui louent des bateaux…mais juste de certains…

Bref, tout cela ne nous gâche pas notre plaisir de d’être dans les Cyclades et il nous tarde de découvrir notre seconde île.



Prochaine destination : Syros

mercredi 25 septembre 2013

POROS et ses environs (du 28 août au 24 septembre 2013)



Mercredi 28 août, nous décidons de lever l'ancre d'Epidaure pour rejoindre l'île de Methana située à 20 milles. Peu pressés, nous profitons du temps splendide pour plonger une petite tête avant de partir. Le temps est calme, nous avançons tranquillement et tandis que les garçons préparent le déjeuner...

Remarquez l'air concentré des garçons !

... des dizaines de dauphins viennent faire la fête autour d'Yvanan. Cela faisait un bout de temps que nous n'avions pas vu nos compagnons de navigation et nous tapons des mains et sur la coque pour les faire venir. Roger ne tient pas en place et ne résiste pas à l'envie de se mettre à l'eau (précaution prise de le retenir au bateau avec un bout).  Par 380 mètres de profondeur, très peu pour moi, je préfère observer le spectacle du bateau tandis que Martin prend des photos. Moments de joie comme à chaque fois de voir ces dauphins venir nous saluer.






Après être restés un bon moment avec eux, nous reprenons notre chemin. Arrivés sur Methana, nous voulions nous rendre au petit port de Vathi qui a l'air charmant. Hélas, c'est tout petit et il n'y a aucune place pour nous. Nous poursuivons, alors, jusqu'à Poros dans le golfe Saronique et jetons l'ancre dans Russian Bay. L'endroit est calme et nous ne sommes que trois bateaux, ce qui est plutôt un luxe en cette période de haute saison.


Le lendemain matin, nous découvrons avec ravissement l'endroit (hier, arrivés à la tombée de la nuit, nous n'avions pas vu grand-chose). Russian Bay doit son nom aux ruines de la base russe qui s'était établie dans cette baie naturelle et bien protégée au XIXe siècle. Face à nous se dresse l'îlot de Daskalio et sa chapelle qui, pendant l'occupation turque, servait de lieu d'exécution et qui, de nos jours, est un lieu de mariage (quand même plus sympa !). L'eau est d'un beau bleu turquoise et nous enfilons bien vite les maillots de bain pour aller voir de plus près poissons, anémones et autres éponges de mer....
La baie de Poros est grande et offre plusieurs mouillages tous bien abrités. Nous passons deux jours idylliques sur place entre baignades, lecture et fous-rires.





Nous prenons l'annexe pour visiter Poros qui se dresse fièrement au fond de la baie. Les maisons accrochées à la colline et la tour de l'horloge, les pentes vertes et boisées forment un charmant tableau. La ville est très touristique mais pas désagréable, les quais alignent bars, restaurants et boutiques à touristes mais il suffit de grimper quelques marches et vous vous retrouvez dans des petites ruelles désertes à déambuler parmi les bougainvilliers, les hibiscus et le jasmin odorant. Nous croisons, à nouveau, l'équipage de Liber et on s'organise une petite soirée gyros tous ensemble à bord d'Yvanan.







Vendredi, nous décidons de visiter les alentours et empruntons le chenal pour nous diriger vers Hydra.





Nous ne voulons pas aller jusqu'au port d'Hydra qui est petit, rempli de bateaux et bien bruyant en cette saison. On opte pour un mouillage à Spathi dans le golfe d'Hydra. Là, nous ne sommes que deux voiliers comme quoi, il est tout à fait possible de trouver des endroits déserts même en plein mois d'août grâce aux nombreuses possibilités qu'offre la Grèce en terme de mouillage. D'ailleurs pour notre seconde nuit ici, nous serons seuls, le top !  Des dizaines de poissons se précipitent autour du bateau et nous ne tardons pas à les rejoindre. Les journées passent vite surtout à ne rien faire... La seconde nuit est écourtée par le sifflement du vent qui devient de plus en plus persistant à quatre heures du matin. Nous pointons notre nez dehors pour vérifier que tout va bien. L'ancre tient bon mais je ne peux m'empêcher de veiller dans le cockpit bientôt rejointe par Petra.




Nous, on ne pêche pas... on nourrit les poissons !



Dimanche, il nous faut lever l'ancre et rejoindre Poros d'où Petra et Roger vont reprendre le ferry pour le Pirée. Petra s'apprête à lever l'ancre tandis que je trace la route sur le GPS.


Eh oui, leurs vacances touchent déjà à leur fin et il faut songer au retour. Pour des questions de commodité, nous prenons une place au port cette fois. Ce qui nous permet de filer bien vite à terre pour manger un petit gyros.



Le dernier soir, c'est au restaurant que nous fêtons ces 10 jours passés ensemble à bord. Merci les amis pour tous ces bons moments. Ce fut un vrai plaisir de vous avoir avec nous.

Poros, une étape bien agréable...

... malgré ses odeurs d'égouts !

Il me faut faire un aller-retour en France tandis que Martin restera sur le bateau. Nous optons pour rester à Poros qui offre toutes les commodités. D'autant plus qu'il m'est facile de rejoindre l'aéroport d'Athènes d'ici.

Martin et Yvanan, tout seuls !

Départ le samedi matin à 6H00 par le ferry (décidément je ne peux plus me passer d'être sur un bateau !). Ce dernier arrive avec une bonne heure de retard et je commence à stresser un peu pour mon horaire d'avion. Un bus relie directement le Pirée à l'aéroport mais selon les embouteillages, fréquents dans cette ville, je peux mettre un sacré bout de temps. Quelques secondes d'hésitation et je m'engouffre  dans un taxi pour être sûre d'arriver à l'heure. La course fut des plus... Folkloriques... A peine le chauffeur allume-t-il le moteur que le témoin d'essence s'allume. Ce n'est pas grave, un petit arrêt à la station service et le tour est joué. Je m'aperçois, amusée, qu'il ne trouve rien de mieux que d'allumer une cigarette en mettant de l'essence !!! Il reprend le volant et là, je constate que le paysage défile à une vitesse incroyable. Je me demande à combien il roule mais je préfère ne pas jeter de coup d'œil au compteur. Heureusement, quelques feux rouges permettent de freiner la course. Mais à chaque démarrage, cela reprend de plus belle. Ma fierté m'empêche d'ouvrir la bouche pour lui demander de ralentir. Au contraire, je fais style, je suis super à l'aise, confortablement installée à l'arrière et je regarde par la fenêtre (j'essaie d'apprécier le paysage mais ça va trop vite). N'y tenant plus, je jette un coup d'œil au compteur (toujours l'air de rien) qui indique 130. Grrrr...les panneaux indiquent 50... Ce taré n'a même pas les deux mains sur le volant... Mais il est où ce satané aéroport, à cette vitesse, je devrais déjà être arrivée. Heureusement que je ne lui ai pas dit que j'était pressée côté horaire. C'est quoi comme voiture ? Une Volkswagen, c'est une bonne voiture ça, bien solide qui doit avoir de bon frein (encore faut-il qu'ils soient entretenus). Alors que je m'apprête à réciter une prière, moi qui suis agnostique c'est pour dire, j'aperçois le panneau salvateur "aéroport". Le chauffeur stoppe son engin, je sors crânement de la voiture, affiche mon plus beau sourire et ne lui laisse aucun pourboire ! Avec tout ça, je suis, maintenant, bien en avance et ai largement le temps de prendre un café et de faire du shopping. Le trajet en avion n'est pas mal non plus, plus de deux heures avec l'interdiction de bouger et des turbulences sympas. Quel voyage !

Je suis bien contente de pousser la porte de la maison encore toute étonnée d'arriver saine et sauve. La semaine en France se déroule à un rythme d'enfer, les différents rendez-vous, les repas avec la famille et les copains, l'entretien du jardin (qui ressemble à la jungle) et de la maison (devenue un abri pour araignées)... Bref, je cours, je cours mais toujours avec beaucoup de bonheur de retrouver ceux que j'aime et qui me manquent tant quand je suis sur le bateau. Un grand merci à tous pour votre accueil et votre disponibilité.

Martin, quant à lui, crève de chaud et prend ses petites habitudes, un petit café au Dyonisos, un petit gyros au Corner et une glace.


Le temps est calme et, heureusement, personne n'est venu s'emmêler avec notre ancre au risque de nous décrocher, ce qui aurait pu contraindre Martin à manœuvrer seul le bateau. Le lundi, alors que je suis sur le chemin du retour, Martin m'envoie un SMS pour me prévenir qu'il ne pourra probablement pas venir me chercher à la descente du ferry car c'est la tempête à Poros et il ne peut quitter Yvanan : " Tandis que je prépare dignement le retour de Muriel à bord, le vent commence à siffler dans mes oreilles. Je jette un coup d'œil aux amarres mais pour le moment, rien d'inquiétant. On sent une certaine fébrilité sur les bateaux. Dans l'après-midi, le vent se renforce et les vagues commencent à se former dans la baie repoussant les bateaux sur le quai. Tout s'enchaîne rapidement et je me tiens sur le qui vive au cas où. Tandis que certains rajoutent des pare-battes supplémentaires, je vais reprendre un peu de chaîne pour m'éloigner du quai. Ça commence à bouger sérieusement ici et l'amarre du bateau à notre tribord vient de lâcher. La situation empirant je décide d'allumer le moteur pour tenir Yvanan à une distance de sécurité du bord. La tempête bat son plein et le bateau swingue faisant de sacrés bonds à tel point que le davier se retrouve bientôt sous les flots. La baie est maintenant couverte de moutons et le vent atteint force 8. Cela va durer deux bonnes heures assez épuisantes pour tout dire et puis Muriel arrive enfin. Il est 20H00, c'est encore un peu agité puis l'accalmie revient. Ouf, c'était chaud ! ". J'ai eu, quant à moi, le beau rôle dans l'histoire car je n'ai débarqué qu'après le coup de feu. Je suis bien contente de retrouver Martin, rassurée de constater qu'il n'y a eu aucun dégât. Nous fêtons mon retour autour d'une bonne tartiflette car, évidemment, ma valise est pleine à craquer de bonnes choses à manger.

Oh, la bonne odeur de Reblochon !!

Les jours suivants, nous attendons patiemment une météo favorable pour nous lancer vers les Cyclades, ce qui ne tarde pas à arriver.


Prochaine destination : Kythnos