vendredi 30 août 2013

EPIDAURE (du 26 au 28 août 2013)


Le canal de Corinthe passé sans encombre et plutôt rapidement, nous décidons de poursuivre notre navigation jusqu'à Epidaure d'autant plus que l'équipage de "Liber" est sur place et nous ont confirmé que le site était très sympa.


25 milles de plus et nous débarquons dans cette magnifique baie qui parait, de prime abord, effectivement, bien accueillante. Nous ne tardons pas à repérer Cyril qui se précipite pour nous accueillir. Nous optons pour la solution la plus confortable et amarrons Yvanan le long du quai (pour finalement bouger 1h00 plus tard à la demande du Coast guard de nous mettre cul à quai et laisser ainsi la place à d'autres bateaux. C'est de bonne guerre, les places sont chères en cette période de haute saison).




Nous retrouvons avec plaisir Karine, Cyril et Alphonse. Le petit port est adorable, le village croquignolet avec ses sempiternelles tavernas au bord de l'eau (mais on ne se lasse pas d'aller boire un verre en contemplant cette baie paisible et l'animation typique des débuts de soirées grecques quand tout le monde sort profiter de la douceur du soir). D'ailleurs, nous allons bien volontiers céder à la tradition en allant tous ensemble prendre un apéro le soir-même.

Nous profitons d'être là pour partir visiter le site d'Epidaure et son fameux théâtre. Nous nous engouffrons dans un taxi pour nous rendre sur place et convenons d'une heure de retour avec notre chauffeur. Le théâtre antique, merveilleusement conservé, est implanté au milieu d'un site grandiose. Considéré comme le plus parfait de l'Antiquité, il est non seulement, d'un point de vue architectural, d'une harmonie sans égale mais il possède, également, une acoustique exceptionnelle. Quelque soit l'endroit où vous vous trouvez, et même tout en haut des gradins, le son parvient avec une netteté incroyable. Tout le monde y pousse sa petite chansonnette planté au milieu du décor pour en tester la fameuse sonorité. Nous avons bien de la chance quant à nous car une jeune femme se met à chanter et il s'avère que c'est une cantatrice. Sa voix puissante se met alors à s'élever dans ce lieu magique. En silence, nous nous installons pour profiter de ce spectacle qui nous est offert. Merci à elle de nous avoir fait partager ce si beau moment.









S'il est célèbre de par son théâtre, le site était également un important centre thérapeutique et religieux, dédié à Asclépios, le dieu de la médecine. Hélas, il reste bien peu de choses du sanctuaire qui lui est dédié et les ruines, dévastées, sont peu parlantes.



Un dernier détour par le petit musée attenant et nous rejoignons notre taxi qui nous attend.


Le chauffeur nous offre un petit tour supplémentaire sur les hauteurs qui nous permet d'admirer la vue sur la baie et, bien sur, business oblige, c'est aussi, comme par hasard à cet endroit que son épouse tient une petit étal de fruits et légumes, miel et autres produits locaux. Ça tombe bien, on avait besoin de faire un petit avitaillement et c'est avec le sourire que nous jouons le jeu et faisons quelques achats.





Après la visite culturelle, c'est la détente.


Place à la baignade et tandis que Petra se laisse flotter tranquillement (Tongs aux pieds à cause des oursins),  Roger nous montre la technique du canard pour aller voir les poissons d'un peu plus près...


Après cette journée bien remplie, nos estomacs crient famine et les équipages de "Yvanan" et de "Liber" se retrouvent autour d'une table pour faire honneur à la cuisine grecque dans une joyeuse ambiance.


Après cette belle étape, demain, nous repartons poursuivre notre navigation toujours plus vers le sud.


Prochaine destination : Poros

mercredi 28 août 2013

GOLFES DE PATRAS & CORINTHE (du 12 au 26 août 2013)


Dans quelques jours, un couple d'amis vient nous rejoindre et nous les retrouverons dans le golfe de Corinthe. Au départ, nous pensions plutôt faire le tour du Péloponnèse par la côte ouest mais, finalement, cela nous plait bien de découvrir ces deux golfes probablement moins touristiques que les ionniennes et de passer le fameux canal de Corinthe.



Notez la force du vent : 0.0 !
MESSOLONGHI (du 12 au 17 août)

Notre première étape est la marina de Messolonghi. L'approche est assez insolite car nous sommes au milieu de marais salants. Tandis que nous approchons avec prudence le long du chenal, assez étroit et pas trop profond, nous découvrons d'adorables maisonnettes, chacune possédant son petit ponton personnalisé au bout duquel, la plupart du temps, sont installées tables et chaises longues. L'ensemble forme un cadre attachant et particulier.





Parvenus dans la marina, nous sommes dirigés au fond d'une allée par le marinero. Pas de chance, nous sommes sur le mauvais pas d'hélice et Martin peine à faire tourner Yvanan. Paf, on se prend la pendille du voisin. Pas de panique, nous nous dégageons en douceur pour recommencer la manœuvre et nous voici amarrés pour de bon. Pas mal de bateaux hivernent ici et la marina est bien remplie. L'endroit est plutôt sympa, ambiance de bateaux voyageurs, un bar-restaurant sur place et une petite ville à 10 mn à pied. Nous papotons avec plusieurs équipages français et l'un d'entre eux, trop sympa nous offre cassoulet et autre pâte Henaff car ils retournent en France. Ni une ni deux, dès le dîner, nous savourons le cassoulet malgré les 27°C présents.


Après quelques jours passés sur place, c'est l'heure du départ mais, avant, nous devons faire remplir notre fameux document de navigation, le " DEKPA". Nous nous préparons, donc, une nouvelle fois, à affronter l'administration grecque avec toute la patience dont nous disposons. Cette fois, ils sont vraiment sympas mais nous avons l'impression qu'ils ne savent pas vraiment comment remplir le document. Ils nous font tout de même revenir trois fois mais toujours avec le sourire, alors bon... Cette fois, ça y est, nous sommes prêts à poursuivre notre chemin.



TRIZONIA (du 17 au 20 août)

Aujourd'hui, notre navigation nous fait passer du golfe de Patras au golfe de Corinthe symbolisé par un impressionnant pont suspendu. Alors que nous sommes partis, ce matin, sur une mer d'huile et pas de vent, ce dernier se lève à l'approche du pont. Évidemment pas dans le bon sens. Déjà que nous subissons un courant de 2 nœuds de face, on se demande si on ne va pas finir par reculer !!! Sitôt passé le pont, la mer devient houleuse et le vent forcit. Nous avançons au près serré dans une mer agitée, arrosés par les embruns.  Nous sommes pas mal ballottés mais je constate, avec soulagement, que mon estomac tient bien le choc dorénavant.



Nous avions prévu d'aller faire un mouillage à Naupacte mais, vu le temps, nous préférons pousser jusqu'à l'île de Trizonia. Il est 20h00 et, visiblement, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée de nous abriter ici. Nous avons le choix entre le quai ou le mouillage dans la baie et nous optons pour ce dernier. Reste à se faufiler parmi les autres. La première tentative n'est pas la bonne, nous sommes trop prêts d'un superbe voilier italien et nous préférons bouger. Au bout de cinq tours de baie (!), nous trouvons notre place. L'île semble accueillante et paisible.




Le lendemain matin, nous mettons Minyvanan à l'eau et débarquons à terre. Nous tombons immédiatement sous le charme. C'est dimanche et les grecs sont venus en famille du continent pour passer la journée ici. C'est une ambiance bon enfant loin de l'aspect touristique des îles ioniennes. Pour en profiter encore plus, nous nous installons à l'une des petites tavernas et dégustons une bonne cuisine grecque : tatziki, caviar d'aubergines, calamars grillés...






Le petit tour de l'île est vite fait mais l'atmosphère tranquille et serein du coin nous incite à rester deux jours de plus. Il faut quand même bien songer à bouger d'autant plus que nos amis arrivent à Athènes après-demain et qu'ils nous rejoignent à Galaxidi.



GALAXIDI (du 20 au 24 août 2013)




Un petit saut de 19 milles nous amène à bon port. Nous appréhendons un peu l'arrivée car c'est la première fois que nous allons nous mettre à quai sur ancre.  Heureusement, il n'y a pas de vent et le quai municipal n'est pas plein nous laissant ainsi le choix de la place. Et puis, nous avons la chance de faire la connaissance de Cyril qui nous conseille et s'apprête à nous prendre nos amarres. Nous avons bien fait d'arriver tôt car le quai se remplit bien vite, Galaxidi étant réputée pour être une petite ville bien sympa. C'est vrai que le petit port avec ses cafés, ses tavernas, ses petites boutiques respire le charme.






Nous lions connaissance avec Cyril, Karine et leurs fils Alphonse. Première soirée et premier apéro tous ensemble sur leur bateau. Nous nous entendons tout de suite bien avec cet équipage franco italien et l'apéro se transforme en dîner. Ils partent demain mais comme nous allons dans le même sens, nous échangeons nos coordonnées pour nous retrouver dans un prochain port.


Le lendemain, nous préparons l'arrivée de nos amis ce qui signifie qu'il faut avant tout dégager la cabine arrière que nous avons tendance à considérer comme le fourre-tout du bateau ! Mince, qu'est-ce qu'on peut accumuler sur un bateau ! Non pas que la place manque, il suffit de ranger ! Après un bon ménage et quelques courses, nous sommes fin prêts à les recevoir et, aussi, très impatients. Ils arrivent demain, par bus, à Itea située à un quinzaine de kilomètres. Comme nous avons prévu la visite de Delphes, demain, avec eux, nous décidons de louer une voiture pour deux jours. Mode d'emploi d'une location à la grecque : le loueur nous apporte la voiture au quai vers 21h00,  fait signer le contrat à Martin où quasiment rien n'est écrit et ne trouve pas nécessaire de remplir la case indiquant les différentes éraflures de la voiture. Ceci dit, vu le nombre, on y aurait passé un bon moment. Pas de demande de permis de conduire, pas d'empreinte de carte bancaire, juste un numéro de téléphone pour l'appeler quand nous souhaiterons rendre le véhicule. Ben voilà comment ça se déroule ici. Question d'habitude. Le lendemain, c'est sous un beau soleil que nous accueillons Petra et Roger et nous sommes très heureux de les retrouver. Roger était notre moniteur lors de notre tout premier stage aux Glénans et nous étions restés en contact. Il avait eu la gentillesse de venir passer trois jours à bord d'Yvanan lors de la prise en main. C'est sympa de les avoir à bord pour quelques jours. Après les avoir mis dans l'ambiance grecque (comprendre ouzo et salade grecque), nous filons nous baigner puis une petite promenade en ville et la journée touche déjà à sa fin.



Le lendemain, nous partons découvrir l'intérieur de la région avec, au programme, le monastère d'Osios Loukas et le site de Delphes.  Notre premier arrêt nous fait découvrir un monastère à l'architecture byzantine splendide, planté au milieu de montagnes verdoyantes. Construit vers 1011, il n'est plus habité, aujourd'hui, que par une poignée de moines qui ne doivent pas avoir une vie trop dure.








Notre route en direction de Delphes nous fait traverser le village d'Arachova, une station réputée en hiver, situé au pied du mont Parnasse. Si ce n'est le fait qu'il est amusant de déambuler dans une station de sport d'hiver en Grèce, la ville ne présente que peu d'intérêt et nous passons notre chemin.


Delphes, en revanche, est une étape incontournable en Grèce. La légende raconte qu'un jour Zeus fit partir deux aigles des extrémités de la terre et qu'ils finirent par se rencontrer pour se poser ensemble à Delphes qui fût, alors, considéré par les grecs comme le nombril de la terre. Le site est grandiose, le panorama s'étend sur une belle vallée à perte de vue tandis que les parois du mont Parnasse se dressent majestueusement tout autour.





Le musée, quant à lui, présente une collection de sculptures et d'éléments architecturaux antiques d'une richesse incroyable. Après cette visite, on comprend mieux que ce soit le second site le plus visité en Grèce après l'Acropole.  À ne rater sous aucun prétexte.



Cette belle journée s'achève, la tête encore un peu au temps des dieux de la mythologie grecque. Mais demain, retour sur terre ou plutôt en mer. Prochaine étape : Nisoi Alkonidhes.

ALKONIDHES (du 24 au 25 août)

Il s'agit de trois petites îles situées à une trentaine de milles de Galadixi à l'est du golfe de Corinthe. L'endroit nous ayant été recommandé par un ami de Roger, nous décidons d'y passer une nuit au mouillage. La navigation se déroule tranquillement entre papotage et apprentissage des nœuds (Roger est un passionné de matelotage).


Le midi, nos amis nous concoctent leur fameux "Burger" qui deviendra un must de l'été.


Puis, nous arrivons en fin d'après-midi et, là, stupeur, l'endroit est envahi par toute une troupe avec tables, chaises, tentes... De loin, nous pouvons déjà entendre la musique et les rires. On se regarde et on fait demi-tour aussi sec pour contourner l'île et mouiller de l'autre côté. L'endroit est plutôt sympa mais, apparemment fréquenté le week-end par les gens qui viennent en bateau pour passer la journée comme en témoignent, malheureusement, les nombreux déchets qui jonchent le sol. Quel spectacle désolant et navrant que de voir cette nature pourrie par la main de l'homme. Le lendemain matin, nous prenons notre temps et en profitons pour piquer une tête. Roger a la très bonne idée (et le courage) d'aller gratter notre hélice tandis que Martin frotte la coque. Nous, les filles, on barbote. Puis, c'est le départ pour la prochaine destination : Kiato.



KIATO (du 25 au 26 août)

Kiato n'est qu'une étape technique qui va nous permettre d'attendre de passer le canal de Corinthe. À notre arrivée, la chance nous sourit et nous trouvons une place le long du quai. Après un petit tour en ville, nous poursuivons notre étude (très sérieuse) sur "les meilleurs gyros en Grèce" et il faut avouer que ce soir-là, ils étaient fameux.



Demain, canal de Corinthe, nous voilà !

CANAL DE CORINTHE (le 26 août)

Dix petits milles et c'est l'entrée ouest du canal. Long de plus de 6 km et large de 23 mètres (ça m'a paru beaucoup plus étroit à moi vu du bateau !), son histoire n'est pas banal. Dès l'an 67, Néron songea à faire ouvrir un canal pour permettre le passage des bateaux et des milliers d'esclaves furent envoyés sur place mais les travaux ne furent jamais achevés et il fallut attendre 1893 pour que le canal soit inauguré. Le trafic y est, de nos jours, dense et son étroitesse ne permet pas un trafic dans les deux sens. Il faut donc passer à tour de rôle. Et il faut parfois patienter jusqu'à trois heures avant d'être autorisé à y pénétrer. À notre arrivée, nous ne sommes pas trop nombreux mais, très vite, cela augmente. Nous avons de la chance car nous ne patientons qu'une quarantaine de minutes avant l'ouverture du pont.  Nous sommes une quinzaine de bateaux à nous suivre en file indienne prudemment éloignés les uns des autres. Martin est à la barre et nous aux appareils photos. C'est impressionnant. La terre paraît avoir été tranchée d'un coup net et des parois vertigineuses de plus de 79 mètres semblent nous engloutir de part et d'autre.  Nous passons sous plusieurs ponts métalliques dont certains sont envahis par des touristes qui nous lancent de grands bonjours auxquels nous répondons bien volontiers. À la sortie, nous sommes tout contents d'avoir traversé le canal de Corinthe. C'est tout de même un plaisir cher payé (187 euros pour Yvanan), ce qui en fait la canal le plus cher du monde et, probablement, aussi, le kilomètre le plus cher ! Mais c'était vraiment un super moment en bateau.




Ainsi nous sortons du golfe de Corinthe et partons naviguer dans le golfe saronique et découvrir de nouveaux endroits.

Prochaine destination : Epidaure