lundi 17 juin 2013

SICILE - MAZZARA DEL VALLO (du 15 au 16 juin 2013)



C'est la première fois que nous mettons les pieds en Sicile et nous sommes curieux de découvrir cette île dont tout le monde semble revenir conquis.
Pour se mettre dans l'ambiance, nous décidons de revoir le film " Le Parrain " avec Marlon Brando et nous retenons la devise sicilienne : " ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire "...


La Sicile ne se raconte pas, elle se vit. Rarement, elle nous a fait  hurler (il faut pratiquement se jeter sous les roues des voitures pour pouvoir traverser, ce qui n'est pas sans risque vu la vitesse à laquelle ils conduisent), parfois, elle nous a agacés (les horaires siciliens sont très " personnels " et au bon vouloir des commerçants), souvent, elle nous a émue (la gentillesse des siciliens ne cessera de nous étonner tout au long du voyage) et, toujours, elle nous a fait sourire car ce sont de sacrés numéros ces siciliens ! Sûr, la Sicile ne peut laisser indifférente. De notre mois passé sur cette île, nous n'avons fait qu'effleurer son âme mais elle nous a conquis. Au-delà des nombreux sites à visiter et des paysages à admirer, ce sont les siciliens qui ont su nous montrer le vrai visage de leur île.


L'itinéraire décidé par l'équipage est de longer la côté sud (pourquoi pas le nord ? Ben au pif parce qu'il fallait bien faire un choix) soit quelques 200 milles nautiques avant de rejoindre le sud de l'Italie.


Notre première étape est Mazzara Del Vallo plus une étape technique qu'autre chose. Notre premier contact sicilien est l'exception qui confirme la règle ! D'abord, le port n'est pas terrible (et je ne vous parle pas de l'odeur), nous manquons de nous tanker à notre arrivée et l'ormeggiatore ne trouve rien de mieux à faire que de lâcher notre amarre lors de la manœuvre d'approche pour répondre sur son portable puis de partir tranquillement nous laissant là, sans voix ! L'imbécile, je ne décolère pas.



Puis, quelques minutes plus tard, nous découvrons l'hospitalité des siciliens tandis que la fillette du bateau voisin vient nous offrir de belles figues de son jardin pour nous souhaiter la bienvenue. Et ce n'est que le premier témoignage d'une longue série de l'hospitalité de ce peuple.


Une petite balade nous permet de découvrir une ville animée, sympathique et possédant quelques beaux monuments...







Et une bien jolie mariée...


Allons voir un peu plus loin s’il y a des coins plus sympas…

Prochaine destination : Sciacca




samedi 15 juin 2013

TRAVERSÉE SARDAIGNE - ÎLES ÉGLADES (du 13 au 15 juin 2013)



Il est 6 heures du matin lorsque nous appareillons du port de Villasimius en Sardaigne vers Marettimo, l’île la plus occidentale des îles Eglades au large de la Sicile. Il y a un peu plus de 140 milles nautiques à parcourir. Il fait déjà jour, mais en regardant vers l’Est, le soleil se lève à peine.



Tandis que Muriel est à la barre pendant que je range les pare-battes, un groupe de flamands roses vole dans le ciel. Nous passons le cap Carbonara avec quelques bateaux de pêche en visuel, quand une tourterelle, perdue en mer, vient se poser sur une barre de flèche du mât (que de plumes sur l’eau aujourd’hui !).


Elle se repose pendant une bonne heure, durant laquelle nous croisons un autre voilier se dirigeant vers la côte. La tourterelle laisse le bateau s’éloigner, puis soudain, s’envole dans sa direction, probablement pour se poser dessus et atteindre la terre.


Le vent prévu n’est pas au rendez-vous et nous n’arrivons à envoyer les voiles que pendant deux heures. Tous les équipages que nous avons rencontrés nous ont dit qu’ils ont fait la même traversée au moteur que ce fût dans un sens ou dans l’autre.
Le peu de vent retombe et nous avançons péniblement, ballotés par la houle.


Vers 18 heures, Muriel prend son quart pendant que j’essaie de me reposer un peu dans le carré. À 20 heures, quand je reprends mon quart, la nuit est déjà tombée et avec elle une forte humidité. Aux environs de minuit, un groupe de dauphins vient jouer avec Yvanan. Accoudé à la filière, je ne me lasse pas de les observer. Quelques méduses, rendues fluorescentes par l’obscurité de la nuit, s’ajoutent au tableau.
La nuit s’écoule doucement au son ronronnant du moteur et les dauphins reviennent me sortir de ma somnolence vers 3 heures, puis 4 heures. Nous avons croisé quelques gros bateaux de pêche et un cargo.
À 5h30 du matin, le soleil se lève à peine quand Muriel prend son quart et je vais me coucher.


J’ai dormi presque 4 heures d’affilée, et, lorsque je remonte dans le cockpit, Muriel m’annonce qu’elle a vu deux tortues nager à la surface… Hop, une troisième ! Celle-ci, je l’ai vue aussi ! Par contre jamais le temps de les prendre en photo.
La chaleur du soleil a séché le cockpit, les dauphins sont revenus jouer avec nous et nous apercevons maintenant l’île de Marettimo.






Nous entrons dans le port, un ormeggiatore vient nous indiquer notre place et nous prendre les amarres. Nous atterrissons à 14h30, sous un beau soleil.





Le seul village de l’île abrite un petit port que se partagent le ferry, les pêcheurs et les plaisanciers qui ont accès à un petit ponton tout proche d’une petite plage fréquentée par les locaux et de rares touristes. Nous réglons les formalités habituelles et nous acquittons du prix de la nuit, pas peu cher et sans négociation possible. Enfin, nous sommes contents d’avoir atteint la Sicile et nous partons aussitôt à la découverte du village.




L’architecture est d’influence maure, avec de petites maisons surmontées de terrasses, formant de nombreuses ruelles sinueuses. Les habitations ont souvent la porte ouverte et l’on peut discrètement entrevoir quelques tranches de vie ou humer les odeurs de cuisine, ce qui finit d’ailleurs par nous mettre en appétit. 
Nous allons prendre un apéritif à la terrasse d’un café, avec une vue plongeante sur le port et la mer. Une bière bien fraiche, servie avec de délicieux toast et nous voilà en train de discuter avec un Sicilien, en vacances sur l’île avec son épouse et leur tout jeune bébé.


Yvanan au ponton



Nous rentrons sur le bateau, dînons et préparons la navigation du lendemain vers la Sicile.


L'entrée de la marina


Prochaine étape : Mazzara del Vallo



VILLASIMIUS - SARDAIGNE (du 7 au 13 juin 2013)


Notre prochaine destination est Villasimius qui se situe à l'extrême sud-est de la Sardaigne à 37 milles environ. C'est notre dernière étape sur cette île d'où nous partirons pour la Sicile.


Top départ à 8h30, à la fraîche. Nous croisons les pêcheurs qui rentrent de leur nuit en mer.  Depuis notre rencontre avec notre ami pêcheur, Curro, je reste admirative devant ces hommes pour leur endurance et leur amour de la mer.


La navigation est tranquille et une légère brise nous permet de hisser les voiles tandis que nous passons le cap Spartivento et son phare visiblement transformé en hôtel. Plutôt sympa le site !




L'arrivée à la marina de Villasimius se fait en douceur et après avoir fait le plein de gasoil, nous sommes dirigés vers une place par le marinero. La marina est loin d'être remplie mais il y a quelques bateaux en transit comme nous.

Yvanan, encore la plus petite !
Villasimius est une station balnéaire très fréquentée l'été avec de nombreux hôtels et campings mais qui sont disséminés dans la pinède et aucune vilaine construction ne vient enlaidir la côte et ses superbes plages. La marina est moderne et il y a quelques magasins : coiffeur, parfumerie, épicerie de luxe... Plutôt destinés à la jet-set des gros yachts tout ça ! J'aurais largement préfèré une supérette !





Le lendemain, nous passons la journée à inspecter le safran qui émet un méchant grincement qui ne nous plaît pas du tout. Il nous faut d'abord vérifier le mécanisme intérieur. Ce qui implique de se frayer un passage jusqu'à la trappe d'accès située dans la cabine arrière. Plus facile à dire qu'à faire vu le nombre de trucs accumulés là (c'est un peu le placard fourre-tout d'une maison). Trappe ouverte, il faut réussir à se contorsionner pour observer de près tout ce mécanisme. C'est la première fois que je colle mon nez à  cet endroit. Nous réussissons à localiser plus ou moins la provenance du bruit mais sans parvenir à identifier le problème pour autant. Au moins, je sais à quoi ça ressemble maintenant.  Nous voulons nous assurer qu'aucun bout n'est coincé à l'extérieur. C'est Martin qui s'y colle. Il n'imaginait  pas son premier bain en Méditerranée de cette façon ! Plonger dans les eaux d'un port n'est pas franchement ce qu'il y a de plus agréable, encore qu'ici, l'eau paraît plutôt propre. Quand il faut y aller, faut y aller...


La plongée n'aura pas servi à grand-chose, Martin n'ayant rien vu d'anormal. Retour à la case départ. Nous sommes un peu inquiets car cela nous embête de partir dans ces conditions jusqu'en Sicile sans avoir identifié le problème. Notre imagination commence à galoper : réparation, chantier naval, sortir Yvanan de l'eau et grosse facture... Pas de panique, nous surfons sur internet, nous ne devons pas être les premiers à rencontrer ce genre de problème (merci les forums bien utiles). Il semblerait que notre grincement provienne de l'usure des bagues de Téflon (kezako ? Moi pas tout comprendre dans ce domaine...). La solution préconisée paraît pour le moins surprenante mais facile à appliquer. Il suffirait de mettre du liquide vaisselle ! Nous hésitons à aller nous renseigner au chantier naval car nous ne sommes pas sûrs d'avoir bien identifié le problème. On se laisse le temps de la réflexion. De toute façon, nous sommes samedi après-midi et le chantier ne rouvre que lundi.
Dimanche matin, nous croisons l'équipage d'un bateau français, Guy et sa bande de "vieux" potes comme ils se définissent, arrivés la veille. Nous voyant penchés sur notre barre à roue, ils engagent la conversation et nous confirment qu'il doit effectivement s'agir des fameuses bagues de Téflon qu'il faudra à terme remplacer mais qu'il n'y a pas d'urgence et nous conseille de mettre du produit vaisselle. Va pour le produit vaisselle alors. Nous badigeonnons généreusement la bague et, ô miracle, le grincement s'atténue sans toutefois disparaître complètement. Problème temporairement résolu. S'ensuit l'inévitable apéro tous ensemble.
Soulagés, nous partons faire un petit tour à la plage. Nous sommes dimanche et nous ne sommes pas les seuls à avoir eu l'idée...



Plusieurs bateaux sont arrivés et nous sommes bloqués trois jours à cause d'un coup de vent.


Les conversations s'engagent : en anglais avec le bateau slovène juste à côté de nous et qui s'apprête à faire la transquadra avec l'ARC, en anglo-espagnol avec les allemands, Vanessa et Ralph sur leur beau catamaran rouge et avec Charlie l'espagnol qui ramène en solo son bateau à Barcelone. C'est très sympa ces échanges avec les autres navigateurs et nous sommes bien contents après nous être sentis un peu seuls cet hiver dans les marinas désertes.

Bon vent à "Endless Summer"
Nous avons sorti les vélos et en profitons pour faire de belles balades le long de la côte. Les plages sont superbes et l'eau cristalline.





Le temps passe vite comme d'hab, la météo nous offre une ouverture pour le départ, sans trop de vent mais c'est mieux que rien. Avitaillement à Villasimius où nous dénichons avec bonheur une supérette qui nous livre directement au bateau ! Le top ! Préparation de la navigation et rangement du bateau (c'est fou le bazar qu'on peut mettre des qu'on s'arrête quelques jours) et demain, nous appareillerons pour la Sicile . Youpiiii !!!!!



Prochaine destination : Marettimo, îles Eglades, Sicile