mardi 30 avril 2013

IBIZA (du 22 avril au 30 avril 2013)


Dès mon retour de France, nous pensions poursuivre notre voyage en direction d'Ibiza mais un mauvais mal de dos nous contraint à prolonger notre séjour une semaine supplémentaire. C'est donc avec impatience que nous larguons les amarres  ce lundi 22 avril pour découvrir une autre ile des Baléares : Ibiza. 


Sa réputation d'île fêtarde nous avait fait envisager de la zapper mais, finalement, nous sommes si proches qu'il serait bête de ne pas aller y jeter un coup d'œil, d'autant plus que Niek et Lily sur « Olim » (rencontrés à Formentera et que nous saluons s'ils lisent ces quelques lignes) nous ont affirmé que la visite de la vieille ville d'Eivissa (nom officiel de la ville d'Ibiza en catalan) mérite le détour. C'est donc sous un soleil éclatant, une mer lisse et pas de vent que nous parcourons les 15 milles nous séparant de notre destination. Préférant éviter le port d'Ibiza qui nous parait trop bruyant, nous optons pour la marina de Santa Eulalia située sur la côte Est de l'île. La navigation est tranquille et agréable, nous restons vigilants au moment de franchir la « Freu grande », l'une des trois passes entre Formentera et Ibiza, surtout attentifs aux mouvements des ferries, nombreux, qui assurent la liaison entre les deux îles.

La passe " Freu Grande "


Les remparts de la ville d'Eivissa

Notre arrivée au port de Santa Eulalia se fait sans problème si ce n'est un petit moment de doute quant à la disponibilité d'une place car un salon nautique doit avoir lieu ici même le week-end prochain. Oups, ce n'était pas prévu au programme ! Finalement, toujours très conciliants, nos amis espagnols nous trouvent une place à côté d'un vieux bateau battant pavillon anglais mais habité par un français.


Un peu plus tard dans la journée, nous nous baladons aux alentours de la marina. Santa Eulalia est une ville plutôt coquette et très touristique. D'ailleurs, nous entendons beaucoup parler français même si la majorité des étrangers sont anglais. La promenade en front de mer est très agréable et l'ambiance de la ville nous plaît bien.





Le lendemain, nous partons explorer un peu plus cette ville avec la visite de l'église du Puig de Missa située sur une colline d'où l'on bénéficie d'un beau panorama sur la ville et la mer. La promenade est charmante, il fait beau et chaud et nous sommes tous seuls, que demander de plus ?







Juste à côté, se situe le musée d'ethnographie installé dans une vieille demeure paysanne. Malgré un accueil plus que froid (ah ben oui, des espagnols pas sympas, ça existe !), nous découvrons la culture paysanne ibicenca aux travers des costumes, des bijoux et de l'organisation d'une maison traditionnelle ainsi que de nombreuses photos d'époque. Un petit musée vraiment intéressant.





Puis, nous redescendons vers le front de mer en longeant la rivière, la seule de l'île.


Le lendemain, nous découvrons Eivissa qui de prime abord ne présente pas d'intérêt si ce n'est, pour nous navigateurs, la présence de schipchandlers bien approvisionnés. Après un court passage par le marché (un peu trop bobo à notre goût), nous franchissons la porte principale des remparts pour pénétrer dans la Dalt Vila (la vieille ville ou ville haute) Inscrite au patrimoine de l'humanité par l'Unesco. Les remparts entourant la Dalt Vila ont été construits entre 1555 et 1585 afin de protéger cette dernière des assauts répétés des pirates. Ce sont les mieux conservés d'Europe. La vieille ville est un labyrinthe de petites rues où il fait bon se perdre avec, parfois, de superbes demeures protégées par leurs grands portails qui semblent abriter de véritables petits havres de paix.






La promenade le long des remparts offre des points de vue magnifiques sur la mer, le port et la ville. C'est vrai que cela valait la peine de surmonter notre a priori négatif car la Dalt Vila valait vraiment le coup d'œil.







Cela fait trois jours que nous sommes arrivés et nous songeons à poursuivre sur Majorque. Hélas le temps s'en mêle (cela devient une fâcheuse habitude...) et nous regardons le baromètre dégringolé d'un œil malheureux. En mettant le nez dehors, on ne peut que se rendre à l'évidence : on va, encore, de faire saucer !


Bon, c'est réparti pour plusieurs jours de pluie, un vrai déluge avec, en prime, encore ces satanés nuages transportant du sable. Le temps est si mauvais que la feria nautica est reportée. Nous prenons notre mal en patience pointant le bout de notre nez dehors dès qu'une accalmie se profile. Enfin, au bout de quatre jours, le soleil daigne réapparaître et notre départ est prévu après-demain. Martin profite de notre dernière journée au port pour réaliser une grande première : la vidange du moteur. Succès sur toute la ligne et notre moteur ronronne comme un bienheureux.


Nous fêtons cela au restaurant optant pour l'exotisme et la découverte des saveurs du Népal (un régal même si notre estomac peu habitué à une telle richesse d'épices se mettra à gargouiller le reste de la journée).


Puis retour sur le bateau que nous rangeons et préparons la navigation du lendemain.



Prochaine étape : Majorque

samedi 27 avril 2013

FORMENTERA (du 22 mars au 22 avril 2013)



Après une dernière consultation, la météo nous confirme une navigation au portant tout du long. Les prévisions annoncent des vents un peu plus forts que la veille pour la nuit. En moyenne, force 4 avec rafales à 6 beaufort (échelle de force du vent) avec une couverture nuageuse élevée bien qu’assez épaisse, mais surtout, sans précipitation. Muriel est un peu inquiète, mais reste confiante dans l’ensemble.


Nous appareillons à 14h40 au départ de Santa Pola et commençons notre traversée, d’une centaine de milles nautiques, vers l’île de Formentera aux Baléares que nous devrions atteindre dans la matinée du lendemain. La mer est peu agitée avec quelques moutons (écume) et une belle houle de travers.

L'île de Tabarca
Nous approchons au moteur de l’île de Tabarca, en face de Santa Pola, et contrairement aux prévisions météo, nous avons un vent de face. Une heure après, le vent commence à tomber légèrement, mais tourne enfin et nous hissons les voiles pour avancer à 5 nœuds au travers.


Le vent tombe complètement, mais la houle de travers est toujours bien là, ballotant Yvanan dans tous les sens, ce qui commence à incommoder Muriel. Nous nous résignons à rallumer le moteur alors que la nuit tombe, nous offrant un beau coucher de soleil.



Il fait déjà nuit noire à 21h14, quand nous passons à l’Est, laissant le méridien de Greenwich dans notre sillage.


Nous voyons quelques cargos sur notre tribord que je surveille attentivement, devant traverser leur couloir le plus perpendiculairement possible. La pluie fait son apparition et nous devons faire route toute la nuit au moteur, « à l’abri » des capuches de nos vestes de quart.

Muriel qui reste dans le cockpit pour me tenir compagnie, somnole, tourmentée par ce fichu mal de mer qui ne veut pas la quitter, alors que je profite de la beauté de la nuit en mer. Notre pauvre anémomètre ira jusqu’à nous indiquer 0,2 nœuds de vent réel… au lieu des rafales de 22 à 27 annoncées.
À 3h00, sur tribord, j’aperçois quelque chose « bouger » dans l’eau. Je me penche au dessus des filières pour découvrir qu’il s’agit d’un groupe de dauphins tous verts, éclairés par les feux de navigation (vert sur tribord, donc), nageant nonchalamment à côté d’Yvanan.

Il pleut toujours, quand, vers 5h00 du matin, un petit oiseau, perdu en mer, vient se poser sur le portique. Il est trempé, les plumes tout ébouriffées sur sa petite tête et paraît épuisé. Il repère la descente (entrée du bateau) et s’y engouffre, volant jusqu’à la cabine avant. Nous espérons qu’il pourra s’y reposer et repartir plus tard.
Le jour se lève sous un ciel très couvert et nous apercevons les côtes de Formentera et d’Ibiza.




À midi, nous entrons dans le port de La Savina à Formentera et nous amarrons au ponton essence pour y faire le plein après cette laborieuse navigation au moteur et sous une pluie qui n’aura cessé qu’au matin. Tout à coup, notre petit hôte à plumes, ravigoté, sort du bateau.
Nous nous dirigeons ensuite vers la capitainerie pour les formalités habituelles. On nous indique notre place qui nous paraît très étroite, mais on nous assure que l’on est sensés y rentrer « à l’aise ». Je rentre dans la darse en marche arrière et me présente devant notre place. En fait, elle est si étroite que Muriel doit aider nos pare-battes à passer par dessus ceux des bateaux voisins pour nous faufiler. Nous réussissons néanmoins notre manœuvre du premier coup, récoltant les félicitations du voisin qui observait de l’autre côté du ponton.



Nous faisons connaissance avec le voisin qui nous avait vus arriver, Ludovic, un français qui vit avec un ami sur un vieux bateau en bois. Nous apprenons qu’il s’agit d’un Camper & Nicholson de 1950, « Spirit of Yeoman III », qui a remporté la Fastnet en 1951.

http://yachts-ibiza.com/sailing/camper-nicholson-1950/

Le port est agréable et nous partons dès le lendemain à la découverte de l’île.



Formentera est la plus petite des îles des Baléares et forme, avec Ibiza, les îles Pityuses. D’une longueur de 19 km, c’est la plus préservée grâce aux efforts constants de ses habitants (10 000 habitants contre 45 000 en été) qui se battent contre toute urbanisation excessive.
Quelques photos valant mieux qu’un long discours, nous vous laissons vous rendre compte par vous même de la beauté des lieux.

Les plages d'Illetes








Cala Saona





Une faune et une flore riches et variées



La Posidonia, fleur marine, véritable poumon de la Méditerranée qui rend les eaux de Formentera si translucides. 
Le symbole des Baléares
Un requin de profondeur, involontairement pris dans les filets des pêcheurs puis relâché est finalement venu s'échouer dans la lagune.

Sant Francesc Xavier, appelée la "Capitale"




Le phare et le moulin de La Mola




Une régate a lieu le week end suivant et nous devons déplacer Yvanan le long d’un quai. Les participants à la régate arrivent au fur et à mesure avec toutes sortes d’équipages, plus ou moins à l’aise et respectueux de leurs bateaux et des autres occupants du port. Les voiliers, probablement loués, ont pour la plupart des voiles Dacron très chères et flambant neuves qui sont vite fait ficelées en tas. Ludovic ne les considère pas comme des voileux et les appelle les « régateux ».

À noter au premier plan le "rangement" des voiles.
Muriel devant se rendre en France une dizaine de jours, je reste sur place pour veiller sur Yvanan.
Le ferry qui emmène Muriel vers l'aéroport d'Ibiza
À son retour, nous préparons notre départ vers Ibiza.

Bye bye Puerto Savina !
Prochaine étape : Santa Eulalia, sur l’île d’Ibiza.