lundi 25 mars 2013

SAN PEDRO DEL PINATAR & SANTA POLA (du 15 au 22 mars)

Le passage du Cabo de Palos


Yvanan au ponton de San Pedro del Pinatar

Après une courte escale à San Pedro Del Pinatar situé à 35 milles de Cartagena et où nous passerons, enfin, une très bonne nuit, nous débarquons à Santa Pola après une navigation sans souci.


Les fermes marines à l'approche de Santa Pola

Située à une vingtaine de kilomètres au sud d'Alicante, la ville conserve le charme de son port de pêche et la marina Miramar est la plus confortable que nous ayons eue depuis notre départ.




Nous profitons de la quiétude des lieux pour…

… nous balader vers les salines également réserve ornithologique où nous avons la chance d'apercevoir les flamands roses,


savourer de goûteuses tapas au bord de l'eau et,


faire la fiesta sur Yvanan (euh oui, nous ne sommes que tous les deux et alors ? pas besoin d'invités pour faire une petite soirée cocktail après tout !)


L'aquarium se situant sur le port, nous ne résistons pas à l'envie d'aller y faire un petit tour pour observer la faune marine présente dans la baie de Santa Pola. Bien que petit, l'aquarium n'en est pas moins riche et très bien documenté  et nous passons un bon moment à observer balistes, mérous, raies, hippocampes, pieuvres...




Le temps passe vite ici tellement nous nous y sentons bien mais il nous faut avancer car nous avons bien d'autres endroits à découvrir.
La météo étant favorable pour une traversée jusqu'aux Baléares, nous décidons de modifier notre projet initial qui était de remonter un peu plus au nord jusqu'à Moraira pour rejoindre ensuite Formentera en une journée. Partir de Santa Pola suppose une navigation de nuit et l'idée ne m'enchante guère de prime abord. Mais les conditions sont réunies pour une traversée tranquille à savoir un vent ni trop faible ni trop fort, au portant (vent arrière) et, de toute façon, cela me fera un premier entraînement avant d'attaquer la traversée jusqu'à la Sardaigne qui, elle, sera de trois jours.
C'est décidé, nous partons le vendredi 22 mars pour rejoindre les Baléares et, plus précisément, l'île de Formentera située à 100 milles environ.
Vendredi matin, nous nous préparons sereinement et joyeusement car c'est l'anniversaire du capitaine aujourd'hui et il est tout heureux de fêter cet événement en pleine mer.


Prochaine étape : Formentera

lundi 18 mars 2013

CARTAGENA (du 10 mars au 15 mars 2013)



7h00 du matin, nous entamons notre navigation en direction de Cartagena pour une distance de 35 milles. Profitant du merveilleux lever de soleil, nous voguons tranquillement en attendant le vent de force 4 promis par la météo (mais qui n'arrivera pas évidemment). Pas de dauphins en vue cette fois mais nous avons la chance d'apercevoir un poisson lune que nous n'aurons, malheureusement, pas le temps de photographier.




Notre arrivée dans la baie de Cartagena est tranquille, comme nous sommes dimanche, le trafic de cargos est peu dense. Le port est doté de deux marinas : le club nautico à bâbord et le yacht club à tribord. Nous optons pour ce dernier motivés par les catways que nous sommes très heureux de retrouver, pensant bénéficier ainsi d'un plus grand confort (oh combien nous avions tort !). Le vent s'est levé (les prévisions météo étaient justes mais avec une demi-journée de retard seulement) et un fort courant chahute Yvanan et nous avec. Ce n'est pas grave, ça ira mieux demain. L'après-midi est déjà bien avancé mais nous ne résistons pas à aller faire un petit tour de reconnaissance de la ville. Nous commençons par traverser le campus universitaire (école polytechnique omniprésente) avant de nous diriger vers la vieille ville, ses petites ruelles, ses rues piétonnes bordées de magnifiques  immeubles et de nombreux commerces dans une ambiance de grande ville que nous n'avions pas côtoyée depuis longtemps. C'est plaisant de retrouver cette animation surtout en fin de journée quand les espagnols s'attardent aux terrasses des cafés pour discuter.

La magnifique mairie



Les petites bodegas...
où nous faisons nos pauses...
et profitons des tapas !
Cartagena est une ville de plus de 2500 ans d'existence qui offre au visiteur de nombreux témoignages de son histoire et des civilisations qui arrivèrent ici par la voie maritime : les remparts qui délimitent la vieille ville et portent le nom de Muralla Del Mar, le théâtre romain   ou encore le château de la conception, l'arsenal militaire... C'est sûr, les visites ne manquent pas. Nous commençons par la découverte du musée national d'archéologie sous-marine. C'est un véritable voyage à travers l'histoire, le commerce et le trafic maritimes avec d'impressionnantes reproductions d'anciennes embarcations. Le musée est très didactique et nous apprenons un tas de choses non seulement sur l'évolution de la ville de Cartagena indissociablement liée à la mer mais aussi sur les fouilles archéologiques elles-mêmes et les travaux minutieux réalisés sur les objets en vue de leur sauvegarde. Un musée à ne pas manquer si vous êtes un jour dans les parages.



Nous poursuivons nos visites par la découverte  du théâtre romain, l'un des plus importants d'Espagne. Construit  entre le Ve et le Ier siècles av JC, il ne fut découvert qu'en 1987. Avec une capacité d'accueil de plus de 6000 personnes, une scène de 43 mètres de long, il joua un rôle majeur sous l'empire romain.




Nous étions, aussi, très curieux de découvrir le sous-marin Peral du nom de son inventeur Isaac Peral natif de Cartagena et qui créa le premier sous marin torpilleur en 1888. Voici ce que nous avons vu : mince, ils ont volé le sous marin !

En réalité, le sous-marin est en restauration

Voici ce que nous aurions du voir :


Si la ville de Cartagena mérite un séjour prolongé de par la richesse de ses monuments et de ses musées, le port, en revanche, nous laissera un souvenir des plus "remuant". En effet, durant notre séjour, nous serons ballotés inlassablement par un fort courant qui n'aura de cesse de nous bousculer et de faire grincer les amarres en permanence malgré les nombreux réglages que Martin tentera plusieurs fois par jour.

Molly, une belle anglaise invitée à bord

Quelques jours plus tard, il est l'heure pour nous de reprendre la mer.


Prochaine étape : San Pedro Del Pinatar et Santa Pola

mardi 12 mars 2013

AGUILAS (du 25 février au 10 mars 2013)


Nous quittons la marina de Garrucha à 8H30 ce lundi matin avec pour objectif de rejoindre Cartagena située à une cinquantaine de milles. Le soleil est déjà présent mais le vent trop faible ne nous permet pas d'arrêter le moteur. Peu à peu, le vent se lève et nous pouvons hisser les voiles mais nous nous traînons pas mal car on ne peut pas dire que le courant soit de notre côté. Martin passe un grand moment dans le carré car notre speedo (l'appareil servant à mesurer notre vitesse) refuse de fonctionner, ce qui arrive fréquemment, l'ailette s'encrassant rapidement dans les eaux du port. Au bout d'une demi-heure, Martin renonce. Nous nous passerons du speedo pour cette navigation. Le vent forcit de plus en plus, la mer devient plus agitée et nous n'avons pas envie d'arriver à la nuit tombante sur le port de Cartagena. Aussi, nous prenons la décision de bifurquer sur Aguilas. Cartagena attendra bien encore un peu... 



Nous arrivons dans une marina toute pimpante et récente (tellement récente qu'elle n'est, d'ailleurs, pas répertoriée sur notre bloc marine). Toujours le même circuit à notre arrivée : formalités à la capitania puis un marinero nous aide à nous amarrer avec les pendilles. Après avoir tout rangé sur le bateau, nous décidons d'aller faire un tour dans le centre d'Aguilas situé à une dizaine de minutes à pied. Alors que nous sommes parés à partir, j'ai juste le temps de me retourner pour apercevoir Martin louper son saut sur le ponton et, sitôt, entendre un plouf. Ben, ça y est, le voilà en train de prendre son premier bain méditerranéen même si ce n'est pas comme cela que nous l'imaginions ! Depuis le temps qu'on se dit qu'il nous faut trouver une passerelle. À vrai dire, j'étais persuadée que j'y passerai la première parce que, parfois, mes sauts sont des plus acrobatiques pour aller à terre. Pas le temps de rire (ni de prendre une photo, désolée) parce que Martin se débat tant bien que mal, s'accrochant à une amarre pour tenter de ne pas être trempé en totalité. Je lui descends l'échelle pour qu'il puisse remonter à bord. On oublie, pour ce soir, la visite de la ville. Pas de bobo donc tout va bien si ce n'est l'appareil photo qui a rendu l'âme ! On éclate, enfin, de rire et Martin me confirme que l'eau est, encore, fraîche vu la saison.

La météo continuant à nous jouer de sales tours, nous restons bloqués bien plus longtemps que nous ne le souhaitons. Mais encore une fois, nous prenons notre mal en patience d'autant plus que l'escale est loin d'être désagréable.


La marina est confortable, nous sommes tous seuls et le personnel est aux petits soins. Nous découvrons, pour la première fois, la région de Murcia. Aguilas est une petite ville sympathique comme tout avec sa petite place centrale et son beau jardin, son port de pêche, sa promenade le long de la plage d'où se détache, en fond, le château. 



Le port de pêche
La pluie s'invite un jour sur deux nous laissant, parfois, une grosse surprise. Ainsi, en ce lundi matin où nous découvrons, effarés, Yvanan trempée et recouverte de sable. La nuit précédente, la pluie n'a pas cessé de tomber accompagnée de fortes rafales. Mince, c'est bien la première fois qu'il se met à pleuvoir du sable sur nos têtes ! Nous croisons un marinero qui regarde, d'un air désolé, les pontons et les bateaux qui sont tous aussi sales. Il nous explique que les nuages ont transporté ce sable depuis le Sahara où le vent a soufflé à plus de 200 km/h. Il faut avouer que ce n'est quand même pas de chance que ces nuages aient décidé d'éclater au-dessus de nos têtes. Le marinero espère que la pluie va, à nouveau, tomber pour nettoyer un peu tout ça (sans le sable ce coup-ci). Ok, nous on va plutôt prendre l'option tuyau d'arrosage parce que là, il y en a vraiment partout... C'est Martin qui s'y colle et qui y passera deux heures. 



Nous en profitons pour visiter le château de San Juan de Las Aguilas dont la silhouette domine, fièrement, la ville. Après une petite ascension qui devrait bien muscler nos cuisses, nous profitons d'une vue magnifique à 360° sur la ville et la baie. 




La visite se révèle intéressante retraçant l'histoire de la ville et de ses habitants intimement liée à celle du château. Ce dernier fut érigé en 1756 dans le but de repousser les attaques de pirates turques et berbères qui dévastaient la côte a cette époque. 



Pour nous récompenser de notre petite ascension (toutes les excuses sont bonnes), nous déjeunons dans un charmant petit restaurant au rapport qualité-prix imbattable. Au bout d'un moment, nous tapons la discute avec le propriétaire des lieux qui est français (on s'en doutait un peu, la quiche lorraine étant au menu). Il est installé là depuis plusieurs années et ne regrette pas du tout son choix. Comme nous le comprenons. C'est toujours chouette de discuter avec des expatriés, connaître leurs motivations, comment ils vivent le fait d'être éloignés de leur patrie et quelle nouvelle vie ils se sont construits loin de leurs origines. 


Restaurante "Pie Castillo"
Au bout de quinze jours (ouf !), le temps finit par se calmer et nous pouvons envisager de poursuivre notre navigation.


Prochaine étape : Cartagena