samedi 17 novembre 2012

BENALMADENA (du 13 au 14 novembre)



La navigation se poursuit tandis que nous voyons la silhouette du rocher de Gibraltar s’éloigner à l’horizon.



D’après ce que nous avons pu en voir sur internet, Benalmadena est une grande marina et bien que le Bloc Marine souligne que celle-ci a obtenu, par deux fois, le titre de "meilleure marina du monde", nous ne sommes pas sûrs que nous nous y plairons. Cependant, elle est située à une distance raisonnable d'Estepona et nous calculons notre coup, en fonction de la météo, de façon à ne pas être bloqués plusieurs jours là-bas si l'endroit ne nous plaît pas.

Nos doutes deviennent rapidement des certitudes. La capitainerie nous attribue une place dans un coin de la marina, perdue parmi les gros bateaux à moteur. Martin doit zigzaguer pour pouvoir se faufiler jusqu’à notre emplacement. Un marinero (le seul sympa que nous rencontrerons) vient nous aider à amarrer (heureusement d'ailleurs car le quai est tellement surélevé qu'il m'est impossible de sauter dessus pour attacher le bateau). Yvanan bouge beaucoup et nous mettons un certain temps (pour ne pas dire un temps certain avec la mauvaise humeur qui va de pair bien sûr) à régler les amarres pour trouver un peu plus de confort. N'ayant pas internet à bord (la marina offrant, généreusement, 25 mn gratuites) et la capitainerie ne disposant pas non plus d'internet, nous partons à la recherche d'un café et en profitons pour découvrir les environs. La marina est immense (en grande partie des bateaux à moteur) et résidentiel (c'est à dire des appartements avec une place pour garer son bateau, so chic, non ?). Plus nous déambulons aux alentours de la marina et plus nous hallucinons. Tout nous semble d'assez mauvais goût, très m'as-tu-vu avec ses pseudos statues grecques, ses immeubles aux formes tarabiscotées (pour la plupart vides), ses nombreux bars et restaurants branchés aux prix branchés aussi mais, évidemment, rien de franchement authentiques).





À notre retour, nous tombons sur "Le" bateau le plus kitsch qu'il nous ait été donné de voir jusqu'à présent. Nous n'en croyons pas nos yeux, une couleur sombre, du bleu foncé virant au violet qui porte le nom de ... "zéro zéro Seven" ben mince alors, un proprio fan de James Bond ! L'intérieur semble, également, dans le même esprit, avec table transparente, bougeoirs en cristal, fauteuils couleur or... Je sais, c'est facile de critiquer... il en faut pour tous les goûts... Etc... Alors, nous vous laissons juger par vous-mêmes :

Ah, quand on a de l'argent...

on n'a pas forcément meilleur goût...


La décision est vite prise de ne pas s'attarder ici, nous repartirons dès demain.
Nous rentrons bien vite sur Yvanan, préparons notre itinéraire pour le lendemain, avalons de bonnes pasta et dodo.

Le lendemain, dès que le réveil sonne, nous sautons sur nos pieds pour partir sans tarder. Direction marina del Este.

Bye, bye Benalmadena, il est probable que nous n’y reviendrons pas.

jeudi 15 novembre 2012

ESTEPONA & RONDA (du 5 novembre au 12 novembre)


Profitant d'une journée sans pluie, nous reprenons notre route. Prochaine étape décidée par l'équipage d'Yvanan : Estepona.  
À nous la Méditerranée !



Nous nous frayons un chemin parmi les dizaines de cargos présents dans la baie d'Algeciras, laissant derrière nous l'ombre de ce rocher si particulier. 




Des dizaines de dauphins nous accompagnent, une fois de plus, pendant quelques minutes et j'enrage de ne pas réussir à les prendre en photos. Mais que le spectacle est beau !

Il s'agit bien d'un dauphin et non d'un requin !

La navigation se déroule sans problème mais c'est l'arrivée au port qui nous angoisse car nous allons affronter nos premières pendilles qui est la façon de s'amarrer du côté méditerranéen.  Pour faire simple, « il suffit » de faire marche arrière avec le bateau pour le présenter cul à quai, de sauter sur ledit quai (en priant pour qu'il n'y ait pas plus d'un mètre de hauteur) amarres en mains, d'attacher le bateau, de se saisir de la pendille (grosse corde) en question qui est attachée au quai et de la ramener à l’avant du bateau pour finir de la fixer sur ce dernier. Le truc le plus marrant, c'est la pendille  en question qui traîne depuis des lustres dans les eaux sales du port (quand je dis sale, imaginez-vous que les eaux usagées des bateaux se déversent, pour la plupart, dans le port...) et qu'il faut consciencieusement dérouler  tout le long du bateau pour la ramener à l'étrave.  Vous en mettez partout et mieux vaut mettre des gants si vous vous voulez éviter de vous couper avec les nombreux crustacés qui ont élus domicile sur la fameuse pendille. Simple, non ? Pour ceux qui n'auraient rien compris à mes explications (je ne serai pas vexée ne me trouvant pas très claire moi-même) et que ça intéresse, voici un article très instructif que nous avions soigneusement étudié avant notre arrivée :

http://www.voilesetvoiliers.com/croisiere/la-croisiere-sans-souci-pendille-quand-tu-nous-tiens-mediterranee-amarrage-port/

Nous voici, donc, à l'entrée d'Estepona et, au malheur, le ponton d'accueil est squatté par un gros bateau moteur qui n'a pas l'air de vouloir bouger de sitôt. Nous comptions nous mettre à ce ponton et demander l'aide d'un marinero pour notre première manœuvre de pendille. Tant pis, il va falloir se débrouiller tous seuls. La manœuvre est un succès total, enfin, du moins à nos yeux, moins à ceux des anglais d'à côté qui nous regardent d'un sale œil. On s'en fiche, nous sommes très contents de nous et nous partons d'un pas joyeux et sous la pluie, vers la oficina del puerto (capitainerie). Ici encore, un accueil très aimable nous est réservé et nous nous voyons même offrir une bouteille de vin en guise de bienvenue. 


Miracle, nous pouvons avoir internet sur le bateau. Nous ne nous doutons pas encore à quel point cela nous sera utile dans les jours à venir, bloqués sur le bateau à cause d'une pluie diluvienne et constante. La marina nous désigne un emplacement temporaire car nous ne pouvons pas rester où nous sommes. Deuxième manœuvre de pendille (à ce rythme-là, l'entraînement est intensif). Je me tiens prête à sauter sur le quai pendant que Martin manœuvre habilement Yvanan entre deux bateaux. Ça y est, nous sommes amarrés et, après quelques ajustements, nous partons repérer les alentours.




La marina est entourée de bars et de restaurants. Estepona n'est pas désagréable mais il s'agit, encore une fois, d'une station balnéaire envahie par les retraités anglais qui ont élus domicile ici, ce qui manque un peu de charme. En revanche, toutes les commodités sont à proximité et la marina est à taille humaine. Expérimentant pour la première fois l'amarrage méditerranéen, j'ai  eu assez peur les deux premiers jours d'avoir du mal à m'y faire car Yvanan bouge beaucoup et mon estomac semble décidé à l'accompagner mais, finalement, tout rentre dans l'ordre.

La pluie ne veut plus s'arrêter et cela va durer plusieurs jours d'affilé du matin au soir. Au point que nous doutons d'être sur la Costa del Sol que nous rebaptisons la Costa del Lluvia ! Bon, pas de quoi se plaindre car les températures avoisinent les 20° tout de même. Nous prenons notre mal en patience et les journées se déroulent tranquillement, l'occasion pour nous de sortir jeu de dames, Trivial Poursuit et autres jeux de société.

Au bout d'un moment, ma patience, qui n'est pas bien grande je l'avoue, commence à être mise à mal par les trombes d'eau qui ne cessent : ras le bol de revenir de la douche trempée (pas à cause de la douche mais de la pluie vous me suivez ?), ras le bol de ne pas pouvoir aller faire de longues ballades, ras le bol de ne pas pouvoir ouvrir les hublots sous peine d'inonder le bateau (bon, là, j'exagère un peu...). Ici, les espagnols n'en reviennent pas, ils n'ont pas vu autant d'eau depuis mars 2011 ! C'est bien notre veine...

Vendredi matin, nous entendons un bonjour français nous interpeller. Nous reconnaissons Pierre (du bateau Philauval que nous avions connu à Sines et croisé à Barbate et La Linea). Comme nous suivons, sensiblement, la même route, rien de bien étonnant mais nous pensions qu'ils avaient avancé bien plus vite que nous. Pierre nous dit, alors, qu'ils sont là depuis une semaine, deux pontons plus loin. Nous éclatons de rire, étonnés de ne pas nous être croisés plus tôt. Il faut dire qu'avec le temps, nous avons un peu vécu comme des ours sortant le nez du bateau qu'en cas de nécessité. Nous retrouvons avec plaisir l'équipage de Philauval et passons un moment agréable en dînant en leur compagnie le soir même. Ils repartent dès le lendemain mais on va, probablement, se croiser, à nouveau, prochainement.

Le soleil revient et Yvanan se transforme en buanderie

De notre côté, le soleil ayant fait sa réapparition, nous décidons d'aller visiter Ronda, une petite ville touristique de la province de Malaga située en montagne. Nous renonçons à louer une voiture, les prix pratiqués étant destinés à la clientèle anglaise, notre bourse serait trop mise à mal. De toute façon, autant profiter du performant réseau de bus d'Andalousie qui permet d'aller un peu partout pour des sommes plus que raisonnables. Le bus qui nous y conduit circule à travers la montagne et nous découvrons, pour la première fois, l'intérieur vallonné de l'Andalousie qui est magnifique. 



Ronda s'avère être une très jolie ville avec des points de vues panoramiques à couper le souffle et son impressionnant Puente Nuevo qui sépare la vieille ville de la partie la plus récente.  C'est, aussi, un des plus anciens centres de tauromachie d'Andalousie mais vu que nous sommes contre la pratique de la tauromachie, nous ne nous intéresserons pas à ce côté historique de la ville.








En revanche, Ronda possède une autre particularité : elle abrite le seul musée d'Europe consacré aux Bandoleros, ces brigands de grands chemins qui sévissaient sur les routes au 19e siècle et qui avaient plutôt bonne réputation auprès du peuple en raison de leur image romantique et du fait qu'ils volaient aux riches pour donner aux pauvres. Le musée est très bien fait et très riche. Si vous passez par là un jour, ne ratez pas cette visite insolite. 



"Les tronches"

La visite se termine en déambulant dans les charmantes petites ruelles de la ville.





La météo devenant plus favorable, il est temps pour nous de poursuivre notre voyage. Les journées sont de plus en plus courtes et nous préférons éviter les arrivées de nuit. Nous prévoyons des petites étapes qui nous permettent, en plus, de découvrir les nombreuses marinas de la Costa del sol et les villages alentour.  Le départ est décidé pour lundi matin à destination de Benalmadena.


samedi 10 novembre 2012

GIBRALTAR (du 27 octobre au 5 novembre 2012)



Profitant d’un temps favorable pour enfin quitter Rota, nous passons le cap Trafalgar pour arriver à Barbate, dernière escale de la côte atlantique.



Nous nous mettons à couple de Philauval, le bateau de Anne, Pierre et Mathias, au ponton d’accueil. Nous les avions déjà rencontrés à Sines au Portugal, et nous faisons plus ample connaissance pendant un apéritif sur Yvanan.
Le mauvais temps commence à s'installer, avec des vents de plus en plus forts, et nous sommes plusieurs bateaux, dans la marina, à attendre une plage météo favorable pour passer le détroit de Gibraltar. Le port ainsi que la ville de Barbate sont sans grand intérêt et nos activités se résument à aller consulter la météo au seul point wifi que nous ayons trouvé, dans un café (nous ne faisons pas exprès !), aller au supermarché pour compléter l'avitaillement et acheter des croquettes pour les dizaines de chats qui vivent dans la marina.






Le 31 octobre nous ratons une ouverture météo à cause d'un épais brouillard. Tout le monde est sur le pont à scruter la dissipation de la brume, hésite, se concerte...


Finalement, vers midi, la visibilité s’améliore un peu et deux bateaux sortent malgré le manque de vent. Il aurait fallu faire la route au moteur et probablement arriver de nuit, nous décidons d’attendre le lendemain.
Le 1er novembre donc, nous quittons enfin Barbate pour le passage du fameux détroit de Gibraltar.
Le temps s’est dégagé et nous avançons à la voile avec un soutien moteur pour arriver avant la tombée du jour. 




Nous longeons la côte en admirant le paysage et, en repérant Tarifa, nous réalisons, pas peu fiers, que nous sommes dans le détroit. Les cargos sont bien sagement dans leur voie à notre tribord et nous les surveillons bien attentivement lorsque que nous nous apercevons que, derrière eux, se dessinent les côtes marocaines. L’Afrique est toute proche, à peine environ 7 milles nautiques entre les deux continents.

Côte marocaine

Lorsque que nous entrons dans la baie d’Algeciras, le vent se lève d’un coup et trop fort pour pouvoir slalomer prudemment entre les tankers au mouillage et les rapides navires de transport de passagers, nous rentrons donc les voiles puis essayons de trouver l’entrée du môle cachée derrière deux pétroliers. 



Nous passons ensuite les balises d’entrée du port de La Linea et trouvons une place au ponton d’accueil. Le vent a encore forci et formant des vagues jusque dans le môle. Pendant que nous traitons les formalités portuaires, je sors pour surveiller Yvanan, et le mari d’un couple d’allemands que nous avions rencontré à Rota, vient me proposer de nous aider à quitter le ponton visiteurs et à nous amarrer au catway que l’on nous a attribué. Sa femme le rejoint, ils nous aident à la manœuvre. Je sors de notre place en marche arrière et lutte au moteur contre le vent pour ne pas taper le quai puis remets Yvanan en marche avant avec difficulté tant le vent est fort. Nos amis allemands courent pour traverser les quais et pontons puis nous aident à frapper les amarres. Un grand merci à eux. Ils nous proposent ensuite d’aller boire un verre au bar de la marina où nous nous retrouvons attablés avec une dizaine d’autres navigateurs. Tous les couples sont de nationalités différentes et nous discutons toute la soirée en anglais.

Après une bonne nuit, nous sommes impatiens de découvrir Gibraltar. Nous sommes en effet côté espagnol et nous devons traverser la frontière pour entrer au Royaume-Uni. Pour ce faire, il faut traverser la seule et unique piste d’atterrissage et présenter une pièce d’identité au poste frontière. Un avion s’est présenté pour un atterrissage, mais il a dû remettre les gaz et se rediriger vers un autre aéroport à cause de la courte longueur de la piste et d’un fort vent de travers (5e place au palmarès des aéroports les plus difficiles au monde).




Nous entrons donc sur le territoire britannique et la pluie s’invite presque aussitôt… ils sont forts ces anglais pour créer une ambiance !
Après avoir dépassé une zone d’immeubles assez triste, nous voici dans les quartiers animés commerçants de la vieille ville, avec des restaurants de Fish and chips, des magasins d’alcools et tabac détaxés, des boutiques de luxe… des restaurants de Fish and chips…



Après un premier tour, nous nous arrêtons logiquement à une terrasse d’un pub abritée d’un store (pour se protéger de la pluie et non pas du soleil)… et déguster un savoureux fish and chips. 



Après la visite du Gibraltar cemetery, nous repérons le téléphérique pour la visite du « Rocher » prévue le lendemain et les tarifs des magasins détaxés pour les courses que nous laissons également pour le lendemain car une pluie diluvienne s’abat sur la ville (là, ils en font peut-être un peu trop pour l’ambiance, ces anglais !). Nous rentrons au bateau complètement trempés.




Le lendemain donc… tiens, c’est dimanche… les magasins sont fermés ! 
Qu’à cela ne tienne, il nous reste le téléphérique pour monter visiter le Rocher avec ses grottes, ses tunnels creusés pendant différentes guerres à ce point stratégique, les colonnes d’Hercule... Nous rencontrons nos premiers singes dans la ville, en route pour la station du téléphérique. Une fois arrivés à la grille de la station, nous lisons sur une pancarte qu’elle est fermée pour cause de vents forts. 



Dépités, nous sommes abordés par des guides qui nous proposent la visite de toutes les attractions du rocher… en minibus ! Cela ne nous enchante guère et nous repartons en ville sans avoir fait le rocher ni nos courses détaxées.
Ça nous rappelle un couple d’amis très chers à qui cela pourrait arriver… mais, bon, ça c’est une autre histoire.

Donc, réflexion autour d’une jacked potato, et nous nous résolvons à partir visiter le Rocher, culminant à 426 mètres, en minibus. 

La visite s’avère passionnante, probablement plus que si nous étions partis tous seuls, car le guide connaît son sujet sur le bout des doigts et est fier d’être Gibraltarien. Tout en admirant la vue, Atlantique d’un côté, Méditerranée de l’autre avec l’Afrique en face, nous découvrons donc les fameuses colonnes d’Hercule, symbolisant, dans l’Antiquité, les montagnes bordant le détroit de Gibraltar, puis contemplons les grottes de St-Michael, qui ont été aménagées en hôpital pendant la 2e guerre mondiale. 






La visite du Rocher se poursuit avec la rencontre des fameux singes, qui sont des macaques berbères venus autrefois d’Afrique avec les marins. Bien que sauvages avec une hiérarchie bien établie (les singes et non pas les marins, on est d’accord ?!), ils sont peu farouches et nous approchent facilement allant même jusqu’à nous monter sur la tête. 






S’en suit la visite des « Great Siege Tunnels », puis nous redescendons vers la ville en tentant de mémoriser toutes les informations données par notre guide.




Gibraltar est un endroit étonnant, territoire du Royaume-Uni, doté d’un parlement, situé dans l’extrême sud de l’Espagne, il est paradis fiscal où de nombreuses célébrités ont séjourné mais faisant bénéficier tous ses habitants d’avantages qui rendraient jaloux bien d’autres, comme des loyers très avantageux, des bourses d’études extraordinaires...



Le lendemain, la météo étant toujours désastreuse, nous en profitons pour préparer le bateau et la route pour notre prochaine destination, Estepona.