samedi 29 septembre 2012

LISBONNE (du mercredi 19/09 au dimanche 30/09)


Mercredi 19 septembre

Je viens d'atterrir à Lisbonne pour rejoindre Martin qui est arrivé avec Yvanan. Nos grandes vacances commencent. Je retrouve un Martin tout bronzé mais aux traits tirés. Je trépigne de joie et je suis très heureuse d'être à Lisbonne qui une ville que nous commençons à bien connaître et que nous aimons particulièrement. Nous nous engouffrons dans un taxi (12 euros le trajet aéroport/doca do Alcantara) et je retrouve notre beau bateau (qui aura besoin d'un sérieux coup de nettoyage mais on verra plus tard). 
La marina n'est, certes, pas la plus belle que nous connaissons (et nous n'en connaissons pas beaucoup pour le moment) mais nous nous y sentons tout de suite bien. C'est l'une des cinq marinas que compte Lisbonne et qui est la plus grande et, surtout, la plus proche du centre-ville. Nous sommes juste à côté du pont du 25 avril (copie du fameux Golden Gate de San Francisco) que nous trouvons superbe (bien sûr, cela suppose que l'on fasse abstraction du bruit sourd et permanent des voitures passant dessus ! Ce qui n'est pas grave parce que le bruit des avions est, lui, encore, plus assourdissant). 
Pour notre première soirée, nous décidons de nous rendre à pieds jusqu'à la gare de Cais do Sodre (il faut compter une vingtaine de minutes) et nous nous engouffrons dans le métro pour descendre à la Praça do Rossio, l'une des trois plus belles places que compte la ville avec la Praça dos Restauradores et la Praça do Comercio. La place est, comme à son habitude, très animée avec beaucoup de badauds qui profitent de la douceur du soir pour se promener et discuter autour d'un verre à l'une des nombreuses terrasses.  Nous ne résistons pas à l'envie de trinquer à l'occasion de nos retrouvailles et de notre première soirée. Puis direction notre cervejaria préférée (brasserie portugaise typique), le Portugalia, où nous dégustons notre bife (tranche de bœuf très fine et très tendre) recouvert d'une sauce fameuse dont la recette est tenue secrète depuis la création de la cervejaria et qui a fait la réputation du Portugalia.  Repus, heureux et crevés,  nous rentrons passer une bonne nuit sur notre Yvanan. 
Nous nous endormons dans la cabine en nous disant que, dorénavant, ceci va devenir notre petit nid douillet.





Jeudi 20 septembre

Première journée de notre nouvelle vie. Je me réveille à huit heures et laisse Martin récupérer de sa navigation. J'en profite pour prendre mon petit déjeuner dans le cockpit, le soleil commençant à se montrer, tout est calme et c'est mon moment préféré de la journée. La journée se déroule tranquillement, nous prenons nos marques petit à petit et avons du mal à réaliser que nous y sommes ENFIN !!! Nous faisons une grande balade  le long du fleuve en direction de Belém (moi qui ne marchait jamais, cela va changer). Puis retour au bateau que nous nettoyons à grands jets d'eau.


Vendredi 21 septembre

Aujourd'hui, nous partons visiter Cascais qui est une petite ville balnéaire située à une demi-heure, en train, de Lisbonne et que nous ne connaissons pas.  
La marina est bien située car il y a une station à trois minutes à pieds qui nous emmène à Cascais avec des trains toutes les 20 minutes (2,20€ le billet, on ne regrette pas la SNCF !). C'est trop marrant de voir les gens dans le train avec leur maillot de bain sur eux et tout l'attirail pour aller à plage. Ça change du métro parisien...
Cascais est une petite ville très sympa avec quelques rues piétonnes, assez touristique mais cela reste supportable si on y va en semaine ( le week-end, tous les lisboètes se donnent rendez-vous là). Il y a beaucoup de boutiques à touristes et pleins de petits restos mais que nous n'avons pas testés. En revanche, nous n'avons pu résister aux glaces Santini, réputées sur toute la côte. Pour trouver la boutique, en sortant de la gare, en face, vous verrez le Mac Do, il suffit de prendre la rue à droite de ce dernier et c'est quelques dizaines de mètres après sur la gauche. Les glaces sont faites maison avec des fruits frais et sont vraiment délicieuses. 
En bons navigateurs, nous allons jeter un coup d'œil à la marina dont on avait entendu parler. À notre arrivée, nous découvrons un superbe trois mâts, l'Europa, battant pavillon hollandais. Renseignements pris, il s'agit d'un trois-mâts barque hollandais en coque acier construit en 1911 et qui appartient, actuellement, à une société de croisière au large. Il a fallu huit ans de travaux pour transformer ce magnifique voilier en un superbe bateau de croisière de plus de 55 mètres qui comprend un équipage de 14 pro et des stagiaires. Quelle chance d'avoir pu le contempler dans les eaux portugaises.  Nous restons un bon quart d'heure à regarder les jeunes partir à l'assaut des mâts pour enrouler les voiles. Avec mon vertige, pas sûr que j'y arriverais. 
Nous repartons en direction du centre-ville mais les plages de Cascais nous attirent moyennement car elles se trouvent toutes en pleine ville et il faut se baigner parmi les bateaux. Nous renonçons donc à la baignade mais ce n'est pas grave, nous aurons bien l'occasion, tout au long de notre périple de goûter aux joies de la baignade en mer. Ce n'est que partie remise.
Le soir, nous retrouvons, avec plaisir, notre Soso qui est venue fêter l'anniversaire de sa copine à Lisbonne. Nous sommes hyper heureux de la retrouver là et nous passons tous ensemble une soirée très sympa dans le Bairo alto (quartier très animé le soir ou il fait bon prendre un verre mais où vous ne trouverez pas forcément les meilleurs restaurants de Lisbonne). Après un dernier verre siroté au miradouro de São Pedro de Alcantara à contempler la ville, nous nous disons au revoir et je me dis que cela sera le premier souvenir de nos retrouvailles avec nos amis qui, j'espère, seront nombreuses durant notre périple. 









Samedi 22 septembre

Aujourd'hui, farniente et nettoyage. Nous décidons de sortir les vélos pour aller faire un tour du côté de Belém et admirer les monuments que sont le monastère dos Jeronimos, la tour de Belém et le monument des découvertes. La balade est très agréable car la ville à aménagé une piste cyclable le long du Tage. Je ne me lasse pas d'admirer le monastère (l'un de mes sites préférés avec le castelo Sao Jorge). 
Pour nous récompenser de notre effort, nous passons par la pastelaria de Belém ou nous achetons les fameux pasteis (petits flans tièdes saupoudrés de sucre glace et de cannelle) que nous dégustons tranquillement dans un petit square à l'écart de la foule.
De retour à la marina, nous faisons connaissance avec Jacques, un français qui est arrivé depuis quelques semaines et qui va laisser son bateau ici quelques mois avant de repartir, en solo, faire un tour de l'Atlantique. Les présentations faites, nous éclatons de rire en constatant que nous avons le même nom (ah, les origines portugaises !). Rendez-vous est pris pour des apéros sur nos bateaux respectifs dont nous garderons un très bon souvenir, impressionnés par le débit de paroles de Jacques. Bon vent à toi...







Lundi 24 septembre

Nous partons nous balader du côté de l'Alfama qui est un très vieux quartier de Lisbonne et, probablement, le plus typique. Nous prenons le tramway 28 pour y monter. C'est épique car on se fait brinquebaler dans ce tram qui monte, qui monte (d'ailleurs, on se pose la question de savoir s'il va réussir à nous emmener jusqu'en haut !) dans des ruelles tellement étroites que l'on peut toucher les façades (à ne pas faire). 





Nous nous arrêtons à Graça et déambulons dans les petites rues en faisant des haltes aux miradouros de Las  portas Do Sol (où nous assisterons au tournage d'une scène du téléfilm "Une famille formidable" avec Annie Duperey et Bernard Lecoq) et de Santa Lucia. Il ne faut pas hésiter  à s'arrêter à ces miradouros qui offrent de magnifiques points de vue sur la ville.
Le Castelo de São Jorge domine la ville et  offre une promenade des plus romantiques d'où l'on peut admirer des vues superbes sur Lisbonne.
Le quartier de l'Alfama est charmant et il ne faut pas hésiter à se perdre au hasard des petites rues pour s'imprégner de l'ambiance lisboète.
C'est aussi là que l'on trouve des restaurants typiques avec, parfois, un spectacle de fado à écouter en sirotant un verre de Porto (qui se boit plutôt en digestif qu'en apéritif ici). Bref, un quartier à ne rater sous aucun prétexte.



Mardi 25 septembre

Nous partons à la recherche d'un mécanicien pour notre moteur car Martin le trouve un peu poussif et nous souhaitons le faire réviser avant de repartir. Martin parlant le portugais, cela va nous faciliter la tâche.  Moi, personnellement, dans n'importe quelle langue, je ne capte pas grand chose dès que l'on me parle de mécanique, je laisse donc volontiers ce domaine à mon cher et tendre (ça fait cliché mais tant pis !).
La capitainerie nous envoie sur la doca de Belém où nous dénichons la perle rare, senhor Soeiro, qui possède le garage franchisé Yanmar. Après vérification, il s'avère que notre moteur n'a pas été révisé depuis fort longtemps et que pas mal de réparations vont s'avérer indispensables. Le lendemain, nous découvrons, avec quelques sueurs froides, la longue liste de ce qu'il semble nécessaire de faire. Bon, on savait que nous aurions des mauvaises surprises, on ne se doutait que ça arriverait si vite. Pas le choix, le moteur étant un élément essentiel du bateau, il faut en prendre soin. La remise à neuf de notre petit moteur est lancée.
Nous voilà bloqués deux jours supplémentaires à Lisbonne, ce qui ne nous dérange pas vraiment. Martin reste auprès de Monsieur Soeiro pour apprendre le plus de choses possibles. Deux jours plus tard et quelques centaines d'euros en moins, nous décidons d'un départ pour Sines le dimanche au matin.



En attendant, nous continuons de goûter à la douceur de vivre lisboète. Nous partons explorer le quartier du Rato, le jardin de l'Estrela, charmant et le jardin botanique, véritable havre de paix.








Nous prenons nos petites habitudes au restaurant-bar le "Rui Dos Pregos" au doca de Santo Amaro où la bière est à 1 euro, les olives à 0,50 euro (euh, on trouve quoi à ce prix là maintenant en France ?) et le prego (filet de bœuf finement émincé en sauce au beurre, à l'ail et au vin blanc servi avec des frites) à 5 euros.


Les prix au Portugal, pour nous, français, sont nettement inférieurs à ce que nous avons l'habitude de payer mais il ne faut pas oublier que le revenu minimum ici est, d'environ, 400 euros. Un midi, nous avons mangé dans un petit café une dorade grillée avec garniture pour 3,50 euros par personne, qui dit mieux ?

Le temps passe vite et, déjà, nous préparons notre prochaine navigation sur Sines soit 60 miles environ. Météo, étude de la carte, rangement du bateau et, hop, c'est parti !




mercredi 19 septembre 2012

LE GRAND DÉPART


Mercredi 12 septembre 2012, le jour du départ est enfin arrivé.
Muriel devant rester à terre pour traiter les derniers détails et fermer la maison, je vais partir avec Cyril, un skipper pro. Cette option me permettra, je l’espère, de prendre de l’assurance quant aux choix des routes et à la gestion du bateau en général. Il est près de midi lorsque nous quittons le ponton I des Sables pour une semaine de navigation.



Cyril et moi mettons donc cap sur La Corogne à travers le golfe de Gascogne (gulf of Biscay) Nous restons quelques heures ensemble sur le cockpit le temps de le familiariser avec le bateau puis, à la tombée de la nuit, il part se reposer pendant que j’entame mon premier quart. Le vent souffle à 20 nœuds en moyenne et Yvanan file sur une mer un peu agitée. Lorsque je prends mon 2e quart, avec la voilure déjà réduite, nous essuyons des rafales accompagnées d’un gros grain qui font lâcher prise au pilote. Je reprends aussitôt la barre et remets Yvanan sur son cap, en constatant que le vent a soufflé à plus de 32 nœuds ! Je réduis encore les voiles et la ronde des quarts reprend plus sereinement.
Nous laissons à tribord le plateau de Rochebonne et le vent se calme. La sensation de naviguer en haute mer est grisante, mais le fait d’y avancer jour après nuit est indescriptible. La fatigue des quarts à 2 se fait sentir, mais n’enlève rien au bonheur de la navigation. Nous avons rendez-vous, tous les matins et tous les soirs, avec des dauphins qui viennent jouer à l’étrave du bateau, jusqu’à l’arrivée sur La Corogne. 


Cyril s’y est arrêté un mois auparavant, et après avoir négocié « la » place idéale dans le port, il me conduit jusqu’au supermarché le plus proche et, l’avitaillement fait, nous repartons dans le centre ville pour déguster les spécialités de fruits de mer. En plus de la marina très agréable avec des services de très bonne qualité, la ville est charmante et vivante, bref, une escale à faire sans hésitation.


La Corogne

Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons notre route, mais le vent est tombé et nous naviguons à la voile et au moteur, mais toujours accompagnés matin et soir de nos groupes de dauphins.




Au petit matin du 7e jour, nous arrivons en vue de Lisbonne et entamons la remontée de l’embouchure du Tage à marée descendante. Au bout de presque 3 heures à lutter contre le courant, nous atterrissons à la « Doca de Belem » où nous faisons le plein de gasoil et repartons nous amarrer à la « Doca d’Alcantara ». Les formalités réglées à la capitainerie, et après une bonne douche, nous partons en taxi vers l’aéroport où je dépose Cyril et accueille Muriel avec joie. Notre vie commence…




La Tour de Belem
Le Pont du 25 avril